1758-1791 - Rentier de la Seigneurie de Kerjestin des Rohan-Guéméné - GrandTerrier

1758-1791 - Rentier de la Seigneurie de Kerjestin des Rohan-Guéméné

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§ E.D.F.
Un gros registre qui détaille tous les paiements des rentes au notaire royal au nom des détenteurs des villages de l'ancienne seigneurie de Kerjestin, ce pour les années 1758 à 1791.

Documents conservés aux Archives Départementales du Finistère.

Autres lectures : « 1592 - Terres saisies sur les hérétiques près de Quimper-Chateaulin par la Ligue » ¤ « 1802-1809 Le domaine gabéricois de l'Ordre national de la Légion d'honneur » ¤ « 1806-1808 - Evaluation et vente du moulin du Faou » ¤ « 1782 - Sommier des possessions gabéricoises sous le domaine royal de Quimper » ¤ « 1786 - Rattachement des mouvances de Poulduic et Mélennec au domaine du Roi » ¤ « 1426 - Exemptions gabéricoises à la Réformation des fouages » ¤ « La maîtresse-vitre de la chapelle de Kerdévot » ¤ « 1807 - Ventes de convenants à Kerjestin » ¤ « 1798 - Vente aux enchères de Keriou Loquellac » ¤ 

1 Présentation

Le manoir de Kerjestin ou Keristin était, dès le 15e siècle, le siège d'une terre noble. En 1426, lors de la Réformation des fouages, le lieu fut exempté de l'impôt normalement dû par les roturiers : « Manoir de Kerjestin. Yvon le Crom, métayer à Yvon du Faou, exempt ». Cette famille du Fou, seigneurs de Rustéphan en Nizon, avaient leur blason sur la maîtresse-vitre de la chapelle de Kerdévot.

Avec le décès de Jean du Fou, en juin 1492, le domaine de Kerjestin passa dans les mains de sa fille Renée. Cette dernière s’était mariée la même année à Louis III de Rohan, seigneur de Guéméné, et transféra le bien à la famille de Rohan-Guéméné [1]. Sa succession tombe dans la branche des Rohan-Gié, puis des Rohan-Chabot, propriétaires du château de Josselin.

Certains domaines, dont Kerjestin, furent confisqués par la Ligue aux Rohan-Gié, car ces derniers étaient les chefs de la résistance protestante bretonne. À la Révolution, il est généralement indiqué « Domaine de la couronne » dans les procès-verbaux gabéricois d'estimations des biens acquis à la nation. À l'exception d'une seule tenue et de deux bois taillis, l'une à Kerriou-Loquellec, les autres à Stang-ar-C'hoat, lesquels sont réputés avoir comme ancien propriétaire soit « Royan-Chabot du Guéméné » [2], soit « l'émigré Chabot ».

Le présent document est l'imposant rôle rentier [3] de 1758 des terres et villages de l'ancien fief de Kerjestin, le tout sur 23 pages grand format (45 x 30cm) pour la période de 1758 à 1778 et sur 20 pages pour les rentes versées entre 1779 à 1791, ce pour huit lieux-dits gabéricois (Kerjestin, Quenecdaniel, Querriou, Kermoysan, Keranroué, Kerdevot, Kerveguen, Lesouanach) et trois de la commune de St-Evarzec (Kermorvan, Kervihan, Keridran).

La page de couverture mentionne la « Seigneurie de Kerjestin » et le patronyme de ses détenteurs historiques « Rohan-Guéméné » [1], mais précise par contre que le bénéficiaire des rentes est Maitre Charpentier, notaire royal à Quimper. En effet, en cette seconde moitié du 18e siècle, les villages déclarés avaient tous intégrer le domaine royal, comme le confirme le sommier du domaine de Quimper de 1782, et ce depuis avril 1592 quand la « seigneurye de Keristin » fut saisie à l'initiative de la Ligue catholique [4] sur ses propriétaires protestants, les Rohan de Guéméné et de Gié.

Quant aux détenteurs des lieux, tenus à payer annuellement leurs rentes au représentant du roi, on remarquera les premiers d'entre eux, les propriétaires des deux tenues du « manoir de Kerjestin », à savoir Jean Gourmelen [5], et sa femme Françoise le Diguenet [6] qui n'est autre que l'arrière-grande tante du mémorialiste Jean-Marie-Déguignet.

 

Décédé en 1779, c'est son fils, Jean Gourmelen [7] également et né au manoir de Kerjestin, qui prend le relais jusqu'en 1791 et qui rachètera en 1807 le village en tant que bien national transféré temporairement à la Légion d'honneur.

2 Transcriptions 1758-1778

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Reliure

Rentier de la Seigneurie de Kerjestin

Rohan Guéméné

1 - Manoir de Kerjestin

Seigneurie de Kerjestin

Le manoir de Kerjestin possédé cy-devant par Jean Coliou et actuellement par Jan Gourmelen et Françoise le Diguenet sa femme payé par an les rentes cy-après (destaillées) et apretiées pour 9 ans prix suivant par acte du 25e janvier 1758 au raport de Charpentier notaire à Quimper

§ Scavoir

2 - Manoir de Kerjestin (bis)

Le manoir de Kerjestin cy-devant possédé par Louis Cabon et actuellement par Alain Taridec

§ Scavoir

3 - Village de Quenecdaniel

4 - Village de Quenecdaniel (bis)

5 - Village de Querriou

6 - Village de Kermoysan

7 - Village de Keranroué

8 - Autre tenue à Keranroué

9 - Mesme village de Keranroué

10 - Autre tenue au village de Keranroué

11 - Mesme village de Keranroué

 

12 - Village de Kerdevot

13 - Village de Kerveguen

14 - Lesounach

15 - Lesounach

16 - Village de Kermorvan en St Escarzec

17 - Autre village de Kermorvan en St Escarzec

18 - Kervihan

19 - Keridran

20 - Le moulin de Kerjestin

Le moulin de Kerjestin

... payé d'avance de la 1ère année ... suivant la quittance ... Bail du 15 octobre 1757 Germain Le Scoutt meunier de Kergatet et Renée Le Louone sa femme.

Le 7 octobre 1758. Recû pour une année d'avance cy ... 120 lv

Le 6 octobre 1759 recû pour une année d'avance ... à la St Michel an 7 prochain cy ... 120 lv

§ de 1760 à 1774

Ferme renouvellée en septembre 1775 pour six ans seulement aux mêmes conditions à payé 90 l. Rente 60 l. Employé au compte fin 1775.

C'est une simple ferme (signature)

§ de 1775 à 1782

21 - Kermoizan en Ergué gaberic

22 - Une tenue à Kersergué

23 - Village de Quenech Daniel

3 Transcriptions 1779-1791

Reliure

Kerjestin & Rohan Guéméné

Commencé en 1779

A & E ... Rentier 3

N° 128 de l'inventaire

Rentier de Kerjestin

A 185187

R1 - Table

R2 - Manoir de Kerjestin

R3 - 2e tenue de Kerjestin

R4 - Village de Quenech Daniel

R5 - 2e tenue de Quenech Daniel

R6 - Village de Keriou

R7 - Village de Kermoësan

R8 - Village de Keranroué

R9 - 2e tenue de Keranroué

R10 - 3e tenue de Keranroué

R11 - 4e tenue de Keranroué

R12 - 5e tenue de Keranroué

 

R13 - Village de Kerdévot

R14 - Village de Kerveguen

R15 - Lezeounac'h

R16 - Village de Kermorvan en St-Evarzec

R17 - 2e tenue de Kermorvan en St-Evarzec

R18 - Village de Keridran en St-Evarzec

R19 - Moulin de Kerjestin

Moulin de Kerjestin. Ergué-Gabéric.

Heny Le Scout fermier dudit moulin pour bail du 17 février 1775 pour 6 ans, cmmencé à la St-Michel 1775, fini à la St-Michel 1781, doit à chaque terme de St-Michel la somme de 120 lv.

§ de 1779 à 1781

La ferme est renouvellé pour jusques & compris la dernière de 1789 seulement fin du bail de Bruret.

J'ay convenû avec Henry Le Scout et Marie Calvez sa femme meuniers actuels pour continuer la jouissance jusques & compris 1789. En payant au lieu de 120 lv la somme de 160 lv par an pendant les 6 premières années & 120 lv pour la dernière.

§ de 1782 à 1789

Louis Rospape du moulin du Moguer très de Gresquer en Briec, a un moulin de Kermoallic en Elliant au chef de sa femme demande le moulin, il payera 150 lv de ferme. 1er may 1790.

§ de 1790 à 1793

R20 - Lieu de Kervihan en St-Evarzec


4 Originaux

Lieu de conservation :
  • Archives Départementales du Finistère.
  • Cote A187.
 

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5 Annotations

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  1. La maison de Rohan est une famille princière du duché de Bretagne, qui a marqué l'histoire de France. La branche des Rohan-Guéméné est la plus ancienne, issue vers 1375 de Jean Ier de Rohan (1324-1396), vicomte de Rohan, et de Jeanne d'Évreux dite « Jeanne de Navarre » (1339-1409). Elle doit son nom à la ville de Guémené-sur-Scorff (Morbihan) où ils possédaient le fief de Kemenet-Guegant. Leur banqueroute en 1782 marqua les esprits. La plupart des biens de la famille Rohan-Guéméné, tomba dans la branche Rohan de Gié par héritage de cette seigneurie. Les Royan-Chabot qui prendront leur suite en Bretagne, durent émigrer à la Révolution. Alexandre-Louis-Auguste de Rohan-Chabot revint en France pour servir dans les armées napoléoniennes. Généalogie complète des Rohan : Media:ArbreGeneaRohan.txt. [Ref.↑ 1,0 1,1]
  2. Cf Kerriou Loquellac. Rohan Chabot -> L'Haridon. 26 germinal an VI : 1 Q 688, 427 [Ref.↑]
  3. Rentier, s.m. : rôle ou registre des rentes qui étaient dues à un seigneur, à l’État ou à une institution. Source : TLFi. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  4. Ligue, s.f. : alias Ligue catholique, Sainte Ligue ou Sainte Union, nom donné pendant les guerres de religion à un parti de catholiques qui s'est donné pour but la défense de la religion catholique contre le protestantisme. Dans un premier temps, les ligueurs, dont le duc de Guise, dit le Balafré, se veulent de bons et loyaux sujets du roi de France Henri III, du moment que ce dernier défend avec opiniâtreté l’Église catholique romaine. Les choses se compliquent en 1589 à l'intronisation d'Henri IV. En Bretagne la Ligue est conduite par Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur et de Penthièvre. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  5. Jean Gourmelen est né le 9 décembre 1708 à Ergué-Gabéric, et décédé le 18 janvier 1779 à Keristin à l’âge de 70 ans. [Ref.↑]
  6. Thérèse Françoise Déguignet est née le 24 mars 1722 à Ergué-Gabéric, son père et son frère Olivier étant les ancètres de 3e et 4e génération de Jean-Marie Déguignet. Elle se marie le 25 février 1743,avec Jean Gourmelen de Keristin. [Ref.↑]
  7. Jean Gourmelen est né le 21 février 1753 à « Kerjestin manoir » en Ergué-Gabéric. Il décède le 14/12/1816 à Keristin âgé de 64 ans. [Ref.↑]
  8. Comble, s.f. : mesure de capacité pour les grains, probablement la mine comble, c'est-à-dire 6 boisseaux ; source : Dictionnaire Godefroy 1880. En région quimpéroise le terme comble est plutôt donné comme équivalent d'un grand boisseau comble, par opposition à un simple boisseau ras. Soit précisément 67 litres pour le froment, 82 pour le seigle, et 80 pour l'avoine [¤source : Document GT de 1807]. La comble se distincte de la raze[Terme] [Lexique] [Ref.↑ 8,0 8,1 8,2 8,3]
  9. Renable, s.m. : état des lieux, l'adjectif renable ou raisnable signifiant en vieux français « en bon état », et étant dérivé aussi en basse-Bretagne du terme breton « Renabl, plur. -où » pour « inventaire ». Ce renable était pratiqué essentiellement pour inventorier les biens des meuniers lors des renouvèlements de baux. Il y avait le grand renable pour les aménagements extérieurs (les vannes d'amenée ou de fuite, les rigoles ou biefs, les chaussées) et le petit renable dans lesquels étaient inventoriés et valorisés tous les appareils à l'intérieur du bâtiment du moulin (le grand fer, la meule dormante et la meule courante, la roue ou la pirouette, les cordes). Le terme de souche peut être un synonyme de petit renable dans certains documents d'archives. Par extension le terme renable désigne la valeur mobilière du moulin, les meuniers devaient acquitter cette somme lors de leur entrée en jouissance, et la somme leur étant rendue à la fin du bail si le moulin était jugé bien entretenu.  [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  10. Souche, s.f. : ustensiles d'un moulin donné à loué, estimés lors d'un début de bail, avec régularisation de loyer en cas de moins-value ou de plus-value. Autre terme synonyme utilisé en Bretagne : petit renable. Source : Dict. des droits d'enregistrement, Hayet, 1823. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  11. Assignat, s.m. : monnaie sous la Révolution française. Avec le Système de Law, l'assignat est la seconde expérience de monnaie fiduciaire en France au XVIIIe siècle : les deux se soldèrent par un échec retentissant. À l'origine, il s'agissait d'un titre d'emprunt émis par le Trésor en 1789, dont la valeur est assignée sur les biens nationaux. Les assignats deviennent une monnaie en 1791, dont la valeur est le plus souvent comprise entre 2 et 30 sols, et les assemblées révolutionnaires multiplient les émissions, qui entraînent une forte inflation. Le cours légal des assignats est supprimé en 1797. Source : Wikipedia. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]


Thème de l'article : Document d'archives sur le passé d'Ergué-Gabéric.

Date de création : Mars 2013    Dernière modification : 10.11.2017    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]