Les armoiries sculptées des seigneurs de La Marche et de Tréouret à Lezergué - GrandTerrier

Les armoiries sculptées des seigneurs de La Marche et de Tréouret à Lezergué

Un article de GrandTerrier.

Jump to: navigation, search
Catégorie : Patrimoine
 Site : GrandTerrier

Statut de l'article :
  Image:Bullorange.gif [Développé]
§ E.D.F.

Deux pièces d'héraldique monumentale toujours visibles à Lezergué :

  • le sanglier de Marie-Rose Tréouret, épouse de La Marche en 1686, sur la maison d'habitation bâtie en 1930,
  • le chef d'argent des La Marche sur le manoir « Louis XV » érigé en 1770.

Descriptifs des motifs et ornements et origines familiales.

Autres lectures : « Présentation et historique du manoir de Lezergué » ¤ « Les de La Marche, nobles de Kerfort et de Lezergué, 17e-18e siècles » ¤ « 1736-1740 - Défense des droits de fief, de justices et de prééminences pour Lezergué » ¤ « Guy Autret, seigneur de Missirien et de Lezergué (1599-1660) » ¤ « 1739 - François-Louis de La Marche admis comme page de la Petite Écurie du roi » ¤ « 1794 - Inventaire des papiers de François-Louis de La Marche après son décès à Jersey » ¤ « Rdv du ps 2 - Jean Nédélec, le dernier châtelain de Lezergué, OF-LQ 1985 » ¤ « Vidéo de drone au-dessus des ruines de Lezergué, Zrv 2015 » ¤ 

[modifier] Présentation

Ces deux blasons correspondent à des familles nobles locales des XVIIe et XVIIIe siècles. Par contre les occupants nobles précédents, à savoir les Cabellic (la croix potencée) et les Coatanezre (les trois épées), n'ont pas laissé à Lezergué de traces héraldiques sculptées (on trouve par contre leurs blasons respectifs sur les vitraux de la chapelle de Kerdévot et de l'église St-Guinal).

Seuls les Autret de la fin du XVIe auraient gravé un écu écartelé à base de « quatre fasces ondées d'azur » sur une pierre qui aurait disparu au cours du XXe siècle, si l'on en croit le mémorialiste Louis Le Guennec [1] : « Un écusson, encastré dans un talus, est aux armes de Guy Autret de Missirien et de sa première femme, Blanche de Lohéac ».

Dans le même article Louis Le Guennec décrit l'autre blason, bien conservé celui-là (cf. photo), se trouvant au-dessus de la porte de la maison d'habitation construite en 1930 par le métayer Jean Nédélec (alias "Jean Lezergué"). Cette pierre a sans doute été récupérée sur les ruines du château.

Il s'agit des armoiries des Tréouret : « D’argent au sanglier de sable en furie, ayant la lumière et les défenses d’argent. ». Le sanglier est l'emblème héraldique du courage et de l'intrépidité, parce qu'au lieu de s'enfuir comme le cerf, le daim et autres animaux sauvages, il se présente devant les chasseurs pour se défendre.

Le sanglier des Tréouret est de couleur noire (de sable) et ses yeux (la lumière) et ses défenses sont blanches (d'argent). L'écusson est encadré de deux palmes et surmonté des neuf perles d'une magnifique couronne comtale, les Tréouret ayant dénombré plusieurs comtes parmi leurs aïeux.

Louis Le Guennec affirme « C'est par une alliance avec les Tréouret que les La Marche ont eu Lezergué », en héritage des Autret, mais ceci est inexact. On sait aujourd'hui que l'héritier de Guy Autret est son petit cousin Guy de Charmoy, qu'une succession familiale fait passer Lezergué à Jacques du Bot de Talhouet, et ce dernier vend en 1736 Lezergué et ses dépendances au père du constructeur du nouveau manoir, prénommé François-Louis (1691-1738) également.

Par contre, les Tréouret représentent une branche maternelle de Françoise de La Marche, son grand père Louis-René ayant épousé Marie-Rose de Tréouret en 1686.

 

Sur le haut fronton cintré oriental du manoir « Louis XV », un double blason est resté en place. Il est surmonté d'une couronne, orné d'éléments de heaume ou de cimier, et d'une coquille en dessous.

Le blason de gauche, reconnaissable grâce à sa forme en œuf « recapité », est celui des La Marche : « de gueules au chef d'argent », la partie inférieure étant de couleur rouge (de gueules), le tiers supérieur (le chef) étant blanc (d'argent).

Le blason de droite est difficilement identifiable, les motifs étant érodé, mais peut-être le constructeur du château y a exposé le sanglier des Tréouret pour représenter ses quartiers grands-maternels.


[modifier] Sources

Louis Le Guennec, Nos vieux manoirs à légendes :

De l'ancien Lézergué, on ne voit d'autres souvenirs que de deux écussons. L'un, encastré dans un talus, est aux armes de Guy Autret de Missirien et de sa première femme, Blanche de Lohéac. On connaît l'originale et attachante figure de ce gentilhomme cornouaillais contemporain de Corneille, à l'âme héroïque, épicurienne et studieuse, qui avouait goûter, à fouiner les arcanes du passé, « des ravissements incroyables » et qui, ne pouvant imiter les exploits des anciens preux d'Armorique, voulut du moins glorifier ceux-ci dans leurs lignées.

Mais il mourut avant d'avoir parachevé l'œuvre de toute sa vie, et des précieux registres généalogiques dont il tirait vanité au point de se croire le d'Hozier breton, ses ignares héritiers firent du papier à chandelles. le second écusson est blasonné du sanglier des Tréouret. M. Nédélec l'a placé au-dessus de la porte de son habitation. C'est par une alliance avec les Tréouret que les La Marche ont eu Lezergué, mais leur principal personnage, Mgr. Jean-François de La Marche, dernier évêque de Léon, a dû naître à Kerfors.

 

Grégory Floc'h, Lezergué en Ergué-Gabéric (BSAF 2015) :

La façade principale de la maison, formée de deux niveaux carrés et de neuf travées (2-5-2), est scandée par deux avant-corps latéraux, faiblement saillants, couronnées de frontons cintrés, qui accueillent les armoiries ; chaque tympan porte deux blasons, inscrits dans une sculpture rocaille, sommée d'une couronne : on devine, malgré l'érosion, le motif de l'un d'eux (le blason de gauche, du couple occupant le front droit qui a été relevé), grâce à sa forme en œuf « recapité », qui, peint de rouge et de blanc, affirmait les armes des La Marche, « de gueules au chef d'argent ».

L'héritage des Autret-Charmoy-Bot en 1736, cité dans l'inventaire des papiers de François-Louis de La Marche

Procuration du 24 octobre 1736 suivant le contrat de vente du 31 du même mois étant fait par devant les notaires royaux de la sénéchaussée de Quimper au profit de messire François Louis chef de nom et d'armes de Lamarche seigneur dudit lieu chv: de l'ordre militaire de Notre-Dame du Carmel et de Saint-Lazare et de dame Marie Anne du Botmeur son épouse, par messire Jacques du Bot seigneur de Lezergué, Kernaou et autres lieux, des manoirs, terres et seigneuries de Lezergué et Kernaou avec leurs domaines féagistes, censiers, droits et prééminences en dépendants, situés en la paroisse d'Ergué-Gabéric évèché de Quimper. Le dit acte sur velin et attesté et signé des parties en la minute ... grosse et signée de Martin notaire royal controllé en registre à Quimper le 19 novembre 1736.

[modifier] Annotations

  1. Louis Le Guennec (1878-1935) est un archéologue, mémorialiste et historien breton. Dès 1902, il adhère à la Société archéologique du Finistère; il écrivit de nombreux articles pour le bulletin de cette société, dont il devint le trésorier en 1919, ainsi que les comptes-rendus de son activité pour le journal La Dépêche de Brest. En 1919 il s'installe à Quimper, reprenant une librairie du centre ville à l'angle des rues Keréon et de la Halle. En 1924, il succède à Frédéric Le Guyader comme archiviste, puis comme conservateur de la bibliothèque de Quimper, consacrant désormais une bonne partie de son temps à l'écriture et à l'inventaire des chapelles, manoirs et châteaux bretons, en illustrant ses chroniques de ses propres croquis. Il se lie d'amitié avec le chanoine Abgrall, Anatole Le Braz, Charles Le Goffic. [Ref.↑]


Thème de l'article : Patrimoine communal d'Ergué-Gabéric

Date de création : Avril 2011    Dernière modification : 24.09.2021    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]