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Les billets hebdos de l'actualité du GrandTerrier

Un article de GrandTerrier.

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Chaque semaine, un nouveau billet annonçant un ou plusieurs articles sur le site GrandTerrier.

Une compilation des billets est publiée en fin de trimestre sous la forme des chroniques du Bulletin Kannadig.

Anciens billets hebdos : [Actualité, archives]

Les anciennes affichettes : [Accroches à la une]

Modifications d'articles : [Journal des MàJs]


Sommaire

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1 Quarante ans de carrière O.C.B.

21.01.2023 - Retranscription des souvenirs d'un comptable à la mémoire intacte et dévoué à l'entreprise Bolloré, de 1942 à 1981 à Odet (Ergué-Gabéric) et Cascadec (commune de Scaër). Il aura 100 ans le 27 janvier, et à cette occasion nous évoquerons sa naissance en 1923 dans le prochain billet hebdo.

Henri Le Gars a fait toute sa carrière dans les deux usines sœurs d'Odet et de Cascadec des industriels papetiers Bolloré, distantes de 23 km l'une de l'autre. Il est embauché à Odet en novembre 1939, passe à Cascadec en juillet 1942, est mobilisé en février 1945, revient à Cascadec en mai 1946, puis à Odet en avril 1947, pour y rester jusqu'en mai 1981.

En novembre 2013 alors qu'il a 90 ans il raconte ses années 1942-1981 lors d'une interview de 50 minutes réalisée par Mylène Mostini d'ITV et Jean Cognard. On trouvera en ligne l'enregistrement audio et la retranscription intégrale de ses propos avec les marques hh:mm de repérage. Le 16 janvier, devant un "kouign aman" illuminé de 100 bougies, il refait un long résumé de cet entretien, le temps pour toutes les bougies de s'éteindre progressivement semblant égrener les années passées.

Cela commence par son arrivée à Cascadec comme comptable de l'activité d'expédition du papier à cigarettes : « Le 13 juillet 1942 je suis allé remplacer mon beau-frère aux expéditions des cahiers OCB ». Et deux évènements, le premier étant l'incendie de son atelier : « Tous les camions étaient équipés avec des gazogènes car il n’y avait pas d’essence pour rouler. Et quand on arrêtait ces gazogènes il y avait un retour de flammes qui se produisait. Et c’est ce qu’il y a eu lieu. Et comme on n’arrivait pas à presser les ballots de chiffon dans les bouts, ça a cramé en moins de deux. »

Le 2e évènement est l'annonce du débarquement en juin 1944 et sa convocation au conseil de révision pour le STO qu'il évitera en se cachant dans la ferme d'une cousine à Landudal. En février 1945, la guerre n'est pas finie, il est mobilisé pour un voyage jusqu'en Afrique du nord en passant par Paris et Lyon : « Je me suis trouvé en gare dans la ville de Lyon le dimanche et c’était la première fois que les élections municipales avaient lieu en France où les femmes pouvaient voter. Mais les militaires non. »

De retour à Cascadec, puis à Odet, sa plus grosse réussite a été d'épurer les comptes : « On m’avait demandé de faire le nécessaire pour ouvrir un compte à chaque client. ... c’était assez facile puisque la plupart des gens utilisaient des chèques postaux pour payer. Avec le chèque postal, il y avait un talon qui restait, une souche, et deux parties qui allaient au CCP. Et un revenait à l’intéressé vendeur, au dos on pouvait savoir quelle facture était réglée. ». Il s'occupe ensuite de la paye des cadres et agents de maîtrise des deux usines.

 

Côté fabrication des différents papiers, c'est celle des cahiers OCB qui l'ont marqué : « On avait 8 numéros pour les distinguer : le 8 c’était le goût américain (plus épais, avec seulement 60 feuilles alors que les autres en avaient 120) ... Le n° 4 c’était le plus courant, on voyait un phare par transparence sur la feuille de papier, on l’appelait Bolloré phare. »

Et en 1980 la fin de carrière est annoncée : « Un beau jour, avec le directeur des ressources humaines, Chevalier, qui était parti à Paris, convoqué par Michel-Yves (Bolloré) pour une réunion, j’avais su que mon compte était réglé et qu’on allait me liquider ». Vincent Bolloré est arrivé à la direction de l'entreprise quelques mois après la mise en congé d'Henri : « C’est lui qui m’a remis ma médaille d’or du travail en 1981, pour 40 ans d’activité dans l'entreprise ».

En savoir plus : « Les 40 ans de vie OCB, Odet-Cascadec-Bolloré, d'Henri Le Gars »

2 Bulletin Kannadig hivernal

Billet du 14.01.2023 - Au sommaire de ce numéro : vœux, paroisse, engagement, archives et belles pierres. En version papier : 28 pages ou 7 feuillets A4 recto verso pliés en A5, agrafés et mis sous pli postal la semaine prochaine.

En ce mois de janvier, on démarre par les bons vœux, ceux que le vicaire Yves Le Goff adressait déjà en 1927 à ses paroissiens.

Ensuite on reste dans la paroisse : l’évocation des fêtes de Noël en 1927-37, et plus proche de nous un portrait peu flatteur du recteur Gustave Guéguen en 1954.

Il est aussi question de l’engagement volontaire du soldat Déguignet en 1854.

Le cœur du présent bulletin est consacré à la suite et fin des travaux d’inventaire d’archives entamés à la fin de l’été dernier :

Image:Space.jpgLes sources des archives ducales de Nantes.
Image:Space.jpgLes archives nationales de Paris et de Pierrefitte.
Image:Space.jpgLes manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.
Image:Space.jpgLes documents des Archives du diocèse de Quimper et Léon.
Image:Space.jpgLes archives municipales de la ville de Quimper.
Image:Space.jpgLa médiathèque Alain Gérard à Quimper.
Image:Space.jpgLes archives départementales d’Ille-et-Vilaine.
Image:Space.jpgLes dossiers de la préfecture de police de la Seine.
Image:Space.jpgLes sources du service historique de la défense.
Image:Space.jpgLes archives municipales gabéricoises.
Image:Space.jpgLes bibliothèques numériques Europeana, Arolsen et Mémoire des hommes.

Et pour finir, un aspect de notre patrimoine local, les 8e et 9e pierres à buée inventoriées aux manoirs de Lezergué et de Pennarun.

En guise de réflexion pour 2023, une citation de Mazouz Hacène, médecin et écrivain kabyle : “ Le nouvel an c'est un temps scellé qui se renouvelle ”.


Image:square.gifImage:Space.jpgLire, feuilleter ou imprimer le bulletin en ligne : « KANNADIG n° 60 JANVIER 2023 »
 

3 Fin d'inventaire d'archives gabéricoises

07.01.2023 - Dans le cadre d'un travail sur nos sources entamé en septembre 2022, ceci est le dernier volet de l'inventaire des archives ayant alimenté des articles du GrandTerrier : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, Musée des Champs Libres de Rennes, Archives communales d'Ergué-Gabéric, Archives de la Préfecture de Police de la Seine, Service historique de la Défense nationale, et les portails Europeana, Arolsen et Mémoire des hommes.

Au Musée "Les Champs Libres" de Rennes sont conservés d'une part un gros registre du XVIIe siècle de la main de Guy Autret, seigneur de Lezergué, dans lesquels il recopie les documents des montres militaires et convocations de l'arrière-ban de Bretagne, et d'autre part la collection des photographies de Raphaël Binet immortalisant le pardon de Kerdévot dans les années 1930.

Aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine ce sont les séries C "Administration provinciales" (Intendance et États de Bretagne) et 9H "Grands Carmes" qui incluent des archives relatives à Ergué-Gabéric. En série C on note les les apports médicaux de 1786-87 sur l'épidémie de dysenterie. En série 9H on trouve un étonnant récit de voyage en vers d'un moine carmélite qui séjourne en 1675 chez son ami Jan de La Marche dans son manoir de Kerfors.

AD35 9H47 Voiage de Rennes à Brest, Kerfors-Kerdévot 1675, « Cela fait nous disons la messe Car le pardon prochain nous presse Qui se tient dans le lieu dévot Dit Nostre Dame Kerdevot»
AD35 9H47 Voiage de Rennes à Brest, Kerfors-Kerdévot 1675, « Cela fait nous disons la messe Car le pardon prochain nous presse Qui se tient dans le lieu dévot Dit Nostre Dame Kerdevot»

Les Archives communales gabéricoises hébergent au 3 rue de Kerdévot plusieurs dossiers et registres éclairant le passé historique de la commune :

Image:Space.jpgUn jeu complet des plans et parcellaires de 1834, l'autre copie étant aux Archives départementales du Finistère.

  Image:Space.jpgLes délibérations des conseils municipaux depuis le 23 prairial de l'an VIII (12 juin 1800), avec pour le XIXe siècle des articles détaillés sur les premières écoles, les tentatives de rétablissement de l'octroi, le projet de déplacement du bourg en 1840-42 ...

Image:Space.jpgDes dossiers divers tels que les inventaires des chemins ruraux en 1837 et 1914-19.

Le service historique de la Préfecture de Police de la Seine couvre entre autres la période de l'Occupation 1940-45, avec notamment les rapports des Brigades spéciales en charge des "menées" communistes et terroristes : pour Ergué-Gabéric on a identifié, transcrit et analysé le dossier de l'arrestation d'une femme native de Pennanec'h.
Le SHD héberge les dossiers militaires des officiers supérieurs et subalternes des différents corps d'armée. Un gabéricois, Le Guay, futur propriétaire du manoir du Cleuyou, y figure avec une carrière dans la Brigade Nationale, puis capitaine élu au 9e Bataillon de la Manche, et enfin capitaine des grenadiers à Quimper jusqu'en 1804.
Le portail Internet Europeana intègre des ressources du patrimoine culturel provenant d’institutions de toute l’Europe. Pour ce qui concerne Ergué-Gabéric, une des publications de 2018 à l'occasion de la commémoration du premier conflit mondial est le carnet de Jean-Marie Le Roux, un maréchal des logis gabéricois mort dans les tranchées de Perthes-lès-Hurlus.
Le site Mémoire des hommes inclut la base des Morts pour la France de la Première Guerre mondiale, mais aussi les parcours individuels des combattants des autres opérations militaires. Relativement aux poilus natifs d'Ergué-Gabéric on dénombre une dizaine de dossiers, sans compter les 7 voltigeurs et fusiliers des armées napoléoniennes et l'inscription d'un décès en Algérie.
Les Archives Arolsen constituent un centre de documentation localisé dans la ville de Bad Arolsen en Allemagne qui a pour but de conserver et publier les dossiers des administrations nazies en 1939-45 et des armées alliées de libération des camps de déportation. À fin avril 2022, on y trouve 21 dossiers de déportés ou prisonniers d'origine gabérisoise, lesquels dossiers sont constitués soit d'une citation dans une seule pièce d'archives, soit de plusieurs documents, ceci jusqu'à 9 ou 14 pièces pour les deux dossiers les plus fournis.
En savoir plus : « Documents conservés par les Archives et Musée de Rennes », « Documents conservés aux Archives communales d'Ergué-Gabéric », « Archives de la Préfecture de Police de la Seine et du Service historique de la Défense », « Documents des bibliothèques numériques Europeana, Arolsen et Mémoire des hommes »

NOTA-BENE : LE BULLETIN TRIMESTRIEL KANNADIG N° 60 EST ANNONCÉ POUR LE WEEK-END PROCHAIN.

4 Bloavezh mat, bonne année 2023

31.12.2022 - Transcriptions et tentatives de traduction en français de plusieurs souhaits du cru formulés par le vicaire Yves Le Goff pour la bonne et heureuse année dans deux articles en breton du bulletin paroissial Kannadig de janvier et décembre 1927.

Le premier article commence par la formule classique de quatre vers aux rimes appairées : « Blavez mat a reketan d'oc'h Ra yeo an traou en dro gano'h Kalz Yec'hed ha « prospérité » Ar baradoz e fin ho puhe !  » (Je vous souhaite une bonne année Que vos affaires tournent rond Beaucoup de santé et prospérité Et le paradis à la fin de votre vie).

Et ceci pour tout le monde, petits ou grands, pauvres ou riches : « D'an holl, bras ha bihan, paour ha pinvidig ». La suite de l'article est un bilan de l'année "vieille" (« ar bla kôz »), avec un regard en arrière (« eur zell 'drenv »), mais aussi en avant (« eur zell arôk ») pour les bonnes résolutions.

Les vœux de conclusion forment quatre vers aux rimes entrelacées : « Bloavez Mat ! ma mignoned ! Bêz'vo plouz skanv ha greün pounner Ma servichomp 'giz m'eo dleet An hani zo mestr an amzer » (Bonne année mes amis ! Il y aura de la paille légère et du grain lourd Si nous servons comme il se doit Celui qui est le maître du temps).

Le deuxième article est un dialogue improvisé entre le porte-parole du bulletin - en l'occurence le vicaire d'Ergué-Gabéric - qui rend une visite à une maisonnée de paroissiens, avec cette belle formule inédite : « Bloavez mat d'an dud aman ! Yec'h, peuc'h, eurusted, plijadur eleiz an ti beteg ar chiminal » (Bonne année aux personnes ici présentes ! Santé, paix, bonheur, et du plaisir plein la maison jusqu'à la cheminée).

Les paroles reprises par le vicaire sont vraiment celles du pays, avec une prononciation locale et une orthographe adaptée. Et le visiteur ajoute pour ses interlocuteurs des vœux personnalisés :

Image:Space.jpgAux parents fermiers, les bonnes affaires, l'éducation des enfants et la santé pour eux et leur bétail : « Chanz d'oc'h da jom hep gwelet ar midisin e toul an nor, nag al louzaouer-loened dirak kraou ar zaout nag ar marchosi ». Trad. : que vous ayez la chance de rester sans voir un médecin chez vous, ni le vétérinaire pour les vaches et chevaux.

Image:Space.jpgAux enfants, des cadeaux : « Ha c'houi, bugaligou deuit aman m'ho po eur bouch ha bonbonioù, ha gwenneien - ar botred vo laket brago d'ê d'an nevez amzer, ha brôz ha bonned perlez d'ar merc'hied ». Trad. : les enfants, approchez pour un bisou, des bonbons et des sous - les garçons auront un pantalon et les filles jupe et bonnet en perles.

 

Image:Space.jpgEt aux commis, « servichourien» en breton, le sens du service : « Me reket d'oc'h bea tomm ouz an ti, kemer ato tu ho mistri, ober o meuleudi e pep lec'h, kaout kalon d'al llabour, ha devosion da Zoue ha d'ar Zent, ha benn fin an Eost ho po eun bern arc'hany butun da c'hortoz komanand vat da fin ar bloa ». Trad. : je vous recommande de respecter chaudement la maison du maître, de prendre toujours le côté de vos maîtres, de faire leur louange en tous lieux, d'être courageux au travail et d'être dévoués à Dieu et aux Saints et à la fin août vous aurez de l'argent de poche pour attendre le bon contrat de travail de la fin de l'année.

« Bloavezh mat d'an holl, bras ha bihan, paour ha pinvidig ! ! » (bonne année à tous, petits et grands, pauvres et riches).

En savoir plus : « Les formules bretonnes pour souhaiter la bonne année, Kannadig 1927 »

5 Nedelec laouen d'an holl !

24.12.2022 - L'évocation des fêtes de Noël à Ergué-Gabéric dans les années 1920-30, à l'aide d'articles et illustrations du bulletin paroissial de 1927 et 1937.

En parcourant les Kannadigs parois-siaux de 1936 à 1937, on devine l'importance de la fête de Noël au début du XXe siècle, avec les assistances bien fournies aux cérémonies religieuses, mais aussi dans les autres rassemblements plus festifs où petits et grands venaient également nombreux (loteries dans les écoles, théâtre au patronage).

Il y a d'abord les Arbres de noël organisés dans les écoles une à deux semaines avant le 25 décembre : « à chaque branche pendaient des coiffes et des mouchoirs brodés, des jouets variés, que les élèves dévoraient des yeux ». Et une loterie est organisée pour offrir ces cadeaux, et les enfants entonnent des chants de circonstance et jouent des saynètes (au programme en décembre 1926 : la Sourde et la Doctoresse, la Cigale et la Fourmi, et enfin « an diou zoubenn al leez » inspirée sans doute de la chanson éponyme).

Bien sûr dans le bulletin paroissial on met en avant les écoles privées catholiques (par opposition aux écoles laïques) : « Il faut croire que nos enfants des écoles libres ont été particulièrement sages en 1936, car ils ont été formidablement gâtés pour la Noël ! ».

Il n'y pas de Noël sans la crèche, que les billets en breton du Kannadig présentent sous l'expression « Kraouic Betleem ». Pour désigner les festivités proprement dites on parle de « Gouel Nedeleg » (fête de Noël). La Messe de minuit est organisée le soir du 24, et le nom de cette longue nuit-là, « Noz ar pellgent » (nuit de l'aurore), peut faire penser à une légende celtique !

 

Outre les sermons habituels et les explications religieu-ses en breton, le bulletin de décembre 1927 inclut le conte « Konchenn evid Nedelec » (une histoire pour Noël) dont le héros est Youenn et qui commence par « Et e oa egiz ar re all da noz ar Pellgent » (il avait été à la nuit du Pellgent). La fête avait été très belle cette année-là : « Brao e oa bet ar gouel ».

Le 25 décembre 1936 est organisée au patronage d'Odet, après les vêpres, une après-midi récréative avec les chants des enfants, et en apothéose une véritable pièce interprétée par la troupe de théâtre de Keranna : « Ce fut ensuite une désopilante pièce bretonne : "Trubuilhou ar seiz tortig", enlevée par les jeunes gens, et qui fit épanouir une franche gaité ! ». Le premier mot du titre de la pièce peut être traduit en français par "tribulations" ; quant aux « ar seiz tortig » qui seraient les sept bossus, on est dubitatif car une pièce de Loeiz ar Floc'h, très connue à l'époque, s'intitulait « Trubuilhou ar seiz potr yaouank » (les tribulations des sept jeunes gars). Peut-être que derrière les "sept bossus" se cachaient les sept jeunes prétendants de la belle Agnès ?

En savoir plus : « Souvenirs des fêtes de Noël d'antan, Kannadig 1927-37 »

6 Un ours mal léché au presbytère

17.12.2022 - Merci à Pierrick Chuto de nous avoir signalé cette perle inédite et insolite, conservée aux Archives diocésaine de Quimper, à savoir une lettre écrite en septembre 1954 par un prêtre francilien à l'attention du recteur Gustave Guéguen.

Ce document est extrait de la première boite d'archives diocésaines consacrée à la paroisse d'Ergué-Gabéric (cote 2P-51/1) . Il s'agit d'une lettre datée de septembre 1954 et adressée au recteur de l'époque, Gustave Guéguen, par un prêtre de région parisienne : « Je suis l'un des prêtres qui ont fait cette année la colonie d'Issy-les-Moulineaux, à Ergué. Je suis le plus grand des trois prêtres que nous étions ».

La missive ne précise pas s'il s'agit d'un camp de vacances de jeunes « Cœurs vaillants-Âmes vaillantes  » ou alors d'une colonie organisée pour les élèves du grand séminaire Saint-Sulpice d'Issy-les-Moulineaux. En tous cas ce n'était pas la première fois qu'elle était organisée à Ergué-Gabéric : était-ce dans les locaux d'une école privée, du patronage de Croas-Spern ou du presbytère ?

Le sujet de la lettre est le mauvais accueil que le recteur Gustave Guéguen leur a réservé. On a déjà l'occasion de présenter celui qui a dirigé la paroisse pendant 15 ans entre 1941 et 1956, l'année de sa mort. Il a laissé le souvenir d'un prêtre au caractère trempé qui préférait ses fleurs et légumes à la fréquentation de ses paroissiens. On l'appelait "Person bragou ruz", le recteur avec son pantalon rouge qu'il portait quand il était dans son jardin.

Ici, le prêtre d'Issy-les-Moulineaux qui se prénomme sans doute Vincent (sa signature "Abbé V. ?Traouen?" est difficilement lisible), le compare à un un ours (en majuscule) : « Vous ne sauriez croire combien un prêtre "OURS" peut faire de tort autour de lui ». Et il conteste fermement son autorité : « Je suis prêtre comme vous ... »

 

L'intérêt historique du document est aussi de témoigner d'un changement au sein de l'église catholique. En 1954 le pape Pie XII opère révision de certaines parties de la liturgie du rite romain, et ceci comme prémices du dépoussiérage du concile œcuménique de Vatican II en 1962.

Dans la lettre il est question d'une « petite discussion, un matin, dans la sacristie, à propos d'un missel neuf ! » (missel = livre liturgique qui rassemblant les textes et les indications rituelles et musicales nécessaires à la célébration de la messe). Vraisemblablement le recteur faisait partie des ecclésiastiques qui préféraient les éditions antérieures du Missel romain, alors que l'abbé francilien défendait la modernité des nouveaux rites.

Par ailleurs, l'abbé préconise la douceur de Saint François de Sales (1567-1622) comme remède aux colères de Gustave : « Le doux St François de Sales avait compris cela lui ... ! ». Comme en témoigne sa prière la plus connue : « Ô Seigneur, je veux m’exercer à la douceur dans les rencontres et les contrariétés quotidiennes ».


En savoir plus : « 1954 - Lettre d'un prêtre d'Issy-les-Moulineaux au recteur Gustave Guéguen »

7 Archives quimpéroises diocésaines et municipales

10.12.2022 - Cette semaine, après les départementales AD 29/44 et les parisiennes AN et BnF, voici la troisième étape de notre inventaire d'archives via le recensement des articles GrandTerrier selon les plans de classement des archives diocésaines et municipales d'une part et de la médiathèque Alain-Gérard de Quimper d'autre part. L'inventaire s’achèvera prochainement par les archives communales d'Ergué-Gabéric et celles de la ville de Rennes. Au delà du bilan et des listes d'articles déjà publiés, l'idée est de pouvoir repérer des archives nouvelles inédites grâce aux inventaires en ligne des institutions consultées.

A. DIOCÈSE DE QUIMPER. « Séries F, J, L et P  » ¤ 
ADQ, 2P51, Odet 1937, messe matinale et dimanche travaillé pour les ouvriers papetiers de faction
ADQ, 2P51, Odet 1937, messe matinale et dimanche travaillé pour les ouvriers papetiers de faction

Fonds gabéricois des Archives Diocésaines de Quimper et Léon, à l'exclusion d'une part des biographies des prêtres (cf. Espace Clergé) et des notices paroissiales du Bulletin de la Commission Diocésaine d'Architecture et d'Archéologie.

Les archives diocésaines regroupent les papiers concernant l’administration du diocèse, principalement pour les XIXe et XXe siècles : archives des services diocésains, archives des paroisses, des mouvements d’Église, papiers de prêtres.

Pour ce qui concerne Ergué-Gabéric, nous avons analysé à ce jour des archives dans les séries F, J, L et bien sûr P. En série F "Discipline diocésaine" on note des enquêtes sur l'état du patrimoine paroissial et l'usage du breton. La série J "Monde scolaire et enseignement" inclut un rapport relatif à l'école libre des filles à la veille de la séparation des églises et de l'état de 1905. En série L "Temporel" on trouve les planches de Joseph Bigot, architecte départemental et diocésain.

Quant au dossier 2P51 consacré à la paroisse en série P, constitué de 3 boites de rangement), il s'agit essentiellement des correspondances des curés desservants, avec notamment les échanges avec la famille Bolloré à Odet (organisation des services religieux, travail du dimanche ...).

  B. ARCHIVES MUNICIPALES. « Séries CC, D, EE, I, et J » ¤ 

Les fonds des Archives municipales apportant du contenu pour Ergué-Gabéric sont les séries CC "Finances et contributions", D "Administration générale communale", EE "Affaires militaires", Fi "Cartes et plans", I "police", J "Documents entrés par voies extraordinaires".

Si l'on s'intéresse à Ergué-Gabéric, on note les comptes de miseurs concernant les propriétés nobles (CC 64) au temps de la Ligue (XVIe siècle), la réquisition des chevaux (1 D_QUI 1) en période révolutionnaire (an 2), l'état des deux ponts principaux (EE 14) pour l'accès à la ville de Quimper en 1615, des mémoires et thèses d'étudiants, les croquis de Lezergué par le mémorialiste Louis Le Guennec, les nombreux documents du fonds de l'historien Norbert Bernard décédé en 2005, et enfin le compte-rendu de police d'une affaire de mœurs (1 I QUI 50) commise par un ecclésiastique dans un champ gabéricois.

AMQ, 1 I QUI 50, 1908, "affaire de mœurs, nouveau scandale religieux près de Quimper à Ergué-Gabéric"
AMQ, 1 I QUI 50, 1908, "affaire de mœurs, nouveau scandale religieux près de Quimper à Ergué-Gabéric"

C. MÉDIATHÈQUE «  Fonds breton et réserve ancienne » ¤ 

Les fonds gabéricois de la médiathèque quimpéroise Alain-Gérard, précédemment appelée Les Ursulines, et anciennement bibliothèque municipale.

Les documents suivants ont été identifiés : le fonds Jean-Marie Abgrall avec des notes historiques et un croquis de la croix de Kerrous, l'absence de signataires gabéricois dans une pétition pour le rétablissement des domaines congéables, et un plan à l'encre de Chine d'Antoine de La Hubaudière faisant apparaître les lieux-dits, chemins et cours d'eau à proximité de Quimper.

En savoir plus : « Espace Inventaires des Archives », « Archives diocésaines de Quimper-Léon », « Archives municipales de Quimper » et « Médiathèque Alain-Gérard, fonds breton »

8 Déguignet aka Duguines, engagé volontaire

03.12.2022 - Au départ de la présente analyse, il y a un article écrit par Thierry Nédélec en septembre dernier dans le bulletin « Le Lien » du Club Généalogique du Finistère : « Jean-Marie Déguignet et les engagés volontaires de Quimper en 1854 ».

Ce travail d'investigation est basé sur les registres de recrutement conservés et numérisés par les Archives municipales de Quimper (1 H QUI 55) :

Image:Space.jpgLe paysan bas-breton de 20 ans qui a vécu son enfance à Ergué-Gabéric, Jean-Marie Déguignet, en fait partie (folio 218).

Image:Space.jpgIl raconte les circonstances de son engagement dans ses mémoires (version de la Revue de Paris en 1904 et celle d'An Here en 2001).

Image:Space.jpgLe soldat qui l'accompagne et l'aide dans ses démarches, Jean Ambroise Robique, fils de sabotier au bourg d'Ergué-Gabéric, remplit le même registre 27 ans plus tôt (1827, 1 H QUI 51).

Image:Space.jpgLe même jour, un autre jeune gabéricois, Jean-Marie Quiniou agriculteur à Kervoreden, est recruté aussi le même jour, le 23 août, mais aura moins de chance car il décédera à l'hôpital militaire de Perpignan en 1857.

Image:Space.jpgLes autres engagés, âgés de 17 à 30 ans, sont originaires de la région de Quimper-Chateaulin, avec des affectations diverses et des retours au pays pour les 3/4 d'entre eux.

Image:Space.jpgLes généalogies ascendantes et descendantes de Jean-Marie Déguignet sont détaillées en fin d'article.

Le nom d'engagement de Jean-Marie Déguignet porté sur le registre est « Duguines », patronyme recopié de l'acte de naissance qu'il a produit. Du fait de cette erreur de transcription en 1834, le soldat sera appelé de cette façon pendant toute sa carrière militaire. Ainsi il raconte dans ses Mémoires lors de sa montée en grade : « Soldats, tambours et clairons de la 6e compagnie, vous reconnaîtrez pour votre caporal le nommé Duguines, ici présent, et vous lui obéirez ». Et la fin signature du dernier cahier de ses mémoires est « Duguines - Déguignet ».

Pour bénéficier d'un contrat d'engagement de sept ans, outre son âge (plus de 18 ans), son statut de célibataire et la fourniture d'un certificat de « bonnes vie et mœurs», le candidat Duguines a dû remplir une autre condition plus difficile, la taille réglementaire : « On me saisit par le bras pour me mener sous la toise; je savais bien que je n'avais pas la taille, et je pensais qu'on allait me refuser du premier coup. Mais non, au contraire, on me dit que je ferais un très bon soldat. ».

 

À cette époque pour être incorporé, la taille minimale est de 1,56 m, et son registre indique un centimètre au-dessus : « un mètre 570 millimètres ». Et, d'après l'intéressé, les recruteurs pressés ont dû tricher un peu. Le « petit breton », comme l’appelleront ses acolytes plus tard, n'était certes pas grand, mais les autres engagés ne l'étaient pas non plus : Jean-Marie Quiniou faisait 10 centimètres de plus, et son mentor Jean-Ambroise Robique faisait à peine 1 m 61.

En savoir plus : « NÉDÉLEC Thierry - Les engagés volontaires de Quimper en 1854 », « Jean-Marie Duguines au bureau de recrutement militaire de Quimper le 25 août 1854 »

9 Archives nationales et Bibliothèque nationale de France

26.11.2022 - Les plans de classement des 2 sites d'Archives nationales et de celui des Manuscrits de la BnF : correspondances avec les articles GrandTerrier.

Les archives nationales sont réparties sur deux sites : le site de l'Hotel de Soubise à Paris (périodes Moyen-Ages et Ancien régime et le Minutier notarial) et le nouveau site de Pierrefitte-sur-Seine en banlieue nord (archives postérieures à la Révolution française et archives d'origine privée).

I) MOYEN ÂGE ET ANCIEN RÉGIME

Pour ce qui concerne Ergué-Gabéric on notera la série J "Trésor des chartes" (titres domaniaux et diplomatiques de la Couronne), G "Administrations financières et spéciales", O "Maison du roi et de l'empereur" et P "Chambre des comptes et comptabilité"

Série J - Trésor des chartes : une charte apocryphe en latin du duc Conan IV en 1312/1451 mentionnant une aumônerie détenue gérée par l'ordre des Hospitaliers à ARKE/ERKE.

MIC-J//241/Dossier 26, 3e ligne : "Pennharch et de Ploeneth et de Arke"
MIC-J//241/Dossier 26, 3e ligne : "Pennharch et de Ploeneth et de Arke"

Séries G - Administrations financières et O - Maison du roi et de l'empereur : des documents explicatifs sur l'affaire d'escroquerie commise par Jean-Corentin Bréhier en 1776 (cf. compléments du fonds maçonnique de la BnF Richelieu). On note aussi la demande de secours reçue par la Maison du roi via une habile lettre rédigée en breton par la municipalité d'Ergué-Gabéric.

Série P - Chambre des comptes : un gros registre faisant office de copie de l'exemplaire de la Chambre des comptes de Nantes et notant les arbitrages de la Réformation des propriétés incluses dans le domaine du roi.

II) PÉRIODE POSTÉRIEURE À 1789

Les séries des Archives nationales de la période postérieure à la Révolution et concernant Ergué-Gabéric sont essentiellement la série AF "Archives du pouvoir exécutif (1789-1815)", BB "Ministère de la justice", et enfin MC "Minutier central des notaires de Paris".

Série AF - Pouvoir exécutif (1789-1815) : un décret impérial qui authentifie le retour à la paroisse de la chapelle de chapelle de Kerdévot qui avait été vendue et privatisée en tant que bien national à la Révolution.

  Série BB - Ministère de la justice : plusieurs procès d'assises dont celle du jeune sorcier Yves Le Pennec qui avait intrigué Stendhal lors d'un voyage en Bretagne.

Série MC - Minutier des notaires : le rentier des terres de Kerveil détenues par la famille d'Acigné et vendues à la marquise de Sévigné.

En savoir plus : « Archives nationales de Paris et Pierrefitte »



On connaît tous les 4 tours du site de Tolbiac à l'est de Paris, ce site étant spécialisé dans la communication des publications et livres imprimés. Pour les documents d'archives proprement dits c'est le site Richelieu dans le cœur de la capitale qui en assure la conservation et la mise à disposition.

En ce qui concerne Ergué-Gabéric on trouve les documents suivants répartis suivant le plan de classement des cotes concernées :

Ms Latin : les trois cartulaires 31, 51 et 56 de l'église de Quimper contenant des actes pour la période 1169-1325 dont la première mention de la grande paroisse ERGE.

Ms Latin 9891, Cartulaire 56 de la BnF-Richelieu, 2e ligne : "decimam de Erge"
Ms Latin 9891, Cartulaire 56 de la BnF-Richelieu, 2e ligne : "decimam de Erge"

Ms Français + NAF (nouvelles acq.) : extrait de la Réformation de la Noblesse de Cornouaille en 1536, preuves de noblesse de François-Louis de La Marche. Et en fonds complémentaires les copies de 1312 et 1451 de la charte en latin du duc de Bretagne Conan IV au profit de l'Ordre des Hospitaliers à ARKE.

Fonds maçonnique. : un dossier d'escroquerie commis en 1776 par un membre de la famille du futur maire gabéricois Salomon Bréhier.


En savoir plus : « Bibliothèque nationale de France, site Richelieu »

10 Inventaire des pierres à buée

20.11.2022 - Ces dalles d'un mètre de circonférence utilisées aux XIXe et début XXe, et peut-être bien avant, comme supports des bailles à laver le linge.

Les premières pierres à laver, différentes des maies de pressoir bien plus larges, ont été signalées dans les années 1970-90 dans les journaux locaux et magazines d'archéologie, et un mystère plane encore car le nombre de ces pierres trouvées sur le territoire gabéricois est important :
à ce jour neuf ont été exhumées (Balanou, Bohars, Kerdilès, Kergoan, Garsalec, Lezergué, Pennarun, Pennervan, Squividan), les dernières photographiées étant celles de Kerdilès, Kergoan et Balanoù (2018), Lezergué (2021) et Pennarun (2022).

Le principe de leur fonctionnement était le suivant :

  • • sur la pierre circulaire rainuré on plaçait une ancienne barrique sans fond dans laquelle on mettait le linge.
  • sur un foyer à côté on faisait bouillir de l'eau dans des grandes chidournes.
  • on versait l'eau sur les couches de linge qu'on saupoudrait de cendre de bois (« ludu tan » en breton), gorgée de potasse.
  • avec un bâton on mélangeait énergiquement le linge.
  • l'eau sale s'écoulait lentement sur la pierre et les rigoles l'amenaient sur l'avancée en dessous de laquelle on mettait un seau.

Les premières eaux pouvaient resservir pour la tournée de lessive suivante, mais ce mélange de cendre servait ensuite d'engrais potassique appelé « ar cloag » et était très recherché par les maraîchers.

Sur Ergué-Gabéric une première pierre a été repérée à Pennervan et décrite en 1973 par un journaliste du Télégramme, puis en 1994-95 par l'archéologue P.R. Giot et le docteur André Kervarec.

Généralement les pierres présentent quatre rigoles perpendiculaires sous la forme d'une croix, et mesurent 93 cm à 1 m de circonférence, 1 m 10 au bout du déversoir, et 20 à 40 cm d'épaisseur.

Madame Billon de Balanoù se souvient : « Dans le temps on mettait les draps et les chemises dans une sorte de lessiveuse avec de la cendre et on faisait la grande lessive trois à quatre fois dans l'année. Le grand-père avait trois douzaines de chemises, et donc ça suffisait. La pierre était surélevée, et par l'écoulement on récupérait l'eau de lavage qui servait à faire plusieurs tournées. »

 

Mais les grandes lessives n'excluait pas un besoin de laver au quotidien. Et ce lavage se faisait dans la buanderie où était la baille à buée. La buée est en fait l'ancien nom de la lessive traditionnelle jusqu'au début du XXe siècle qui a vu sa disparition avec le développement de la lessiveuse en fer.

La plupart des pierres à buées d'Ergué-Gabéric, désormais inutiles, ont été déplacées en ornements de jardins. Mais deux d'entre elles ont été localisées en arrière-cuisine : l'une à Lezergué trouvée il y a 2 ou 3 ans dans les ruines du manoir et transportée dans un hangar, et l'autre toujours en place dans la cuisine du manoir de Pennarun.

Pour ce qui concerne Lezergué le document détaillé de séquestre de 1792 suite à l'émigration des propriétaires nobles de La Marche atteste bien de l'existence de la pierre à laver à l'intérieur du manoir : « Dans la cuisine : une table longue, une armoire à deux battants ... un fut à buée ... ».

À Pennarun la pierre à laver est toujours en place dans la cuisine ancestrale, placée près de l'endroit où l'on chauffait l'eau. C'est un très beau bloc de pierre d'épaisseur de plus de 40cm avec ses rigoles en croix et circulaire, et son canal incliné pour évacuer les eaux usées à l'extérieur de la pièce.

Un appel est lancé à toutes indications de nouvelles pierres à buée dans le cadre d'une sorte d'enquête archéologique de notre patrimoine rural et utilitaire.

En savoir plus : « Inventaire gabéricois des pierres de granit pour bailles à buée »

11 Inventaire des archives ducales

13.11.2022 - Descriptif et classement des Archives départementales de Loire-Atlantique, dont les fonds ont fait l'objet d'articles sur le site GrandTerrier.

Bien que distantes de 266 km par rapport à Ergué-Gabéric, les archives départementales de Nantes sont importantes car elles incluent les fonds de la chancellerie de Bretagne d'une part, et ceux de la chambre les comptes d'autre part :
  • Au chancelier, qui apparut dès la fin du XIe siècle au plus tard, incombait le soin de tenir procès-verbal des séances du conseil ducal, et de rédiger, enregistrer et sceller les actes émanant du pouvoir. La connaissance des matières bénéficiales, même distantes, lui appartenait également.
  • Émanation de la Cour ducale, la chambre des comptes de Bretagne est organisée en corps constitué dès la fin du XIV e siècle. Elle est d’abord itinérante, siégeant à Vannes, Redon, Muzillac, Auray… puis Anne de Bretagne, devenue reine de France par son mariage avec Charles VIII, fait décider son installation à Nantes en 1492.

Pour ce qui concerne Ergué-Gabéric, nous avons exploité sur le site GrandTerrier des liasses et registres de deux séries du plan de classement établi par les archivistes de Nantes : la série B "Cours et juridictions d'Ancien Régime" et la J "Fonds d'origine privée". Chaque article détaillé contient un tableau de correspondance des cotes et description des documents et les articles, analyses, transcriptions publiées sur le site GrandTerrier.

B- Cours et juridictions : « article détaillé » ¤ 

On y trouve tout d'abord les registres de chancellerie du duché de Bretagne, avec une déclaration de patibulaires (colonnes de pierre avec traverses de bois pour pendre et expose les condamnés à mort) à Lestonan pour le seigneur de Lezergué, un document en belle écriture cursive de 1510.

Ensuite les archives de la chambre des comptes de Bretagne aux XVe-XVIIIe siècles, émanation de la Cour ducale localisée à Nantes, incluent un certain nombre de liasses ou de registres : des aveux et dénombrements pour des terres nobles (B2008-B2013), incluant celles des Sévigné (B2035), le papier-terrier de la barre royale de Quimper en 1680 pour la Réformation de Colbert (B2040),

 
B19, Lignes 5-6 : « justice patibullaire en ung villaige de Lestonan en la parroesse d'Ergué Gabéric »
B19, Lignes 5-6 : « justice patibullaire en ung villaige de Lestonan en la parroesse d'Ergué Gabéric »

les rôle fiscaux de capitation de la noblesse et du tiers-état (B3486, B3539), et les propriétés nobles épiscopales incluant une deuxième série de quatre piliers patibulaires à Kerelan (B2037) pour les pendus de l'Evêque.

J- Archives privées : « article détaillé » ¤ 

À ce jour, deux documents gabéricois de la série J sont référencés sur le site : une mention hypothétique de 1267 en latin dans les comptes du duché de Bretagne pour un Raoul de Lusuguen/Lezergué, et une collection bien plus récente de plans de l'architecte René Ménard (291J) pour le compte de René Bolloré.

En savoir plus : « Archives départementales de Loire-Atlantique », « Série B "Cours et juridictions" AD44 », « Série J "Archives privées" AD44 »

12 Bulletin Kannadig de la rentrée

Billet du 05.11.2022 - Au sommaire de ce numéro : Séries, empereur, 1918-22, 1940-50, photo, portraits. En version papier : 32 pages ou 8 feuillets A4 recto verso pliés en A5, agrafés et mis sous pli postal dans la quinzaine.

Les séries en question ne sont pas sur Netflix, mais aux Archives départementales du Finistère. Ces séries constituent un plan de classement des documents auxquels sont attribuées des « cotes ».

Ainsi le plus vieux document gabéricois de la série B « Cours et juridictions » (conservée à Brest et non à Quimper) répond à la cote B284 et la date de 1572.

En cette fin d’été indien on s’est attelé à dresser des tables générales par série en y listant tous les articles et sujets « grandterriens » : de cette façon on sait maintenant ce qu’on a traité, et on pourra donc plus facilement repérer de nouveaux sujets d’analyse. Et les tables seront systématiquement mises à jour sur le site.

Soit par exemple le sujet d’archives concernant les initiatives municipales en 1858 lors de la visite de Napoléon III (série O « Domaine et enregistrement », cote 3O595).

Pour la période 1818-22 qui suit la Grande Guerre, on notera le nombre important de suicides dans le secteur ouest de la commune : analyse des circonstances d’après les coupures de presse et les transmissions familiales.

Pour les années difficiles 1940-50 le personnage du recteur Gustave a marqué les esprits, et son journal est un incontournable, ainsi que les souvenirs d’enfance de Jean Guéguen de Lestonan.

La photo des jeunes gens de la classe 1959 est aussi l’occasion de se rappeler des têtes connues et des anecdotes.

Et enfin une artiste d’Odet, Renée Cosima, qui a posé pour les plus grands peintres des années 1950 : Edouard Goerg, Bernard Buffet, Jean Carzou, Paul Kerouedan, Marcel Jacno.

En guise d’illustration de la continuation des sujets d’études et des prochaines découvertes sur le site GrandTerrier, nous vous proposons cette réflexion d’artiste-peintre : “Peindre signifie penser avec son pinceau” » (Paul Cézanne).

 

Image:square.gifImage:Space.jpgLire, feuilleter ou imprimer le bulletin en ligne : « KANNADIG n° 59 NOVEMBRE 2022 »

13 Octroi et/ou secours impérial

29.10.2022 - Où il est question d'une demande de secours adressée à l'Empereur Napoléon III en visite à Quimper le 16 août 1858, et de l'achat municipal d'un drapeau pour acclamer ses majestés impériales. NOTA : La semaine prochaine sort (enfin) le bulletin trimestriel Kannadig !

Durant l'été 1858, l'Empereur des Français visite la Bretagne avec son épouse Eugénie, en passant par les villes de Rennes, Brest et Quimper. Une visite triomphale qui visait à conforter le régime dans une région travaillée par les royalistes légitimistes et les républicains.

Le maire d'Ergué-Gabéric lui envoie à cette occasion une lettre dans laquelle il présente une demande de secours pour suppléer aux multiples dépenses communales : « Votre Majesté connaît maintenant la double cause de leur état de souffrance ; elle connaît, mieux que nous, les moyens d'y remédier ».

La double cause est d'une part les faibles ressources communales malgré le rétablissement récent de l'octroi et d'autre part l'entretien de la route départementale qui traverse la commune. Et tous les autres travaux ordinaires : le mobilier de l'église paroissiale, la réfection du mur d'enceinte du cimetière, les réparations et nettoyage du presbytère (« qui, outre son aspect rebutant, révèle une sorte d'ancienne prison féodale ») l'entretien des routes vicinales, notamment celles menant à Kerdévot, chapelle de grand renom et lieu de miracles.

Le style de la supplique, tout en étant un rien alambiqué, contient des formules habiles et faussement naïves pour susciter la générosité impériale : « Partout sur votre passage, des acclamations joyeuses ; partout, des souhaits, des compliments, des bénédictions pour votre auguste personne, pour l'Impératrice et le Prince Impérial ... ».

La lettre met en lumière les aléas de la fiscalité locale, notamment en ce concerne l'octroi. Le 19 février 1791, la Constituante décide la suppression de l'impôt indirect privant ainsi les villes de leur principale ressource, l'octroi sur les marchandises de consommation locale (droits d'entrée), sans solution de remplacement. Tout au long de la première moitié du XIXe siècle les communes françaises ont réclamé son rétablissement, et Ergué-Gabéric dès 1806 la demande de deniers d'octroi fait l'objet d'une délibération municipale.

 
Août 1858, l'empereur et l'impératrice quittant la ville de Quimper pour Lorient. Les flèches de la cathédrale ont remplacé les deux tours carrées deux ans auparavant. Couverture du journal L'Illustration n° 811.
Août 1858, l'empereur et l'impératrice quittant la ville de Quimper pour Lorient. Les flèches de la cathédrale ont remplacé les deux tours carrées deux ans auparavant. Couverture du journal L'Illustration n° 811.

Il faudra attendre août 1856 pour que l'octroi soit mis en place, mais uniquement sur les « boissons enivrantes » à hauteur d'un revenu annuel prévisionnel de 274 francs (avec une consommation importante de 294 hectolitres de cidre et hydromel).

Deux ans après, le conseil municipal vote l'acquisition d'un drapeau tricolore pour l’accueil à Quimper de Napoléon III. On peut s'étonner de son absence locale 69 ans après la Révolution Française. Toujours est-il qu'il est commandé à un tapissier pour la valeur de 18 francs.

La demande de secours de 1858 ne sera pas honorée. Dans sa réponse le préfet fait remarquer que la pétition est « conçue dans des termes très vagues », sans « plans et devis formant le projet des travaux à exécuter ». Et de plus en terme ressources municipales Ergué-Gabéric « a obtenu tout récemment l'établissement d'un octroi sur les boissons, ressource importante qui manque à bien des communes. ». L'aide impériale n'est donc pas octroyée.

En savoir plus : « 1858 - Supplique du maire à Napoléon III en visite finistérienne »

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