François Salomon Bréhier, maire (1808-1812) et avoué franc-maçon - GrandTerrier

François Salomon Bréhier, maire (1808-1812) et avoué franc-maçon

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Catégorie : Personnages
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Personnage Politique


François Salomon Bréhier
maire d'Ergué-Gabéric
Mandats 1808-1812
Profession avocat
Domicilié à Quimper
Courant politique -
Faits marquants belle signature, biens nationaux, franc-maçon, achat et vente du presbytère
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Autres lectures : « 1809 - État des moulins à farine d'Ergué-Gabéric » ¤ « 1795 - Vente du manoir et des propriétés de Mezanlez et Pennanmenez » ¤ « Recensement 1836 Page 60 » ¤ « 1796 - Vente du presbytère des domaines nationaux » ¤ « Séance du conseil municipal de 1811 » ¤ « 1845 - Testament de François-Salomon Bréhier au profit d'une domestique » ¤ 

[modifier] 1 Biographie

François Salomon Bréhier est né le 20 octobre 1760 à St-Ronan, Quimper. Sa famille est originaire de la Manche. Son père Claude Bréhier (dit le jeune), négociant en draps et franc-maçon, né en 1729 à St Laurent de Cuves, s'est établi à Quimper.

Salomon Bréhier se marie le 8 février 1796 à Quimper avec Marie Frédérique Pottier née à Quimper. Ils auront sept enfants : Salomon (né en 1796), Julien (né en 1798), Frédéric (né en 1800), Marie-Arséne (née en 1802, épouse Bertron), Auguste (né en 1805), François Achille (né en 1808 et décédé en 1809 à Quilihouarn), Marie-Clarisse (née en 1811).

Il exerce la profession de procureur au présidial de Quimper et est initié à la loge maçonnique de La Parfaite Union. Il décède à Mézanlez en Ergué-Gabéric le 14 février 1845.

Compléments généalogiques : de nombreux Bréhier sont répertoriés dans le Finistère, tous descendants de deux branches normandes issues de St-Laurent-de-Cuves :

1. Branche dite « quimpéroise », avec Gilles l'Aîné (frère de Claude le Jeune) qui s'établit à Quimper vers 1720. L'ascendance normande de François Salomon remonte sur 4 générations jusqu'à un Gilles Bréhier né vers 1631 à St-Laurent-de-Cuves.

 

2. Branche dite « brestoise », car un descendant, Laurent, entrepreneur de bâtiments civils s'établit à Brest vers 1784. L'ascendance normande de François Salomon remonte sur 4 générations jusqu'à un Julien Bréhier né vers 1660 à St-Laurent-de-Cuves.

Arbre d'ascendance Geneanet :

Branche n° 1 normande :

Branche n° 2 normande :

[modifier] 2 Mandat municipal

Il est nommé maire le 26 mai 1808 par décision du préfet. Il délègue un certain nombre de tâches administratives à son adjoint François Caugant qui exerçait la fonction de maire avant lui. Il est mentionné en tant que maire d'Ergué-Gabéric pour les actes du 26.04.1809, 10.05.1810, 20.03.1811, 08.05.1811 et 12.05.1812, qu'il paraphe d'une signature ample. Le dernier conseil signé de sa main date du 12 mai 1812.

Sa belle signature de maire
Sa belle signature de maire

En 1809 il adresse au préfet l'état récapitulatif des moulins de la commune en précisant « la plupart de ces moulins manquent d'eau dans l'été où pour peu qu'il y ait de sécheresse ... ».

 

Louis Le Guennec, dans son « Histoire de Quimper-Corentin et son canton » (Finistère Monumental, tome III), décrit comme suit sa personnalité :

Dans le répertoire des notabilités en 1809, le préfet signale pour Ergué-Gagéric : « Brohier (François-Salomon). Avocat, propriétaire et maire. Revenu 4000 f. Caractère moral, attaché au gouvernement ».

Marié, on ne connaît pas le nombre de ses enfants, qui sont en bas-âge. Âgé de cinquante ans, il réside à Quimper, mais comme il est l'un des principaux propriétaires de la commune d'Ergué-Gabéric, qui n'est éloignée que d'une petite demi-lieue de la ville de Quimper et que, d'ailleurs, on n'eût trouvé personne dans cette commune à qui on pût confier son administration, le préfet s'est décidé à l'en nommer maire, place qu'il remplit « avec zèle », ce zèle n'avait, il faut croire, rien d'outré car le membre de phrase ci-dessus a été barré après réflexion et remplacé par : « il est instruit ».

[modifier] 3 Franc-maçonnerie

Délibérations de la Loge de la Parfaite Union  en 1773
Délibérations de la Loge de la Parfaite Union [1] en 1773

Dans les bulletins de la Société d'Archéologie du Finistère de 2010 et 2011, Bruno Le Gall et Jean-Pail Péron ont présenté les débuts et l'organisation de la franc-maçonnerie à Quimper, notamment un répertoire biographique de 179 membres, dont Salomon Bréhier, maitre bleu [2] de la Loge de La Parfaite Union [1] :

23. - Bréhier, François Salomon Marie

8 décembre 1753, Quimper, Saint-Julien, - 1845 [3].

Avocat.

(1) « Cursus maçonnique » :

Initié à La Parfaite Union, il est qualifié de second cadet et maître bleu en 1785 et 1787.

(2) « Vie profane ou civile » :

Fils de Gilles Bréhier (n° 24) ## , négociant, et de Jeanne Vincent, il devient procureur (avoué) au présidial. En 1790, toujours procureur au présidial, il habite rue Neuve et est imposé 13 livres 10 sols à la capitation. En septembre 1793, il se déclare avoué auprès du tribunal du district de Quimper. Par arrêté du directoire du district du 28 septembre 1794, il devient expert pour l'estimation des domaines nationaux. En floréal an VII (mai 1799), il est nommé par la municipalité commissaire de police et prête le serment de « haine à la royauté et à l'anarchie et d'attachement et de fidélité à la République ».

Le 8 février 1796, il épouse à Quimper Marie Frédérique Pottier. Dès l'an III (1794-1795) et jusqu'en 1809 au moins, il apparaît comme notaire public et homme de loi à Quimper. En 1807, il est domicilié place Saint-Corentin. En 1809, il est nommé maire d'Ergué-Gabéric : c'est l'un des principaux propriétaires fonciers de la commune. Le préfet Miollis note qu'il remplit ses fonctions avec zèle.

Sources : Bibl. nat. france, FM² 360-361 ; Arch. mun. Quimper, 4 D Qui-1, f° 2, 1 E 109, registre des mariages de Quimper (1796), GG 34, BMS Saint-Juilien (1753), 23 J 45.

## NDRL/GT: en fait son père est Claude le Jeune, Gilles l'Ainé était son oncle, cf ci-dessus en chapitre Biographie

Parmi les autres Bréhier francs-maçons de la loge de La Parfaite Union de Quimper, on note :

  • le père (n° 22) : Claude, négociant né en 1739, jeune frère de Gilles, époux de Juliette Vincent, sœur de Jeanne, 11 enfants. Élu tuileur, puis frère terrible. Grade maçonnique : maître.
 
  • l'oncle (n° 24) : Gilles (dit Bréhier aîné), négociant de draps et toiles, né en 1720, décédé en 1793, frère de Claude. Élu frère terrible, second et premier secrétaire de la loge. Grades maçonniques : arche-maître, élu des Quinze, élu des Neuf, chevalier d'Orient.
  • un cousin (n° 25) fils de Gilles : Jean Corentin (dit Bréhier père, et peut-être Bréhier "le jeune" en 1770-72), chirurgien, né en 1747. D'abord initié à la L'Heureuse Maçonne. Élu membre, tuileur, trésorier. Grades maçonniques : souverain prince de rose-croix ou SPDRC, ADTLP (revêtu de tous les grades).
  • un cousin (n° 20) fils de Gilles : Alain (dit Bréhier cadet, le second cadet étant prénommé aussi Salomon), négociant, né en 1759, fils de Gilles Bréhier. et de Jeanne Vincent. Élu vice-orateur. Grades maçonniques : maître bleu, élu des Neuf, élu des Quinze.
  • un cousin (n° 26) fils de Gilles : Julien, négociant à Quimper, puis à Vannes.
  • un cousin (n° 21) fils de Gilles : Auguste (apprenti, compagnon, puis maître), non identifié dans les arbres généalogiques.

Les autres membres des loges maçonniques de Quimper ayant été en relation avec la commune d'Ergué-Gabéric sont :

  • Vincent Charles Le Blond de Saint-Aubin, avocat, notaire de la cour royale de Gourin, membre de la loge La Consolante Maçonne, puis de L'Heureuse Maçonne. Il ne rejoindra pas La Parfaite Union [1]. Il est l'expert associé à Salomon Bréhier lors des expertises des Biens Nationaux à Ergué-Gabéric.
  • Corentin Vinoc, docteur en médecine, maire de Quimper de 1803 à 1808, membre important des loges L'Heureuse Maçonne et de La Parfaite Union [1]. Il sera acquéreur de la métairie de Pennarun en 1795 lors de la vente aux enchères : « 1794-1796 - Ventes et adjudications de Pennarun » ¤ 
  • Yves-Marie Kerjean, nommé chirurgien de l'amirauté de Quimper en 1785, chevalier d'Orient à La Parfaite Union [1]. En 1786 il il soigne les malades de l’épidémie de dysenterie d’Ergué-Gabéric et de Briec : « 1786 - Rapport sur la dernière épidémie de dysenterie à Ergué-Gabéric » ¤ .
  • Jean-Baptiste Le Breton, docteur, chargé en 1790 des fonctions de médecin des épidémies du département, membre important de la loge de La Parfaite Union [1]. Il contresigne le rapport épidémiologique du chirurgien Kerjean pré-cité. Il fut aussi maire de Quimper en 1797, et en 1803 maire de Plonéis où il acheta en bien national le manoir de Kervent.
  • Vincent Simon Mermet, riche négociant quimpérois, tente sans succès également de remporter la vente aux enchères du manoir du Cleuyou, mais réussit l'acquisition de la métairie de Kervreyen. Il n'est pas réputé membre de l'une des loges maçonniques, contrairement à son demi frère, Pierre Marie Antoine Mermet, négociant de vins et de draps, administrateur de l'hospice civil de Quimper, et membre initié de la loge maçonnique « L'Heureuse Maçonne ». Le fils de Pierre Marie était également franc-maçon.

[modifier] 4 Biens Nationaux

En 1793 et 1794, en tant que commissaire expert nommé pour l'estimation des Biens Nationaux confisqué à l'église et aux émigrés, il procède à l'inventaire des biens suivants :

Signature d'expert
Signature d'expert

En 1796 il est lui même bénéficiaire de la vente aux enchères du presbytère pour 1790 francs. Le bâtiment sera revendu en 1811 pour 4000 francs à la commune pour loger le recteur desservant qui entretemps payait un loyer grâce à une quête. L'acquisition municipale sera financée par une « imposition extraordinaire sur les années 1812 et 1813 ».

 
Signature de propriétaire
Signature de propriétaire

Il choisira comme domicile le manoir de Mezanlez qu'il a sans doute acheté au citoyen Marc Glinec de Quimper et où il est déclaré comme propriétaire lors du recensement de 1836. Il y décède en 1845 [3].

Ce domicile était vraisemblablement la maison manale restaurée qu'il décrivait en 1795 dans son rapport d'expertise : « une vieille maison ditte la maison du mannoir de Mezanlez toute délabrée ... maconné en moelon, et ruine de couverture en ardoise, la dite maison dénuée de plancher et de tour ».

[modifier] 5 Annotations

  1. La franc-maçonnerie, apparue à Quimper vers 1760-1770 avec la création de la loge La Consolante Maçonne et après notamment l'initiation du célèbre critique littéraire Élie Fréron, fut très vite empêtrée dans une ambiance conflictuelle entre deux loges rivales : L'Heureuse Maçonne et La Parfaite Union. La seconde connaitra un relatif essor et entrainera de nombreux membres de l'élite sociale formée de médecins, avocats, négociants-industriels et hommes politiques : Le Goazre de Kervélégan, Jean-Baptiste Le Breton, Antoine De La Hubaudière, Corentin Vinoc ... [Ref.↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5]
  2. La maçonnerie bleue représente les 3 premiers degrés ou grades des membres d'une loge maçonnique : apprenti, compagnon et maître. Les 3 premiers degrés portent des tabliers "bleus", la couleur officielle de la Franc-maçonnerie, seul moyen approprié pour s’adresser au maître de la loge. [Ref.↑]
  3. - [Ref.↑ 3,0 3,1]


Thème de l'article : Biographie d'une personnalité gabéricoise.

Date de création : octobre 2006    Dernière modification : 17.11.2017    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]