Lexique de bretonnismes repérés dans les mémoires et archives gabéricoises - P - GrandTerrier

Lexique de bretonnismes repérés dans les mémoires et archives gabéricoises - P

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Image:right2.gifPARDONNEURS - Pardonneurs, pluriel : bretonnisme dérivé du pluriel breton Pardonerien pour nommer les personnes assistant à un pardon breton (forme de pèlerinage et une des manifestations les plus traditionnelles de la foi populaire en Bretagne). En français classique le pardonneur est normalement l'ecclésiastique de haut rang qui conduit la procession avec croix et bannières. Mais en langue populaire emprunte de breton, le mot au pluriel désigne l'ensemble des pèlerins assemblés sur le lieu du pardon, généralement une chapelle, dans une démarche pénitentielle et festive. À noter que le grand poète François Villon (1431-1463) utilisait aussi cette même expression dans son poème "Les Repeues franches" : « Venez-y tous, bons pardonneurs, Qui sçavez faire les honneurs, Aux villages, de bons pastez, Avecques ces gras curatez, Qui ayment bien vostre venue Pour avoir la franche repeue ». 
Image:right2.gifPELLGENT - Pellgent, s.m. breton : aurore, évoquant la nuit de Noël, et par réduction la messe basse de minuit. « Oferenn ar Pellgent » : messe de Minuit ; « Nozvezh ar Pellgent » : nuit de Noël ; « Tad Kozh ar Pellgent » : grand père de l'aurore, ou Père Noël. En pays glazik prononcé « Peillient », les lettres ll et g étant "mouillées". 
Image:right2.gifPENN-BAZH - Penn-bazh, sf : bâton de marche qui servait d'arme à l'occasion. Littéralement bout de bâton, désigne le gourdin, à la fois utilitaire, défensif et décoratif qui ne quittait jamais les paysans cornouaillais dans leurs déplacements au 19e siècle. Taillé dans le buis, il présentait à l'une des extrémités un gros nœud de bois garni de clous et à l'autre bout, une lanière permettant de le faire tourner. 
Image:right2.gifPENNTY - Pennty, penn-ti : littéralement « bout de maison », désignant les bâtisses, composées généralement d'une seule pièce, où s'entassaient avec leur famille les ouvriers agricoles et journaliers de Basse-Bretagne (Revue de Paris 1904, note d'Anatole Le Braz). Par extension, le penn-ty est le journalier à qui un propriétaire loue, ou à qui un fermier sous-loue une petite maison et quelques terres, l'appellation étant synonyme d'une origine très modeste. 
Image:right2.gifPILHOÙ - Pilhoù, pluriel de pilh, s.f., collectif pilhenn : chiffons. Un "pilhaouer" est un chiffonnier ou un colporteur qui ramassaient dans les campagnes les chiffons ou autres produits usagers. 
Image:right2.gifPINVIDIG - Pinvidig, adj. : homme riche, opulent, antonyme de "paour" pauvre. 
Image:right2.gifPRATEAU - Prateau, s.m. : du mot breton pradell "petit pré", et peut être du vieux français praetel. Source : R. Bellec (forum CGF). 



Notes

Wikipedia définit comme suit le néologisme introduit en 2010 par l'ouvrage d'Hervé Lossec : « Un bretonnisme désigne une tournure propre à la langue bretonne passé dans la langue française. Il peut s'agir alors d'une forme grammaticale traduite mot à mot et qui peut choquer certains francophones ou d'un mot breton passé dans le français local ».

 

Initialisation du lexique en cours. Toute aide est la bienvenue.

Autres lectures : « Recueil des bretonnismes de Jean-Marie Déguignet » ¤ « LOSSEC Hervé - Les Bretonnismes » ¤ « Bretonnisme du payot » ¤ « KERVAREC Henri - Le parler français de Quimper » ¤ « Etude de Mélanie Jouitteau sur les Bretonnismes »