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[modifier] 1 Campagnes des ans 2, 3, 4 et 5

Les faits d'armes d'un jeune normand d'après les documents originaux inscrits dans son dossier d'officier dans l'armée de la Révolution.

1790-1792 : Garde Nationale de Paris

Dès septembre 1790 il quitte sa Normandie natale pour rejoindre Paris où il entre « volontairement, à l'âge de 16 ans, dans la Garde nationale soldée de Paris ».

La Garde nationale est une milice citoyenne républicaine destinée au maintien de l'ordre et à la sécurité intérieure. Craignant un débordement populaire, la municipalité de Paris crée dès le 14 juillet 1789 une garde parisienne et des volontaires issus des couches les plus aisées de la société y adhèrent spontanément. Le fait de voter en 1790 l'attribution de soldes permet à des volontaires moins aisés comme Guillaume Le Guay de s'enrôler.

1792-1793 : Gendarmerie Nationale de Coutances

En septembre 1792 il revient au pays pour intégrer le nouveau corps de la Gendarmerie nationale, à Coutances (38 km de Tessy) : « gendarme à la résidence de cette ville ».

La maréchaussée royale était responsable du maintien de l'ordre dans le royaume de France sous l'Ancien Régime, et est remplacée en 1790 par la gendarmerie nationale. Contrairement aux Gardes nationaux des principales villes française, la gendarmerie nationale est chargée essentiellement de la police des campagnes.

1793 : Capitaine élu au 9e Bataillon de la Manche

Le 11 septembre 1793 Guillaume Le Guay est élu capitaine au 9e bataillon de la Manche (le chef compatriote n'est autre que le futur colonel et général de brigade Michel-Louis-Joseph Bonté qu'il suivra, et quittera ...) : « Le président a proclamé le citoyen Leguay capitaine ayant réuni la majorité absolue des suffrages ».

Le vote se déroule dans l'église du séminaire de Coutances et 87 soldats du tout nouveau bataillon sont appelés à déposer un bulletin secret. Le résultat proclamé est de 39 pour le citoyen Lamy et de 48 voix pour Guillaume Leguay : « un citoyen duquel ils connaissent les vertus civiques et les talents de militaires ».

1793 : Blessé au siège de Granville

En fin d'année 1793, on le trouve défendant la ville de Granville contre les assaillants chouans. Le 5 novembre, il est même « blessé à la jambe gauche au siège de Granville le 15 brumaire an 2 ». Mais peut-être ne faudrait-il pas lire le 25 brumaire ou 15 novembre ?

Dans son brevet de capitaine, on lit que Guillaume Le Guay commet un acte de bravoure : « A enlevé un guidon à l'avant garde de l'armée Royaliste composée de cavalerie, il était à cette époque adjoint au général Vachot ».


Arrêtons-nous un instant sur ce mot « guidon ». Essayez de deviner son sens étymologique en choisissant l'une des trois propositions suivantes :

les rênes d'ouverture d'un cavalier de l'armée royaliste vendéenne, bravant le feu des canons républicains.

le drapeau étendard brandi lors des assauts des compagnies de cavalerie lourde d'Ancien Régime.

le lacet-guide d'une coiffure d'officier chouan protégeant ses « bleo-hir » (cheveux longs) du vent d'ouest.

La suite dans l'article : « 1790-1804 - Les campagnes militaires du capitaine Guillaume-François Le Guay »,
+ « 1798 - Expédition d'Irlande et libération du capitaine Guillaume François Leguay » : publié le 13.04.2015

Billet du 23.05.2015


La semaine prochaine nous vous présenterons comment Guillaume Leguay a préféré s'installer au manoir du Cleuyou, en Ergué-Gabéric, et fuit l'armée, et comment de ce fait, ayant une liaison avec une jeune fille plus convenable que l'amante de Lazare Hoche, il s'est brouillé avec son ami Michel Bonté !

[modifier] 2 Grand-Ergué, Annonay et Prague

« Le Grand-Ergué et Annonay ont deux choses en commun : les machines des papetiers Montgolfier et Le Marié d'une part, et d'autre part une chanson sur les montgolfières composée par un prêtre réfractaire gabéricois qu'il publia en 1800 pendant son exil à Prague »

Un article de Thierry Le Roy publié en 2005 dans l'excellente revue Armen nous a révélé cette chanson : « Un chant en breton, publié en 1800 par Alain Dumoulin, ancien recteur d'Ergué-Gabéric qui avait émigré au moment de la Constitution civile du clergé, parle d'un nouveau navire, "ur vag neve", qui "naviguera dans les airs / dre an eer a navigo" ».

Alain Dumoulin était enseignant au petit séminaire de Plouguernevel, puis recteur de la paroisse d'Ergué-Gabéric en 1787, et, s'opposant fermement à la Révolution, il dut s'exiler en 1792, d'abord à Liège en Belgique, puis à Prague. Et là dans la capitale de la Bohème, il composa une grammaire latine et bretonne, dans laquelle il annexa quelques textes profanes.

Le dernier texte de la grammaire est une chanson sur les méfaits des aérostats, avec ses dangers manifestes : « Tud foll a tud direson, Nefoc'h ket brema da c'husut, Kement so bet er balon Ho dus torret ho gug » (Gens fous et déraisonnables, vous ne serez aujourd'hui sans savoir que tous ceux qui ont été en ballon se sont cassés le cou).

Comment Dumoulin a-t-il eu vent des essais de ces aérostats, dont le premier eut lieu place des Cordeliers à Annonay, pays des frères Montgolfier, le 4 juin 1783 ? Cette même année 1783 des expérimentations eurent lieu également à Nantes. Le 14 juin 1784, un ballon baptisé « Le Suffren » prit l'air avec à son bord le chevalier Coustard de Massy, né à Nantes en 1734, et le père Mouchet, devant près de 80.000 personnes.

Contrairement au Père Mouchet de l'Oratoire, professeur de Physique à l'Université de Nantes, l'abbé Dumoulin représente la frange de l'église catholique qui considère qu'il ne faut risquer ni sa vie, ni sa foi, dans ces engins aussi dangereux.

Il publie en 1800 le texte de cette chanson, et, malgré lui, il a une vision quelque peu prophétique : « Betec al loar ae ar steret, A dra sur e hon savo » (Jusque la lune et les étoiles, sans nul doute il nous emmènera). Alain Dumoulin avait-il écrit ou transcrit sa chanson avant de partir en exil, en ayant en tête les essais nantais ? Ou alors, l'a-t-il composé à Prague, sur la base des informations diffusées dans les journaux ?

Quand notre auteur gabéricois a composé son texte satirique, il avait sans doute en tête la musique d'un autre chant ou cantique populaire. Au vu du texte on pense tout d'abord à cette chanson ancienne que Denez Prigent a chantée sur son tout premier album « Ur vag nevez a Vontroulez ».

Bernard Lasbleiz qui a consacré sa thèse de doctorat et quatre ans de labeur à l'étude des chants bretons anciens et des cantiques diffusés sans partition, a étudié la chanson de Dumoulin : « il s’agit très clairement du timbre du cantique français « Heureux qui dès son enfance » que l’on trouve entre autres dans le recueil de Saint-Sulpice au n° 62. La chanson de Dumoulin est répertoriée page 148 de l'édition de 1906 du "Fureteur Breton" de Maurice Le Dault. » Dans sa thèse « Les timbres des chansons et cantiques en langue bretonne du XVIIe au XXe siècle » soutenue en décembre 2012, elle apparaît comme suit :

En savoir plus : « Une chanson satirique en breton contre les aérostats en 1800 »,
« LE ROY Thierry - Les pionniers de l'aviation et de l'aérostation »

Billet du 16.05.2015


Merci à Tadkoz pour son enquête, et grand merci également à son ami Bernard Lasbleiz, musicien lannionnais, grand spécialiste et découvreur des chants bretons anciens et des cantiques diffusés sans partition, pour avoir rectifié notre première approche « Ur vag nevez a Vontroulez », nous avoir communiqué la vraie partition et fait connaître le travail du Père Jean Bourdoulous publié dans Fureteur Breton de 1906. Merci aussi à Gwenn pour son interprétation à la flûte traversière et pour son enregistrement en fichier mp3.

[modifier] 3 Belles lithographies de St-Germain

«  Les yeux [de Mona Lisa] avoient ce brillant, cette humidité qui existent sans cesse dans la nature, et étoient entourés de ces rouges pâles, et des paupières qui ne peuvent s'exécuter qu'avec une très-grande subtilité », Giorgio Vasari , 1550

Billet du 09.05.2015
Billet du 09.05.2015

On connaissait déjà la coiffe à capuche datée de 1842 représentant une Mona-Lisa du Grand-Ergué (en médaillon ci-contre), mais voilà que les hasards de navigation sur le site Gallica de la BNF nous font découvrir une autre très belle lithographie de l'illustrateur Prosper Saint-Germain publiée en 1844.

Prosper Saint-Germain (1804-1875), de son vrai nom Jean-Baptiste Prosper Marie, dit Saint-Germain, tenait à Morlaix un cours de dessins pour jeunes gens, d'avant d'être nommé, en 1851, professeur de dessin de l'École de la Marine à Brest.

Il était grand ami d'Emile Souvestre dont il a illustré de nombreux ouvrages et revues. Il a réalisé de nombreux croquis et peintures de bretons en habits traditionnels, croquis édités dans les nombreuses monographies sur la Bretagne, en noir et blanc ou sous forme de lithographies polychromes.

Parmi celles-ci, une page intitulée « Fouesnant et le Grand-Ergué » dans l'ouvrage historique et sociologiques « La Bretagne » de Jules Janin. Cette illustration représente des costumes du pays fouesnantais et du Grand-Terrier. La jeune fille au centre n'est pas sans rappeler la « jeune fille du Grand-Ergué » publiée deux ans plus tôt dans la monographie « Le Breton » d'Alfred de Courcy.

Comme sur le croquis de 1842, le tablier de la jeune fille à droite est orné de fines bandes rouges et bleues, mais par contre les manches du bustier sont bleues, et seule l'aile occipitale de sa coiffe retombe à l'arrière, les bords latéraux sont ornés et relevés, son corselet est à lacets, tout laisse à penser qu'elle est fouesnantaise (*1).

Le costume de la jeune fille centrale est par contre du Grand-Ergué, son tablier et son corset sont plus sobres, et sa coiffe est identique à celle de 1842, avec des ailes latérales qui pendent jusqu'au cou. Sur les coiffes des deux jeunes filles, on distingue un joli bandeau fin de couleur rouge.

Le jeune homme a également un costume que sans doute les hommes d'Ergué-Gabéric portaient à l'époque : large chapeau, « chupenn » bleue et noire avec bandelette ornementale, pantalon « bragou-braz » jusqu'aux genoux, hauts de chausses.

En savoir plus : « Lithographies de costumes et coiffes à capuche du Grand-Ergué »,
« JANIN Jules - La Bretagne »

Comment se fait-il que personne n'a localisé la photo-mystère ci-contre insérée dans le dernier Kannadig représentant un beau moustachu très expressif ? Un indice supplémentaire : la pierre sculptée était à terre en 1701 suite à une tempête.


(*1) Merci à Christophe Rochet d'avoir corrigé notre première version où nous disions abusivement que les deux jeunes filles étaient du Grand-Ergué ! Non c'est bien une fouesnantaise au premier plan. Mais la Mona-Lisa au centre est belle aussi !

[modifier] 4 La cigale, la fourmi et l'eau tiède

« Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise : Et bien ! dansez maintenant. », La Fontaine, 1668.

Billet du 03.05.2015
Billet du 03.05.2015

La série des instituteurs se poursuit par l'évocation d'un autre instituteur qui, entre 1889 et 1895, fut nommé successivement à l'école communale de Lestonan et directeur de l'école des garçons du Bourg : François Bothorel, fils d'épicier, né en 1863 à La Feuillée et époux de Louise Le Corre.

En dehors de son métier d'enseignant, il a un hobby : le tir. En 1895 il est classé 9e dans un concours départemental organisé à Ergué-Gabéric, et reçoit un diplôme de la Société nationale de tir des communes de France et d'Algérie.

En 1892 il est sollicité pour l'utilisation de son école communale comme lieu festif pour le mariage de noces de la fille du républicain Louis Guyader de Squividan. Et là les journaux catholiques comme le « Courrier de Cornouaille » se déchainent :

« M. l'instituteur, sachant que M. le Préfet et M. Hémon (le député républicain) devait venir à la noce, s'est empressé d'écrire à M. Dreux (l'Inspecteur départemental de l'Instruction publique) pour lui demander l'autorisation. Et M. Dreux qui danse sans doute le rigodon aussi bien qu'il chante la Marseillaise a retourné la lettre à l'instituteur avec ces simples mots, sans cachet ni autre signe administratif : "Approuvé. - Dreux." L'école avait été déménagée et les élèves étaient employés à tresser des guirlandes de fleurs pour décorer les salles ! La cour a été en partie dépavée ! Bref, pendant près de huit jours, filles et bambins d'Ergué-Gabéric n'ont pas eu de classes. »

Et que penser du surnom que le journal attribue à Louis Guyader : « Dour-Klouar » ou "eau tiède" ? Cet épithète marquait sans doute le flegme de l'homme politique qui recherche les compromis, et aussi, pour ses ennemis, son sens des affaires troubles.

Et le journaliste de finir son billet par une évocation de la fable de la cigale et de la fourmi : « Il n'y a plus qu'à enlever les plaques qui ornent les portes d'entrée de nos écoles communales et les remplacer par cet écriteau un peu naturaliste mais beaucoup plus vrai : ICI L'ON DANSE !  ».

En savoir plus : « François et Louise Bothorel, instituteurs de 1890 à 1895 », « Un grand mariage breton à Squividan, Le Petit Journal et Finistère 1892 », « Grand concours de tir à Ergué-Gabéric, Le Finistère 1895 »


Merci à tous les correspondants qui nous proposé leur aide pour compléter l'espace des Instits, corriger les erreurs de dates (!), et mettre à jour les photos de classe. L'aventure continue !

[modifier] 5 Témoignages et initiatives d'instits

« Il y a 120 ans l'instituteur Auguste Noyelle aurait pu inventer le mot anglais crowdfunding et le super site Internet https://fr.ulule.com »

Planche Delagrave-Dorangeon, et quelques instits gabéricois - Billet du 25.04.2015
Planche Delagrave-Dorangeon, et quelques instits gabéricois - Billet du 25.04.2015

On voudrait souligner ici l'initiative du jeune instituteur Auguste Noyelle qui, en 1890, pour sa 4e année scolaire à l'école communale du Bourg (après deux années à Lestonan) fait un appel de fonds pour acquérir un outil pédagogique qu'il voudrait utiliser pendant les leçons de choses.

Il s'agit d'un « un beau musée industriel, composé de douze tableaux, douze cents échantillons et d'une valeur de 68 francs ». Cet outil n'était pas donné ; à titre de comparaison les 2 poêles de l'école de Lestonan, installés à la première rentrée de Noyelle en 1885, avaient coûté en 1885 41 francs.

Nous avons retrouvé ces tableaux au Musée du Scribe de Saint-Christol-lez-Alès (Gard) : éditée par les libraries Delagrave, conçue par C. Dorangeon, chacune des 12 planches présente une catégorie de matières, des légumes et épices jusqu'au chauffage et éclairage, en passant par le cuir, les pierres ...

Sur chaque panneau sont accrochés des conteneurs d'échantillons ressemblant à des tubes à essai, que les élèves peuvent décrocher, et, assis à leur pupitre, ils peuvent tranquillement toucher et observer ces exemplaires.

Contrairement aux poêles, pour le musée industriel, le conseil municipal d'Ergué-Gabéric n'a pas daigné « ajouter cette petite somme au chapitre additionnel de son budget ». Il faut dire que le maire et ses conseillers étaient conservateurs, et ils ont du voir d'un mauvais œil la nouvelle pédagogie d'Auguste Noyelle. Celui-ci doit donc faire appel à la générosité privée en organisant « une souscription ouverte dans son école ».

Devant l'inertie municipale, l'opposition républicaine, derrière Louis Guyader de Squividan, répond à l'appel de l'instituteur en donnant son obole pour financer l'outil pédagogique à hauteur de 27 francs. Les contributions complémentaires ont été faites par « quelques » parents d'élèves, et non pas tous, ce qui laisse penser qu'il y avait aussi, parmi les parents, un certain scepticisme. Néanmoins, on peut penser que ces planches pédagogiques, écrites bien sûr en français, ont su éveiller une saine curiosité auprès des élèves, avec une meilleure efficacité que les « Taolennoù » du camp religieux.

En savoir plus : « Souscription de l'instituteur pour un musée industriel scolaire, Le Finistère 1890 »


Auguste Noyelle est le premier instituteur de l'école communale de Lestonan. Ses origines hors département (Pas-de-Calais) démontrent la difficulté des services de l'Instruction Primaire à former des instituteurs finistériens, et peut-être aussi une volonté nationale laïque de promouvoir l'usage de la langue française au détriment du breton. Sa fiche bibliographique « Auguste Noyelle, instituteur de 1885 à 1891 » est inscrite dans un tout nouvel espace « Les Instits », où vous trouverez progressivement tous les autres instituteurs/trices. Une liste, classée par école, est aussi en cours d'élaboration : « Les institutrices et instituteurs en poste à Ergué-Gabéric ». Toute aide est bienvenue pour compléter les infos manquantes !

[modifier] 6 Expédition historique en Irlande

« M. Guillaume François Le Guay, a captain of Infantery in the French service taken in the Hoche ship of the line, has been released from Parole at Lichfield and permitted to return to France », December 1798.

« M. Guillaume François Le Guay, capitaine d’infanterie au service de la France capturé sur le vaisseau de ligne Hoche a été relâché de détention sur parole à Lichfield et autorisé à rejoindre la France contre son engagement à cesser de servir contre la Grande-Bretagne et tous ses alliés ».

Michel Le Guay, descendant de la famille Leguay de Normandie et de Bretagne, lors de ses recherches généalogistes dans les années 1990, a découvert ce document extraordinaire, rédigé par les services anglais en charge des Prisonniers de guerre, et nous permet de revivre cette page d'histoire vécu par un futur habitant du manoir du Cleuyou en Ergué-Gabéric.

Guillaume Le Guay est né normand le 11 avril 1773 à Tessy-sur-Vire (Manche), près de Coutances. Très jeune, à 16 ans, il s'engage dans les volontaires de la Manche et participe comme grenadier aux campagnes « des ans 2, 3, 4 et 5 de la République dans les départements de l'ouest contre les chouans ».

En 1798, il est dans les troupes sélectionnées pour les expéditions en Irlande, la première en août, la seconde en octobre, pour apporter l'aide française aux insurgés irlandais contre la domination britannique. Cette opération, mal préparée, se terminera mal, car les forces révolutionnaires françaises seront battues et le principal insurgé irlandais, Theobald Wolfe Tone, sera arrêté et condamné à mort. Dans l'imaginaire irlandais, 1798 est baptisé l'année des Français, « The Year of the French » pour marquer l'engagement militaire des français.

Quant à notre grenadier, il sera capturé sur le vaisseau « Le Hoche » par les forces navales anglaises lors de la seconde expédition. Il fut au centre de la célèbre bataille de l'île de Toraigh, au large de la côte nord-ouest du comté de Donegal en Irlande. Il y avait à bord 1189 hommes ; 147 ont trouvé la mort et 1006 furent prisonniers. Après avoir failli couler dans la tempête de la nuit suivante, les britanniques réussirent à remorquer le bateau jusqu'aux cotes anglaises.

Autres questions posées dans l'article cité : Legay participa-t-il à la bataille irlandaise de Castlebar du 27 août ? Où fut-il détenu en novembre-décembre avant sa libération ? Que voulait dire le terme anglais « parole » pour une détention ? De prochains articles détailleront sa carrière dans les armées de la Révolution et de l'Empire, les conditions de son élection comme capitaine, son congé pour mariage avantageux, sa destitution et démission de l'armée et réintégration en 1831 ...

En savoir plus : « 1798 - Expédition d'Irlande et libération du capitaine Guillaume François Leguay »

Billet du 19.04.2015


La photo mystère du dernier billet et du bulletin Kannadig n'a toujours pas été identifiée par nos fidèles lecteurs. Où donc se trouve cette haute statue représentant un moustachu exposé au vent et de temps en temps au bruit ?

[modifier] 7 Kannadig printanier de 2015

Des histoires d'anges musiciens, d'héritiers du Cleuyou, de terres vaines et vagues, d’œufs de cœlacanthe, de poteaux télégraphiques, de saints Guénael et Télo, de guerres de 1870 et de 1914, d'un paysan dans le livre somme de Joël Cornette ...

C'est le moment de vous soumettre le bulletin des articles publiés depuis janvier dernier, avec ce sommaire où se mêlent documents d'archives, patrimoine, mémoires, et même des légendes :

  • Couv - Fanch et l'ange harpiste / Kelou ar maro hag ar vuhez
  • Recto de couverture - Photo-énigme et table des matières
  • P. 1 - Les fabuleux anges musiciens du retable de Kerdévot
  • P. 2-3 - Le ragoût noir des Spartiates au pardon de Kerdévot
  • P. 3-6 - Disparations de Fanch Ster et de Jean Kergourlay
  • P. 6-11 - Le feuilleton des héritiers du manoir du Cleuyou
  • P. 11-14 - Les Mermet propriétaires du domaine du Cleuyou
  • P. 14-16 - Un gabéricois à la Défense de Paris en l’an 1871
  • P. 16-17 - Le télégraphe et autres technologies selon Déguignet
  • P. 18-19 - Réactions contre les lignes ferroviaire et téléphonique
  • P. 19-21 - Le capitaine Bolloré dans la fosse des Comores
  • P. 21-24 - Leçons d’histoire bretonne de Déguignet / Cornette
  • P. 24-25 - Jean Louët à l’assaut de Souchez en Artois en 1915
  • P. 26-27 - La légende et la vie de saint Guen-Ael au 17e siècle
  • P. 28-29 - Le partage des terres vaines et vagues de Keronguéo
  • P. 29-30 - Saint Télo et Louis Hémon à la chapelle de Kerdévot

Trouverez-vous l'habituelle photo-énigme trimestrielle qui est en 2e de couverture ? Pour vous aider, un petit indice : « il vous faudra de très bons yeux pour localiser les belles moustaches du personnage qui depuis quelques siècles serait devenu sourd ».

Lire et imprimer le bulletin : « Kannadig n° 29 Avril 2015 » Billet du 11.04.2015

Nota 1 : Le présent bulletin Kannadig sera imprimé et expédié dans la quinzaine, avec le reçu fiscal des donateurs, lequel reçu peut éventuellement être envoyé par courriel à ceux qui le désirent.

Note 2 : Ces derniers temps de nombreux anciens nous quittent : ainsi cette semaine la haute figure d'Odette Coustans, secrétaire de mairie de 1945 à 1985, et qui connut 9 groupes de conseillers et 6 maires. Pour le souvenir et lui rendre hommage, l'article qui relatait en mars 1987 son départ en retraite : « Les 40 ans de mairie d'Odette Coustans, Ouest-France 1987 ».

[modifier] 8 Loiz Hemon ha sant Telo Kerdevot

« Disul diveza oa pardoun braz e Kerdevot. Calz tud a ioa eno, mez unan euz ar re zon bet muia guelet eo Loiz Hemon.  », Feiz ha Breiz, 1877.

On connaissait déjà le climat politique et culturel lors des élections législatives de 1877 où se présentait l'un des premiers républicains de la région Quimpéroise, à savoir Louis Hémon, face aux résistances locales conservatrices et catholiques. Jean-René Bolloré, l'adversaire de Louis Hémon publia un petit tract virulent en breton : « Voti evit Loiz Hemon a zo eta voti evit eur mignoun touet da C'hambetta, ... gouaderez ar Frans » (le vote pour Louis Hémon est un vote pour l'ami de Gambetta, ... la sangsue de la France).

Ici, dans les colonnes du journal très catholique « Feiz ha Breiz », le ton est un peu plus léger et empreint de moquerie : « Loiz Hemon a ioa ivez dissul e Kerdevot. Ne leveromp ket e vije eat di da bardouna, mez d'en em ziscouez. Ehehe ! an elecsionou a dosia ! » (Loiz Hemon était donc aussi à Kerdévot. Nous ne savons pas s'il est vraiment venu pour le pardon, ou alors plutôt pour se montrer. Ehehe ! il va y avoir des élections !).

Et la morale est sauve car les vieilles bigotes veillent au grain : « Loiz Hemon en doa ancounac'heat eun dra ! cass chapeledou d'ar merc'hed coz ! Ma carje beza great kement-se, en doa gonnezet an oll voueziou an Ergue-Vraz gant an oll galounou ! » (Loiz Hemon a oublié une chose ! l'importance des chapelets des vieilles femmes qui connaissent toutes les intentions de votes du Grand-Ergué).

Ceci nous amène à ré-évoquer l'article en breton sur la chapelle de Kerdévot, aussi dans le journal « Feiz ha Breiz » qui ne manque pas de mentionner l'existence d'une belle statue de saint Théleau chevauchant un cerf : « ouz skeudenn Sant Telo a-ramp war eur c'haro ». La statue aux couleurs pastels de l’évêque en chape, mitre et crosse a été magnifiquement restaurée en décembre 1979 par le sculpteur gabéricois Laouic Saliou.

La légende rapporte qu’un seigneur offrit à l’ermite Télo les terres qu’il pourrait enclore en une nuit, avant le chant du coq ; le saint se servit d’un cerf comme monture pour délimiter son nouveau territoire.
En fait, tout comme le député Loiz Hemon en 1877 parmi les ouailles du pardon de Kerdévot ?

En savoir plus : « Loiz Hemon hag chapeledou ar pardoun braz e Kervevot, Feiz ha Breiz 1877 »,
« Chapelle de Kerdévot, sant Telo et Gwenêl en breton, Feiz ha Breiz 1926 »

Billet du 05.04.2015


Nota : le bulletin Kannadig de fin du premier trimestre 2015 est actuellement en cours d'élaboration ; qu'on se le dise, il sera bientôt en ligne.

[modifier] 9 Fin des terres vaines et vagues

« Qu'il existe à Keronguéo, en la commune d'Ergué-Gabéric des communaux ou terres vaines et vagues consistant notamment dans la parcelle de terre ci-après désignée : Section B n° 234 Kéronguéo, Leurquer d'antraon, pâture, 15 ares 30 centiares », maitre Morel, 1912

Billet du 21.03.2015
Billet du 21.03.2015

Avant la Révolution, les terres dites vaines et vagues étaient nombreuses en Basse-Bretagne et consistaient en parcelles partagées par les habitants d'un village. Elles étaient vaines car ne rapportant rien, et utilisées uniquement pour la pature, ou comme aire commune. Elles étaient vagues car vides et peu propices aux cultures. Ces terres étaient en indivision entre les habitants du village, et ne pouvaient être vendues : à la mort d'un habitant, le droit d'utilisation en nature de ces communs de village passait automatiquement à l'héritier des lieux.

À la Révolution, il est décidé dans un premier temps que ces communs de village appartiennent aux nouvelles communes, ceux qui subsistent étant rebaptisés communaux. Mais en 1792 une loi spéciale maintient « pour les cinq départements qui composent la ci-devant province de Bretagne » une exception : les terres vaines et vagues appartiennent aux « habitants des villages... actuellement en possession du droit de communer ... », et donc le partage et revente ne sont pas autorisés. Cela restera vrai jusqu'en décembre 1850 lorsqu'une nouvelle loi permet aux habitants de village de casser les indivisions et de procéder à leur partage par répartition.

Grâce à des documents inédits et des publications dans la presse, on sait maintenant comment les terres vaines et vagues d'Ergué-Gabéric ont été privatisées en toute légalité.

En 1912 les cousins Bolloré, héritiers de terres et maisons à Keronguéo, décident de lancer la procédure de partage. Le premier à le faire est Eugène, mercier à Quimper, qui est célèbre par ailleurs pour avoir en 1905 "racheté" l'établissement du Likès confisqué à une congrégation catholique. Dès janvier il demande au tribunal de statuer sur le partage des terres vaines et vagues du village de Keronguéo, avec notamment cette parcelle « Leurquer d'an traon » ("aire du bas du village").

En juin 1912, le deuxième héritier René Bolloré, « propriétaire et industriel, demeurant à Odet, en Ergué-Gabéric » prend la relève de son cousin, ce dernier étant mentionné comme premier demandeur dans le jugement. Les arguments de l'avoué Morel et les conclusions du tribunal expliquent bien le mécanisme de transformation des communs de village en propriété privée : cf article détaillé.

Il est intéressant de noter qu'aujourd'hui on se pose encore la question de la légalité des terres vaines et vagues qui auraient échappé à une privatisation. En 2014 un débat a lieu sur le statut juridique du site de Notre-Dame des Landes. En 2009 le député Jean-Jacques Urvoas pose deux questions écrites à l'Assemblée Nationale sur ce sujet des terres vaines et vagues : « En l'état, celles-ci, qui couvent encore des centaines d'hectares, notamment dans le Finistère et le Morbihan, constituent des biens dont la propriété demeure indivise ... ». La réponse publiée dans le Journal Officiel n'abonde pas dans le même sens.

En savoir plus : « 1912 - Partage de terres vaines et vagues de Keronguéo Leurquer d'antraon »

[modifier] 10 Harpe celtique, ragoût spartiate

« Faisons le tour de ce qu'on sait de la harpe en Bretagne aux XIIIe, XIVe et XVe siècles ... Pour les instruments de petite dimension le nombre de cordes ne dépassait guère sept ... », Alan Stivell et Jean-Noël Verdier

Billet du 14.03.2015
Billet du 14.03.2015

Le découvreur infatigable Pierrick Chuto nous écrit : « Ci joint le Courrier du Finistère N° 554 du Samedi 20 septembre 1890. Peux-tu nous renseigner sur le ragoût noir qui aurait plu aux spartiates sous les tentes de Kerdévot ? »

En effet ce journal catholique ne manquait pas de relater chaque année le pardon de Kerdévot : « Ce pardon, déjà très ancien, est sans contredit la plus vaste et la plus noble expression de notre antique foi bretonne ... Les femmes chantaient des cantiques bretons et la fête religieuse s'est terminée par la bénédiction du Très-Saint-Sacrement. »

Et sur le placître de la chapelle c'est la fête païenne, donc le fameux ragoût noir servi sous les toiles des stands des restaurateurs. Et le journaliste de faire le parallèle avec le plat antique des spartiates. Plutarque indique que « parmi les plats, celui que spartiates apprécient le plus est le ragoût noir ; c'est au point que les vieillards ne demandent même pas de viande ; ils la laissent aux jeunes et font leur dîner du brouet qu'on leur verse. » C'est pour les Grecs un véritable sujet de curiosité. Le plat était composé de viandes rôties de chèvre et porc, de sel, de vinaigre et de sang, ce bouillon cuit à feu doux pendant des heures ayant cette couleur noire caractéristique.

Aux 19e et 20e siècles, le ragoût de Kerdévot était, quant à lui, constitué de viande de bœuf : «  D'autres se ravitaillaient dans des stands où on trouvait de la soupe, du ragoût de bœuf, du café », Pierre Roumégou, 1980.

Quant à la très belle photo de la harpe celtique, elle est de Jean-Yves Cordier, sur son blog sur la nature et le patrimoine finistèriens, au rythme de ses promenades et découvertes inédites, notamment à Ergué-Gabéric où il passe de temps en temps, comme en septembre dernier le jour du pardon de Kerdévot, photographiant sous toutes ses coutures le retable et annotant de ses connaissances et observations.

Parmi les très beaux clichés, sur le panneau supérieur du « Couronnement de la Vierge », on remarque ceux des quatre anges et musiciennes tenant guitare, harpe, orgue et flute. Et il évoque même son émotion devant l'une d'entre elles : « J'avoue que je suis tombé amoureux de cet ange au regard inspiré si typique de celui d'une musicienne accordant son jeu à celui des autres joueurs ». On se refèrera aussi à l'ouvrage savant d'Alan Stivell et Jean-Noël Verdier, incluant un cliché de la même harpe d'origine celtique de Kerdévot.

En savoir plus : « Le ragoût noir des spartiates sous les tentes de Kerdévot, Courrier du Finistère 1890 », « CORDIER Jean-Yves - Les anges musiciens du retable de Kerdévot », « STIVELL Alan & VERDIER Jean-Noël - Telenn, la Harpe Bretonne ».

[modifier] 11 Les héritiers du Cleuyou #3

« Sous la Restauration, électeur et éligible à la Chambre des députés, puisqu'il paie 1235 francs d'impôts et figure parmi les plus riches notables de l'arrondissement électoral de Quimper », Bruno Le Gall et Jean-Paul Péron, La franc-maçonnerie à Quimper au XVIIIe siècle.

Billet du 07.03.2015
Billet du 07.03.2015

Cela va faire presque deux an, en mai, lorsque les arbres centenaires de l'allée rabinière du Cleuyou furent malencontreusement abattus par les services municipaux.

Aujourd'hui on découvre un document de 1821 où cette allée est mentionnée comme obligation d'entretien par les meuniers du lieu qui ne pourront « couper ni émonder aucune espèce de bois ou arbres » et feront « le nombre de leurs journées de charroi de pierre à l'effet de réparer et entretenir en bon état l'allée principale conduisant de Quimper au manoir »

Quant aux propriétaires du manoir de l'époque, nous n'avions aucune attestation officielle de leur titre à ce jour. Ils sont explicitement désignés ici : «  Mr Vincent Simon Marie Mermet et Dame Marguerite Péron son épouse  ».

Vincent Simon Mermet avait tenté d'acquérir le manoir du Cleuyou à la vente aux enchères de 1795, mais à la 3e bougie c'est la citoyenne Merpaut qui emporta la mise. Par contre Vincent Mermet acheta la métairie de Kervreyen dans les mêmes conditions. Il signait à l'époque Mermet Le Jeune. Il n'est pas connu comme ayant été initié dans une loge maçonnique, mais son demi-frère Pierre-Marie était Grand-Ecossais de « L"heureuse Maçonne », et son neveu Louis Pierre était Maitre Bleu de « La Parfaite Union ».

Les époux Mermet auront une fille qu'ils marieront à un militaire de carrière, Guillaume Le Guay. Ce dernier qui depuis ses 16 ans avaient servi l'armée républicaine, puis impériale, dut refuser de partir pour la campagne d’Italie (1805), en argumentant qu’il projetait un mariage avantageux. Avec son épouse Cécile, il vint habiter le Cleuyou.

En savoir plus : « 1821 - Subrogation de ferme du moulin du manoir du Cleuyou des époux Mermet », « Les Mermet, propriétaires du manoir du Cleuyou et de Kervreyen ».


Nota 1 - Dans une prochaine série des héritiers du Cleuyou, on présentera les exploits militaires de Guillaume Le Guay : engagé dès 1789, à 16 ans, dans les volontaires de la Manche, il est élu capitaine de grenadiers par ses hommes. Envoyé à l’Ouest pour mettre fin aux soulèvements contre révolutionnaires et prévenir les tentatives de débarquements anglais, il participe au siège de Granville en 1793 et à l’expédition d’Irlande en 1798, où il est fait prisonnier.

Nota 2 - Merci aux nombreux témoignages reçus suite aux rubriques nécrologiques de la semaine dernière : « Fanch Ster (1930-2015), commerçant et gardien de but des Paotred-Dispount » et « Jean Kergourlay (1926-2015), infirmier et coureur à pied »

[modifier] 12 Kelou maro an Erge-Vras

« ERGUÉ-GABÉRIC - PLONÉIS - DRAVEIL - PONT-L'ABBÉ. Nous avons l'immense douleur de vous faire part du décès de M. François LE STER survenu à l'âge de 85 ans. De la part de son épouse, Jeannine, née Le Talidec ; ses enfants ... », Le Télégramme, 28.02.2015.

Il est des fins de semaine où les avis mortuaires apportent de la tristesse. Ainsi les deux derniers week-ends où deux grands sportifs « du cru » nous ont quitté.

Fanch Ster, décédé la semaine dernière, sera enterré mardi 3 mars en l'église paroissiale d'Ergué-Gabéric. Tous les habitants du village de Stang-Venn, et les sympathisants des Paotred-Dispount seront tous là pour lui témoigner leur amitié et sympathie.

Une page qui se tourne certes. Et l'occasion de proposer ci-dessous la double page d'hommage qui fut publiée dans le livre souvenir des 100 ans des Paotred en 2013 : « Né à Stang-Venn en 1930, fils d'un père boulanger trop vite disparu, François épouse Jeanine en 1959. Ils donneront toute leur vie à l'alimentation de la Vallée-Blanche. Les voyages, les 35 heures, ce n'est pas pour eux. À 16 ans, « Fanch » signe sa 1ère licence : il sera gardien de but de l'une des deux seules équipes qui forment le club des Paotred. ».

L'autre grand sportif, enterré lundi dernier, est Jean Kergourlay, coureur à pied dans sa jeunesse. L'un de ses amis témoigne : « Jean Kergourlay était de Kervian, pas loin de Penn Carn. C'était un excellent coureur à pied, assez renommé dans la contrée, et je crois savoir même champion de Bretagne, ou alors bien placé. Il serait peut-être intéressant de connaître un peu mieux son palmarès. J'étais assez jeune alors, donc je ne suis pas certain. Puis je l'ai côtoyé à Gourmelen, où il était aussi infirmier. Il habitait au Rouillen, et avec son épouse il avait monté un petit commerce de fleurs. »

Un appel est lancé :

  • Jean Kergourlay fut-il champion de bretagne ?
  • En quelle année et pour quel type de course ?
  • Toute aide et/ou témoignage sont bien-sûr les bienvenus.

En savoir plus : « Fanch Ster (1930-2015), commerçant et gardien de but des Paotred-Dispount », « Jean Kergourlay (1926-2015), infirmier et coureur à pied ».     Billet du 01.03.2015

[modifier] 13 Assaut de Souchez en Artois

« Le peuple des paysans ne fournit pas, ou peu, d'officiers. Ergué-Gabéric n'échappe pas à la règle. Toutefois, il arrive qu'un fils de paysan s'émancipe. Ainsi Jean Louët ... », Jean-François Douguet, 07.2014.

Jean Louët, né le 28 novembre 1874 au village de Keranroué en Ergué-Gabéric où ses parents étaient simples cultivateurs, est un militaire gradé, décoré de la Légion d'Honneur pour acte de courage lors de la Bataille d'Artois en mai-juin 1915 : c'est ce que nous détaillent son dossier dans la base de données « Léonore  » et le Journal de Marche et Opération de son Régiment sur le site « Mémoires des Hommes ».

Après son service militaire en 1898, il entre dans la Garde Républicaine où il est successivement élève garde à pied, garde à pied le 8 décembre 1899, brigadier à pied, puis maréchal des logis. En octobre, incorporé au 97e Régiment d'Infanterie, il est promu sous-lieutenant, qualifié « à TT » (à titre temporaire). Ce grade voulait dire qu'il est jugé capable de remplir cette fonction par son encadrement, mais que les circonstances ne permettent pas de suivre la procédure administrative.

Le 9 mai 1915, il est en Artois au nord d'Arras, près du village de Souchez. Après le tir de 1 200 canons, l’assaut est donné, mais les soldats français sont nombreux à s’effondrer face aux mitrailleuses allemandes. Ce jour-là Jean Louët sera blessé lors de l'assaut de Souchez, la première « par éclat d'obus à la main droite », et la seconde « d'une balle au bras gauche avec fracture esquilleuse de l'humérus ».

Il sera nommé quelques jours plus tard Chevalier de la Légion d'Honneur et reçoit la « croix de guerre avec palme », avec cette citation : « Véritable entraineur d'hommes. A le 9 mai 1915 conduit avec une remarquable ardeur ses hommes à l'assaut des tranchées ennemies. Blessé à la main au début de l'action, a conservé son commandement. A été gravement blessé au delà de la 3e ligne ennemie. »

Le Journal de Marche et d'Opérations du 97e Régiment d'Infanterie atteste bien que les troupes du 2e Bataillon de Jean Louët a bien réussi son assaut : « À 10 heures, débouché des unités de 1ère ligne, suivie rapidement des unités de renfort, tandis que le 3ème Bataillon vient de suite occuper les emplacement prises et dépassées (10h20). Le passage des 3 lignes de tranchées allemandes et du terrain en arrière, couvert de boyaux et de rameaux [...] À 11 heures, arrivé au Cabaret Rouge des premiers éléments du 97e. »

Manifestement Jean Louët n'est pas revenu former une famille dans sa commune de naissance, il est décédé à 52 ans en 1926 dans le département des Hautes Alpes. A-t-il laissé des descendants qui pourraient nous en apprendre plus sur sa vie bien remplie ?

En savoir plus : « Jean Louët (1874-1926), sous-lieutenant du 97e RI », « Espace des Poilus sur GrandTerrier ». Billet du 21.02.2015

[modifier] 14 Dans la fosse des Comores

« Quant à l'histoire du Cœlacanthe, c'est une grande aventure. Ce poisson Crossoptérygien n'était connu que des paléontologistes qui tenaient sa famille pour éteinte depuis le Crétacé », Yves Coppens, Pré-ambules : Les premiers pas de l'homme.

Croquis de Laurent Quevilly publié dans « Mémoires parallèles », Gwenn-Aël Bolloré, Editions Jean Picollec 1996 ~ Billet GT du 07.02.2015
Croquis de Laurent Quevilly publié dans « Mémoires parallèles », Gwenn-Aël Bolloré, Editions Jean Picollec 1996 ~ Billet GT du 07.02.2015

Tout gabéricois qui se respecte, né avant les années 1970, sait encore aujourd'hui ce qu'est un cœlacanthe pour avoir vu ce poisson légendaire et ses immenses œufs, conservés au Musée océanographique d'Odet, du vivant de son fondateur et capitaine au long cours, Gwenn-Aël Bolloré. On croit même, à tort bien sûr, que ce dernier en est le premier découvreur, mais en fait depuis 1938 des scientifiques sud-africains et anglais ont décrit les premiers spécimens pêchés en eaux profondes.

En 1974 Gwenn-Aël Bolloré, qui a participé deux ans plus tôt à une mission scientifique du professeur Jean Anthony aux Comores (avec la pêche de deux cœlacanthes identifiés sous les numéros 70 et 71), publie ses réflexions sur les théories de l'évolution et son journal de bord, sous le titre « Evolution et pêche au cœlacanthe ». Et l'année suivante la revue Historama en édite un résumé : « Histoire de l'évolution : le cœlacanthe, fossile vivant mais inexplicable » .

En 1976 Jean Anthony, breton également, né à Chateaulin en 1915, fait paraître l'histoire complète de sa découverte, et décrit ainsi l'arrivée de son ami Bolloré : « 8 janvier. Dans une heure, l'effectif de l'équipe aura doublé. Gwenn-Aël Bolloré et Quentin Bone (" british marine biologist ") vont débarquer vers 10 heures de l'avion de Dar es Salaam. Inutile de les présenter l'un à l'autre, ils ont fait connaissance dans les nuages - Bone a dû repérer Gwenn-Aël Bolloré à sa casquette de marin - et se montrent pleins d'entrains en dépit d'une fin de traversée pénible. ».

En 1981, lors d'un reportage des équipes de FR3, Gwenn-Aël nous explique, dans son musée, devant des œufs et un cœlacanthe conservés dans du formol : « On ne savait absolument pas comment les cœlacanthes se reproduisaient, on ne savait pas s'ils étaient ovipares ou vivipares. En fait ils sont ovo-vivipares, ça veut dire qu'ils ont des œufs, et que les œufs éclosent à l'intérieur du cœlacanthe. Et ces œufs sont extraordinaires de par leur taille, car ils sont gros comme une grosse balle de tennis, ce qui exceptionnel pour des poissons. »

En savoir plus : « BOLLORÉ Gwenn-Aël - Evolution et pêche au coelacanthe », « Le coelacanthe, fossile vivant, expliqué par G.-A. Bolloré, Historama 1975 », « ANTHONY Jean - Opération Coelacanthe », « CHANTREL Maette - Les crabes de l'Odet, un musée pas comme les autres », « ANTHONY Jean - Opération Coelacanthe », « BOLLORÉ Gwenn-Aël - Mémoires parallèles »

Nota : aujourd'hui encore on s'interroge sur les origines du cœlacanthe, soit par exemple dans la revue scientifique « BioEssays » (Volume 35, Issue 4, pages 332–338, April 2013), cet article en anglais « Why cœlacanths are not ‘living fossils’ ».

[modifier] 15 Nouvelles technologies du 19e

« L’apparition du reportage est liée à la mise au point du télégraphe électrique et d’un système de transmissions rapides, sans lequel les journaux ne pourraient pas utiliser des récits écrits à l’autre bout du monde », Serge July, Dictionnaire amoureux du journalisme, 2015

Quimper, contrairement à Brest, n'a pas eu la chance d'avoir son télégraphe aérien à la fin du 18e siècle. Les 580 km de la ligne Paris-Brest furent achevés en 1799. Elle était faite de petites tours carrées en pierre appelées « exhaussements », servant de relais, avec à leurs sommets un appareil muni de bras de bois articulés et mus par une manivelle, dont la position formait des figures constituant un code que le veilleur de la tour suivante devait reproduire.

Par contre en 1853 une vraie ligne de télégraphe dit électrique fut réalisée entre Nantes-Quimper-Brest, avec un fil tendu entre des poteaux, et cette technique utilisant le code Morse permit la généralisation les émissions et réceptions de télégrammes.

Et Jean-Marie Déguignet s'est interrogé sur cette nouvelle technologie dans ses Mémoires de paysan bas-breton, dans un texte d'antologie : « Voilà encore une chose qui donnait du travail à mon esprit, qui ne pouvait rien voir sans chercher de suite la raison d'être, le pourquoi, l' x comme disent les mathématiciens ».

Il faut dire que ses concitoyens, le maire de Kerfeunteun y compris, étaient plutôt dépassés :

« il me dit que le fil de fer posé entre Brest et Quimper servait à porter les nouvelles, que ces nouvelles étaient écrites sur un petit morceau de papier qu'on entrait dans le fil, on soufflait dessus puis aussitôt il était rendu à l'autre bout.
- Mais, j'ai vu les ouvriers couper le fil, lui dis-je, et il n'était pas creux.
- Non, dit-il, mais le papier fait le creux en passant.
 »

Jean-Marie Déguignet, avec son sens de l'expérience pratique, tente alors d'appréhender la vérité en grimpant en haut d'un poteau télégraphique ...

Quant au chemin de fer, que les habitants de Quimper et d'Ergué-Gabéric ne verront que dix ans plus tard en 1863, l'imagination était aussi vive pour se le représenter : « le maire me dit que c'était un chemin tout en fer, le fond, les deux côtés en forme de murailles et le dessus. C'était comme une grande boîte dans laquelle on mettait des voitures attachées l'une à l'autre, et dans la dernière, on mettait le feu ; alors, toutes se sauvaient comme ayant le feu au derrière ("an tan en o reor" en breton). »

En savoir plus : « Apprentissage des nouvelles technologies selon Jean-Marie Déguignet »

Billet du 31.01.2015


En guise de compléments, voici deux articles de journaux :

Image:Right.gifImage:Spacer.jpgen 1899, l'histoire d'une ligne téléphonique privée de 34 kilomètres entre les deux usines à papier de l'industriel Bolloré : « Vandalisme sur la ligne téléphonique privée Odet-Cascadec, Union Agricole 1899 »

Image:Right.gifImage:Spacer.jpgen 1911, la protestation des agriculteurs gabéricois contre la ligne qui allait traverser leurs terres, avec comme avantage de desservir la papeterie d'Odet : « Contre la ligne de chemin de fer de Briec à Ergué-Gabéric, Progrès du Finistère 1911 »

[modifier] 16 À la défense de Paris en 1871

« Né d'une honorable famille de cultivateurs d'Ergué-Gabéric, Cuzon était bien réellement le fils de ses œuvres », Le Finistère, 1880.

"Le siège de Paris", Jean-Louis-Ernest Meissonier
"Le siège de Paris", Jean-Louis-Ernest Meissonier

En 2007 Henri Chauveur, dans le cadre de l'association Arkae, avait déjà publié un article détaillé sur ce jeune militaire breton, natif de Bohars en Ergué-Gabéric, décoré du titre de Chevalier de la Légion d'Honneur. À l'époque nous n'avions que peu d'informations sur les faits d'armes en pleine guerre de 1870-71 qui lui avaient valu sa décoration. Aujourd'hui, un article découvert par Pierrick Chuto, publié le 24 novembre 1880 dans le journal « Le Finistère » pour rendre compte du décès de Pierre-Marie Cuzon, nous en apprend un peu plus.

Grâce au témoignage de l'officier présent à l'enterrement, l'article nous explique la préparation des bastions et batteries tout autour de la capitale les bombardements près du fort de Vanves, opérations pendant lesquelles Pierre-Marie Cuzon était présent : « Employé d'abord sous les ordres du capitaine Denis à l'armement des bastions 43, 44, 45 et 46 de l'enceinte continue, Cuzon suivit cet officier au poste d'honneur qui lui était assigné en avant du fort de Vanves. »

Affecté donc au départ entre les portes de Clichy et d'Asnières, il rejoint ensuite une batterie située plus au sud entre le fort de défense de Vanves et les canons prussiens des hauteurs de Chatillon-Montrouge: « Pendant la première journée du bombardement (qui dura 23 jours sans interruption), 45 servants furent tués ».

Après les décès successifs des commandants de sa batterie, le soldat gabéricois en prit la direction : « Ainsi Cuzon, dans deux circonstances exceptionnelles en face de l'ennemi, a commandé une batterie de siège et a su imprimer à ses hommes le sentiment du devoir en les maintenant autour des pièces, malgré un feu meurtrier de la part de nos adversaires ».

Et les honneurs militaires lui furent attribués après guerre : « Cuzon fut récompensé de sa belle conduite par la croix de chevalier de la Légion d'honneur ». À quelle date reçut-il cette récompense ? Dans son dossier il est question du décret du 11 janvier 1871, mais cela est peu probable, car il participa aux combats qui durèrent jusqu'à la signature de l'armistice le 28 janvier : « dirigeant encore un feu meurtrier sur l'ennemi, alors que les forts de Vanves et d'Issy avait cessé la lutte » ; « il reçut une égratignure du dernier coup de canon tiré par l'ennemi. » Après la défaite contre l'armée prussienne, il ne resta pas dans les rangs des « militaires Versaillais » en prise avec les « fédérés communards », il rejoignit son corps de la Marine et la Cochinchine.

En savoir plus : « Mort de Pierre-Marie Cuzon héros de la guerre de 1870, Le Finistère 1880 », « Pierre Marie Cuzon, Chevalier de la Légion d'Honneur (1871) »

Billet du 25.01.2015

[modifier] 17 Les héritiers du Cleuyou n° 2

« Votre mérite et les services que vous avez rendus à la cause commune exigent que tout ce qui vous appartient, soit mis sur un pied à part : que votre père doive cette distinction au mérite du fils », William Windham, Londres, 28 oct. 1794

Comme nous l'avions évoqué il y a trois semaines dans un billet sur les premiers héritiers déclarés après la Révolution de 1789, le manoir du Cleuyou fut vendu comme « bien national », confisqué à son détenteur noble émigré, François-Hyacinthe de Tinténiac. Nous savons aussi que le fils de ce dernier était un officier chouan mort à Coëtlogon d'une balle tirée par un soldat de la République pendant le débarquement anglais de Quiberon en 1795.

Mais que sait-on plus précisément sur cette famille et son rapport exact au manoir du Cleuyou en Ergué-Gabéric, proche de la ville de Quimper ? Pour le savoir nous avons bénéficié de l'aide précieuse de Bernard Baffait qui, pour bâtir sa saga historique du Chevalier Kerstrat, a rassemblé un impressionnant fonds documentaire sur les Tinténiac et leurs contemporains en cette fin du 18e siècle.

Image:Right.gifImage:Spacer.jpgTout d'abord nous découvrons que l'oncle de l'émigré insurgé du Cleuyou est décédé en 1760 au chateau et qu'il fut inhumé dans l'église paroissiale d'Ergué-Armel, et non dans le cimetière, ce qui était devenu rare et attestait d'un droit à enfeux réservé aux familles nobles importantes.

Image:Right.gifImage:Spacer.jpgEn 1757 le marquis de Tinténiac, neveu du précédent, s'illustre lors de la défense du port de Lorient contre les anglais pendant la guerre de 7 ans : ce « Tinténiac, qui en 1757 sous Louis XV, à la tête de ses Bretons, contribua pour sa grande part à repousser les troupes britanniques qui voulaient s'emparer de Lorient ».

Image:Right.gifImage:Spacer.jpgFrançois-Hyacinthe, héritant du domaine du Cleuyou par son oncle et habitant par ailleurs son bel hôtel particulier quimpérois, se lance dans la contestation des idées nouvelles de la Révolution, et même avant il signe en 1789 la protestation des 800 nobles de Bretagne et du Comté Nantais contre la décision royale de suspendre les États de Bretagne du Parlement de Rennes.

Image:Right.gifImage:Spacer.jpgEn 1791 le père et le fils Vincent font semblant d'organiser une partie de chasse au manoir de Trévarez, en invitant tous les insurgés nobles de Basse-Bretagne.

Image:Right.gifImage:Spacer.jpgFin octobre 1794, contraint d'émigrer à l'étranger, François-Hyacinthe rejoint son fils et sa fille à Londres, où il arrive dans un état de dénuement complet, tout du moins si l'on en croit son témoignage dans sa lettre au ministre William Windham : « Je suis arrivé ce matin à Harwich à pied, n'ayant qu'une demie guinée. [...] Je ne puis me présenter chez vous, Monsieur, dans ce moment, n'ayant qu'une chemise que je porte depuis un mois, après avoir épuisé tous mes moyens de subsistance pour moi et mon domestique, qui ne m'a pas quitté dans mes malheurs. »

En savoir plus : « Noblesse de Tinténiac propriétaire du manoir du Cleuyou avant la Révolution », « BAFFAIT Bernard - Le Chevalier Kerstrat, Chouan des Lumières », « CLOHARS-CARNOET G. (de) - Le chevalier de Tinténiac et la chouannerie », « MACÉ DE VAUDORÉ Jean-François (de) - Noblesse de Bretagne et du Comté Nantais », « PÉRON Goulven - Le clergé de Laz de 1754 à 1800 »

Billet du 18.01.2015

[modifier] 18 Marseillaise en langue bretonne

« Halo bugale demeuz ar Vro, Devez ar gloar zo aruet, Enep demp euz ar goazkerezo, An drapo goaduz zo savet (bis) [...] D'an armou ! bourc'hizien, krouet ho pandenno, Kerzomp (bis) eur goad 'hudur var hon irvi redo ! »

Cette semaine il n'y aura pas le billet habituel du GrandTerrier.

Tout d'abord parce que le sujet qui était prévu aurait eu une mauvaise résonance avec l'actualité nationale.

Et puis parce que tout simplement, par solidarité, nous préférons brandir le crayon et l'humour de Charlie.

« Il faut rire avant que d'être heureux, de peur de mourir sans avoir ri », [La Bruyère, IV]

« Il faut rire de tout. C'est extrêmement important. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans. », [Pierre Desproges]

Rire de tout et de tous sans exception, de Mohammed, des Cathos, des Belges, des Juifs, des Communistes, des Américains, ... et même des Bretons.

Et pour finir, quand bien même on serait un peu pompette et sonné par les évènements, on ne vous fera pas l'affront de « chanter la marseillaise en breton », on préfère entonner avec vous la version combative et humaniste du chansonnier Pierre Ménager :

Allons les enfants de la France,
Le jour de gloire est arrivé.
Dans le ciel couleur d’espérance
L’Étendard de justice est levé
L’Étendard de la fraternité.
La République nous appelle
Debout peuple fier et rebelle,
Nous vaincrons l’injustice et la peur.
Aux tyrans arracherons des pleurs.

Billet du 10.01.2015

[modifier] 19 Kannadig ar bloavezh mat 2015

« Bloavezh mat d'holl dud an ti-mañ, Bloavezh mat digant GrandTerrier ! Levenez d'ar re yaouankañ. D'ar re gozh, yec'hed, buhez. D'ar mevel, kalon d'al labour. 'Pad ar bloaz ur vestrezig ! D'ar plac'h a di kant servijour, Ra 'do buan ur gwazig », "20 chansons populaires", 1936, François Jaffrenou

Que les souvenirs de l'année 1915 servent à bâtir une superbe année 2015, faite de coups de cœur, de sérénité, de surprises, de rigolades, d'allégresse ...

Ha petra c'hoaz ? What else ? As the New Year dawns, we all hope it is filled with the promises of a brighter tomorrow. Und wünsche allen ein glückliches une gesundes neues Jahr 2015.

Voici donc le petit Kannadig trimestriel de 30 pages, avec sa 1ère de couverture remodelée, et à son sommaire tous les articles et billets publiés depuis octobre dernier :

  • 2e de couv - Photo-énigme et table des matières
  • p. 1-2 - La Grande Guerre d’Ergué-Gabéric et des Cornouaillais
  • p. 2-4 - Les pécules de sœurs de poilus morts pour la France
  • p. 4-8 - Les héritier(e)s du manoir du Cleuyou au 19e siècle
  • p. 9-10 - Contre le travail du dimanche à Odet-Cascadec
  • p. 11-12 - Le scandale clérical du Frère des Ecoles Chrétiennes
  • p. 13-15 - Le procès d’Yves Pennec, sorcier voleur et dépensier
  • p. 15-18 - Roman historique de Geslin, chouan noir de Pennarun
  • p. 18-22 - Une institutrice bonne et douce à l’école du Bourg
  • p. 22-23 - Des malles entières de vieilles photos de couples
  • p. 23-25 - Une vierge terrassant un démon à Kerdévot
  • p. 26-27 - Les Bretons, âmes fières et esprits valeureux
  • p. 27-28 - Le pardon et la balade de Pierre Roumegou
  • p. 28-30 - Autret-Missirien écrivain de Lezergué au 17e siècle
  • p. 30 - Le manoir de Lezergué couleurs pastel et aquarelle

Et que dire de la fréquentation du site Internet qui est passé en fin d'année aux couleurs du .bzh : en 2014 vous avez été presque 3 millions de visiteurs uniques ! Soit une moyenne de 7974 par jour ! (6856 l'année précédente)

Cette fidélité et cette progression sont bien sûr énormes et constituent un encouragement à poursuivre l'aventure. Merci !

Lire et imprimer le bulletin : « Kannadig n° 28 Janvier 2015 »

Billet du 02.01.2015