1540 - Aveu de François Lysyard, seigneur de Kergonan - GrandTerrier

1540 - Aveu de François Lysyard, seigneur de Kergonan

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§ E.D.F.

Sommaire

Autre article : « 1681 - Dénombrement du manoir de Kergonan et dépendances »

[modifier] 1 Introduction

Document conservé aux Archives Départementales de Loire-Atlantique, sous la côte ADLA B 2011/6.

Le travail de transcription complète du document a été effectué par Nathalie Calvez [1].

 

Classé dans les archives d'Ergué-Armel, il a donné lieu à une erreur d'identification d'une famille Liziart au chateau de Kergonan situé à Ergué-Armel, alors qu'il s'agissait du manoir de Kergonan aujourd'hui disparu, à l'est de la commune d'Ergué-Gabéric.

[modifier] 2 Texte partiel

Feuillet 1 :

En notre court de Kempercorentin, en droict fut présent devant nous et, pour ce, personnellement estably, noble homme François de Lysyard, seigneur de Kergonan, lequel a congneu et confessé et, par cestes congnoist et confesser tenir et qu'il tient, prouchement et ligement [2], à foy [3] et debvoir de rachat [4], lors et quant le cas advient, de et soubz notre sire, père légittime et administrateur de nostre bien aymé et très cher filz, le daulphin, duc propriétaire de ce pays et duché de Bretaigne, les héritages, terres, rantes, fyers, court et jurdiction et droictz héritiers qui ensuyvent.

Et premier

Le manoir de Kergonan, o toutes ses issues [5] et appartenances, boys, rabines [6], estaiges, moulins, maesons, jardrins, portes, pourpris [7], courtilz [8], vergiers et ayre, o leurs issues [5], rabines [6] et boys de haulte fustaye y a environ trois journeaulx [8] de terre chaude [9].

Item y a soubz le boys taillerz dudit manoir, environ quatre journeaulx [10] de terre chaude [9].

Item, y a en terre chaude [9] audit manoir, environ saeze journeaulx [10] et demye de terre. Et, soubz pré fauchable, y a environ sept journeaulx [10] de faucher.

Item, la mettayre noble dudict manoir, o sa garene noble, appellée Goarem Lisiard. Quelle mettayre tin aultreffois Gueguen le Guenn, soubz ledict seigneur, pour empoier la quarte gerbe des bledz d’icelle metteayre et, à présent tient ledit seigneur. Soubz laquelle mettayre, o ses maisons, crèches, portes, pourpris [7], coultilz [8], vergiers et aire, o l’issue en l’entour, y a ung demy journeau [10] de terre chaude [9].

Item, y a en terre chaude [9], en ladite mettayre, envron neuff journeaulx [10] de terre. Et en pré fauchable, y a environ ung journeau [10] de faucher.
Valantz, par chacun an, lesdits manoir et mettaire, par commune estimacion, y comprins lesdits moulins, la somme trante livres monnoye [11] et sexante renées [12] de bleds. Scavoir : tiers et tiers fourment, seigle et avoene. Et pour ce …… xxx £ Lx reñ de blé.

Item, y a, en ladite garene, appellée Goarem Lisiard, environ dix journeaulx [10] de terre froyde [13], y comprins le pré non fauchable y estant.

Item, les lieux, estaiges, tenues et convenant, esquieulx desmeurent Guillaume Conan, Guilaume Dazlour, Guillaume le Baron, Yvon le Guillou, o villaige et manoir de Kergonan, soubz lesquieulx estaiges, o leurs maisons, creches, portes, pourpris [7], courtilz [8], vergiers, fours et ayres, o leur yssue [5] en l’entour, deux journeaulx [10] de terre chaude [9].

Item, y a en terre chaude [9], esdits lieux, tenuez et convenant, environ vignt deux journeaulx [10] et demy et, en terre froyde [13], y a environ six journeaulx [10] de terre, comprins les prés non fauchables, y a environ cincq journeaulx [10] de faucher. Et ce, pour empoier, par chacun an, audit seigneur de Kergonan, la quar-

 

Feuillet 2 :

te gerbe des bleds desdits lieux sur mentionés, avecques la somme de trante soulz monnoye [11] à chacun terme de sainct Michel, pour paisturaige des corvées acoustumés. Et pour ce …… xxx bb ° la quarte gerbe de chacun desdits lieux.

Ferantz, lesdits manoirs, mettayre et lieux et convenant sur déclairés, d’ung endroict, sur la ripvière d’Odet, d’aultre endroict sur le grand chemin qui mesne du bouch de Coray à la ville de Kempercorentin. Et de toutz aultres endroicts sur terres des appartenances des villaiges de Kernauther, Quelenec, Kerlevyou, Keransaulx et parc an Fancquic, estant situés en la paroesse d’Ergué Guabéré.
Sauf lesdits lieux esquieulx demeurent Guillaume le Baron, Guillaume le Dazloux et, dessus ladite mettayre noble, le nombre de quatre quarterons froment et ouict deniers monnoye [11] de cheffrante [14], ou ce fye, à chacun jour de la Chandeleur, les venant demander celluy jour, esdits lieux.

Item, congnoit, ledit seigneur de Kergonan, tenir ledit manoir, o les lieux esquieulx desmeurent Guillaume Conan et Yvon Guilou, oudit lieu de Kergonan, o les moulins dudit manoir. Et pour tout, tant que ledit Lisiard a eu, en la parroesse de Ergué-Gaberé, à cause de la succession de sa mère, soubz la seigneurie de ramaige de Guergorlay. Et à cause desdits héritages subvient, à la maesure dudit Guergorlay et non aultrement procédés à la cour du roy, sans mandement.

(…)

Feuillet 18 :

droictz et debvoirs, faire les foy et hommaige [3] et les faire obbéir, servir et faire les corvées audit seigneur usez et accoustumez, en checun terrouer.

Par causes desquelles choses et checune cy devant declairés en ce présent aynu, par notre court de Kaempercorentin, (...) le quatorziesme jour de may, l'an mil cincq centz quarante.

Le Moign, passé. Varzec, passé.

[modifier] 3 Transcription complète

[modifier] 4 Annotations, commentaires

  1. Nathalie Calvez, titulaire d'un DEA d'histoire médiévale, est une historienne et archiviste itinérante. Produit en 1990 une maîtrise intitulée « La noblesse en basse Cornouaille aux XVe et XVIe siècles », puis en 1991 son mémoire de DEA « Les manoirs dans la châtellenie de Quimperlé, d'une réformation à l'autre (1426-1536) », à l'UBO de Brest, sous la direction de Jean Kerhervé. Travaille en 1996 sur la BD « Histoire de Quimper » de Luc Duthil et Alain Robert. En 2003-2010, classe les archives municipales de plusieurs communes du Finistère (Ergué-Gabéric, Plouigneau ...). Commissaire d'exposition sur le volet local de Quimper de l'exposition nationale « Finances publiques, finances locales, de Philippe Le Bel à nos jours » (1991-1992). [Ref.↑]
  2. Ligence, ligance, s.f. : état de celui qui est lié à son seigneur, qui lui a engagé sa foi ; vassalité hommage lige, l'obligation de cet hommage, et, selon Ragueau, qualité d'un fief qu'on tient nuement et sans moyen d'un seigneur, en raison de quoi on devient son homme lige (Dictionnaire Godefroy 1880). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  3. Foi et hommage, s.f. et s.m. : le vassal devait la foi et l'hommage, lorsqu'il entrait en possession de la terre, et lorsque le seigneur le demandait. La foi traduisait un lien personnel ; l'hommage, une reconnaissance du fief (Dict. de l'Ancien Régime). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 3,0 3,1]
  4. Rachapt, rachètement, s.m. : en terme de coutume droit du au seigneur à chaque mutation du fief (dictionnaire Godefroy 1880). Droit du au seigneur par un nouveau tenancier après une succession qui est appelé également relief ou rachat des rentes. La somme à laquelle est estimé le revenu d'une année du fief qui doit le droit de relief (Dict. de l'Académie). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  5. Issues, issue, s.f. : terre non cultivée d'un village servant à la circulation entre les habitations, les chemins et les champs ; les issues communes de villages pouvaient être utilisées par les plus pauvres pour faire "vaguer" leurs bestiaux ou ramasser du bois pour se chauffer. Lorsqu'un village est tenu en domaine congéable, les "issues et franchises" peuvent être incluses dans les aveux de déclaration des droits et rentes. Les inventaires et dénombrements contiennent également l'expression "aux issues" qui désigne l'éloignement par rapport au centre du village. Dans les descriptifs d'habitations, le terme "issues" désigne les portes et accès. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 5,0 5,1 5,2]
  6. Rabine, s.f. : allée de grands arbres plantés sur l'avenue d'une maison de noblesse et de quelque monastère ; source : Dom Pelletier. Ce mot existe en breton avec la même prononciation ; source : dictionnaire gallo de cc-duguesclin. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 6,0 6,1]
  7. Pourpris, s.m. : enceinte, un enclos et parfois une demeure, dans la France de l'ancien régime. La réalité désignée dépasse celle d'un simple jardin en ce qu'elle recouvre les différents éléments d'un domaine physiquement bien délimité et fermé (mur, fossé, etc.). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 7,0 7,1 7,2]
  8. Courtil, curtil, s.m. : jardin potager. Du bas latin cohortile, dérivé de cohors (voir Cour). Jardin, cour, enclos (Dictionnaire de l'Académie). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 8,0 8,1 8,2 8,3]
  9. Terres chaudes, s.f.pl. : terres cultivables, par opposition aux terres froides ; exploitées en rotation triennale, soit blé noir, seigle, avoine [¤source : Jean Le Tallec 1994]. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 9,0 9,1 9,2 9,3 9,4 9,5 9,6]
  10. Journal, s.m. : ancienne mesure de superficie de terre, en usage encore dans certains départements et représentant ce qu'un attelage peut labourer dans une journée [¤source : Dictionnaire de l'Académie]. Le journal est la principale unité de mesure utilisée pour calculer les surfaces dans les inventaires. Dans la région quimpéroise un journal vaut 48,624 ares, à savoir 80 cordes. Dans les documents on trouve les expressions « journée à homme bêcheur » ou « journée à faucheur », cette dernière valeur étant équivalente à 2 journaux de laboureur, soit presque un hectare. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 10,00 10,01 10,02 10,03 10,04 10,05 10,06 10,07 10,08 10,09 10,10]
  11. Monoie, Monnoye, adj : un sol monoie désigne une petite pièce de monnaie faite de billons, c'est-à-dire de cuivre, tenant un peu d'argent, mais plus ou moins, suivant les lieux (Encyclopédie Diderot). Existence de « livres monnoie » et de « deniers monnoye » à signaler également, en complément des « livres tournois ». [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 11,0 11,1 11,2]
  12. Renée, s.f. : sorte de mesure ; se rencontre encore au 18e siècle dans des textes de Bretagne : renée dont le vingt et quatre font le tonneau (1732, Baronie du POnt, Arch. Finist.). Source : Dict. Godefroy 1880. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  13. Terres froides, s.f.pl. : terres pauvres mises en culture de loin en loin parfois après un brulis, par opposition aux terres chaudes; les terres froides prennent le reste du temps la forme de landes qui servent de pâturage d'appoint, et fournissent divers végétaux utiles : bruyères et fougères pour la litière, ajoncs pour la nourriture des chevaux, genets pour la couverture de la toiture (Jean Le Tallec 1994). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 13,0 13,1]
  14. Chefrente, s.f. : rente perpétuelle payable en argent ou en nature au seigneur suzerain par le détenteur d'un héritage noble. La chefrente était en principe immuable (Yeurch, histoire-bretonne). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]


Thème de l'article : Document d'archives sur le passé d'Ergué-Gabéric.

Date de création : Février 2011    Dernière modification : 26.07.2012    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]