1860 - Enfance bafouée et abus sexuel dans un fossé de la Croix Rouge - GrandTerrier

1860 - Enfance bafouée et abus sexuel dans un fossé de la Croix Rouge

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§ E.D.F.
L'affaire de mœurs d'un dénommé Mathurin H. détaillée par la transcription du dossier de procès de cours d'assises conservé aux Archives Départementales du Finistère (4 U 168).

Le titre de l'article est inspiré de l'ouvrage inédit de recherche d'Isabelle Le Boulanger publié en avril 2015 aux Presses Universitaires de Rennes : « Enfance bafouée. La société rurale bretonne face aux abus sexuels du XIXe siècle », dans lequel sont passés au peigne fin 349 dossiers de procédures.

Parmi celles-ci l'affaire de Mathurin H., âgé de 21 ans en 1860, maréchal-ferrant, violeur repentant, condamné à « la peine de deux années d'emprisonnement par corps ».

En savoir plus : « LE BOULANGER Isabelle - Enfance bafouée » ¤ « 1832 - L'affaire Jean Le Jaouanc, agresseur de Marie-Anne Le Corre » ¤ « LE DOUGET Annick - Violence au village » ¤ « LE DOUGET Annick - La peine de mort en Bretagne » ¤ « LE DOUGET Annick - Crime et justice en Bretagne » ¤ « Croix Rouge, ar Groaz Ru » ¤ « BOLLORÉ Jean-René - De la métrorrhagie après les accouchements » ¤ 

[modifier] 1 Présentation

À la lecture du dossier de l'affaire « Mathurin », on a l'impression de découvrir une véritable pièce de théâtre d'une époque heureusement révolue où ce qu'on appelait « attentat à la pudeur » serait aujourd'hui qualifié de pédophilie. Pour protéger les éventuels descendants, nous n'avons pas transcrit les noms de la victime et de son violeur.

Les personnages de la scène de viol et du procès :

  • La victime Marie Anne B. (prénommée aussi Marie Jeanne ou Marie Françoise dans certains actes), âgée de 7 ans, habitant chez ses parents à la Croix Rouge, sa mère étant cabaretière, et son père tailleur d'habit.
  • Le jeune violeur Mathurin H. (prénommé Corentin sur l'acte d'accusation), âgé de 21 ans, travaillant à Kerdévot chez son père comme maréchal (ou « taillandier » [1] comme était déclaré ce dernier dans le recensement de 1836).
  • Corentin Provost le commis maréchal-ferrant accompagnant le fils de son patron, cité comme témoin.
  • Le maire, Michel Feunteun, habitant le village voisin de Congallic, immédiatement consulté après les faits.
  • Le docteur en mèdecine René Bolloré (qui quelques années plus tard prendra la direction de la papeterie d'Odet) qui est appelé à « visiter » la petite fille et à faire son rapport pour le procès.
  • Les agents publics de la gendarmerie et de la justice, notamment l'instituteur Jean-Marie Le Grignoux, « interprète de la langue bretonne » mandaté par le juge pour interviewer les acteurs et acteurs de l'agression.

Le scénario et les circonstances relatées décrivent un univers un peu sombre et surprenant :

  • Ruralité : la scène se passe dans un univers marqué par une activité agricole dominante et des métiers d'artisans (maréchal, tailleur d'habit, cabaretière). Ce mardi-là de fin octobre, la petite fille qui n'est pas à l'école (ses frères plus âgés y sont), surveille « le blé noir qui est à sècher » devant la maison familiale.
  • Langue : la langue parlée est le breton et la population ne comprend, ni ne parle le français. Pour tous les interrogatoires la justice passe par un « interprète de la langue bretonne, domicilié de Quimper, lequel a prêté entre nos mains le serment de traduire fidèlement les discours à transmettre entre ceux qui parlent des langages différents ».
  • Religion : l'inculpé est occupé à faire la quête pour le compte de son père qui est « bedeau  », c'est-à-dire fabricien [2], de la chapelle de Kerdévot. Lorsqu'il doit avouer son crime, il confesse sa faute  : « comme je rentrai chez moi Mathurin H. en sortait, pleurant et se lamentant. Je lui ai dit : qu'avez-vous fait ? Il me répondit par ces mots : pardon ! pardon ! ».
 
  • Protection maternelle : comme l'a noté Isabelle Le Boulanger dans son livre, devant les pleurs de sa fille, sa mère est attentive aux effets psychologiques, mais ne cherche pas à savoir s'il y a eu pénétration et déchirure de l'hymen. Elle dit au gendarme « n'avoir point visitée sa petite pour ne point éveiller chez elle des idées fâcheuses, que du reste elle n'avait parue de tien ressentir.  »
  • Médecine : un médecin est dépêché chez la victime sept jours après les faits. Il se trouve que ce docteur en mèdecine n'est autre que Jean-René Bolloré, qui n'a pas encore pris la succession de son oncle papetier à Odet. Il connait bien son sujet car il a présenté en 1850 une thèse intitulée « De la métrorrhagie après les accouchements ». En 1860 sa conclusion est la suivante : « De ses observations on peut conclure qu'une tentative d'introduction d'un corps étranger (membre viril, doigt etc) dans la partie sexuelle de la fille B. ait eu lieu ».
  • Justice : on peut être surpris de la façon dont les interrogatoires insistent sur le fait que « l'enfant répondit que l'individu ne lui avait pas fait mal.  », les faits étant par ailleurs : « il me releva mes jupes, déboutonna son pantalon et en sortit ce avec quoi il pisse et enfin me le mit dans le corps ». La sentence finale est une «  peine de deux années d'emprisonnement par corps », avec dans le délibéré des jurés une mention de « circonstances atténuantes », sans doute pour son repenti.

[modifier] 2 Transcriptions

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Dossier

Cour impériale de Rennes. Département du Finistère. Arrondissement de Quimper. Le ministère public contre Mathurin H., prévenu d'Attentat à la Pudeur.

Chambre d'accusation.
Entré au Parquet du 19 novembre 1860.
Substitut-Rapporteur M. dle Kerbertin
Arrêt de la Cour du 22 septembre

Cour d'Assises.
Président des Assises, M. le Conseiller J.D.Y.
Ministère public, M. Georges Jehuléant, et Perrotin (Y)

Document du 5 novembre 1860

5e légion. Compagnie du Finistère. Arrondissement de Quimper. No de la brigade : 276. Du 5 novembre 1860.

Procès-verbal constatant tentative de viol commis sur la nommée B. Marie Anne âgée de 7 ans, demeurant à la Croix Rouge commune d'Ergué-Gabéric par le ... H. Mathurin né et domicilié du même lieu.

H. Mathurin âgé de 21 né à Ergué-Gabéric le 16 avril 1839, célibataire, fils de Mathurin et de Marie Jeanne Tarridec.

Gendarmerie impériale

Ce jourd'hui cinq novembre mil huit cent soixante à une heure et demie de soir.

Nous soussignés Michaut Nicolas, maréchal des logis chef de gendarmerie et Nédélec Pierre Jean, gendarme à cheval à la résidence de Quimper département du Finistère, revêtu de notre uniforme, et conformément aux ordres de nos chefs, informés qu'une petite fille nommée Marie Anne B. demeurant chez ses parents à la Croix Rouge en la commune d'Ergué Gabéric, avait été l'objet d'un attentat mardi 30 octobre dernier, nous nous sommes transportés au domicile des époux B. père et mère de l'enfant dont il s'agit. Nous avons questionné ce malheureux enfant en y mettant autant que possible la réserve qu'il faut surtout avec un être aussi jeune, elle nous a dit être âgée de 7 ans seulement, puis elle nous a déclaré ce qu'il suit :

§ Mardi 30 octobre dernier vers 11 heures 1/2 du matin ...

Document du 7 novembre 1860

Du 7 septembre 1860. Interrogatoire de Mathurin H. inculpé de viol

Le sept novembre mil huit cent soixante à une heure 1/2 de l'après-midi. Devant nous Juge d'Instruction de première instance de Quimper (Quimper) assisté de Me Eugène Deplanqué, commis greffier,

Est présent en notre chambre d'instruction volontairement l'individu ci-après désigné, à l'interrogatoire duquel nous avons procédé comme suit, par l'organe du sieur Jean Le Grignoux, âgé de 40 ans, interprète de la langue bretonne, demeurant à Quimper, lequel a prêté le serment voulu par la loi :

D. - Quels sont vos noms, prénoms, âge, profession, lieux de naissance et de domicile ?

R. - Mathurin H., 21 ans, maréchal, né à Ergué-Gabéric le 6 avril 1839, demeurant à Pen-à Menez, en Ergué-Gabéric, célibataire, fils de Mathurin H et de Marie Jeanne Tarredec, ne sachant ni lire ni écrire, ne possédant aucun bien, non repris de justice.

D. - Le mardi trente octobre dernier, vers onze heures et demie du matin, à peu de distance du lieu de la Croix Rouge, en Ergué-Gabéric, avez-vous commis un viol, sur la personne de Marie Anne B., âgée de moins de onze ans ?

§ R. - Le jour dont il s'agit, j'ai été en effet près du fossé ...

Document du 7 novembre 1860

Nous soussigné, docteur en médecine, sur la réquisition de monsieur le juge d'instruction de l'arrondissement de Quimper, nous sommes transporté, le 7 novembre, à la Croix Rouge (commune d'Ergué-Gabéric), à l'effet de visiter la fille B., Marianne, âgée de 7 ans, qui aurait été victime d'un viol, le 30 octobre dernier.

§ Après avoir prêté le serment exigé ...

Document du 9 novembre 1860 - 1er témoin

9 novembre 1860. Déposition dans l'instruction contre Mathurin H. inculpé de viol. 1e témoin, Anne Kernévez femme B.

Le neuf novembre mil huit cent soixante à une heure 1/2 de l'après-midi. Devant nous Jean Tameren, Juge d'Instruction de l'arrondissement de Quimper (Finistère), assisté de Me E Deplanque commis greffier et du sieur Jean Le Grignoux âgé de 40 ans, Interprète de la langue bretonne qui a prêté le serment voulu par la loi, s'est présenté en notre Chambre d'Instruction le témoin ci-après lequel nous a représenté la copie de citation à lui donnée par le Bonnaire huissier à Quimper et après avoir prêté serment de dire toute la vérité et rien que la vérité, a par l'organe de l'interprète déclaré sur notre demande se nommer Anne Kernevez, femme B., 39 ans, aubergiste à la Croix Rouge en Ergué-Gabéric, ... et dépose séparément hors la présence du prévenu comme suit :

§ Ce mardi 30 octobre dernier, Mathurin H., fils, ...

Document du 9 novembre 1860 - 2e témoin

9 novembre 1860. Déposition dans l'instruction contre Mathurin H., inculpé de viol. 2e témoin, Marie Jeanne B.

Le neuf novembre mil huit cent soixante à 2 heures de l'après-midi. Devant nous Jean Tameren, Juge d'Instruction de l'arrondissement de Quimper (Finistère), assisté de Me E Deplanque commis greffier et du sieur Jean Le Grignoux âgé de 40 ans, Interprète de la langue bretonne qui a prêté le serment voulu par la loi, s'est présenté en notre Chambre d'Instruction le témoin ci-après lequel nous a représenté la copie de citation à lui donnée par le Bonnaire huissier à Quimper et après par l'organe de l'interprète déclaré sur notre demande se nommer Marie Jeanne B., 7 ans, sans profession, demeurant à la Croix Rouge en Ergué-Gabéric, ... ni domestique ... et dépose séparément hors la présence du prévenu comme suit sans prestation de serment :

§ Un mardi, il n'y a pas longtemps, un peu avant midi ...

 

Document du 9 novembre 1860 - 3e témoin

9 novembre 1860. Déposition dans l'instruction contre Mathurin H. inculpé de viol. 3e témoin, Corentin Provost.

Le neuf novembre mil huit cent soixante à 3 heures de l'après-midi. Devant nous Jean Tameren, Juge d'Instruction de l'arrondissement de Quimper (Finistère), assisté de Me E Deplanque commis greffier et du sieur Jean Le Grignoux âgé de 40 ans, Interprète de la langue bretonne qui a prêté le serment voulu par la loi, s'est présenté en notre Chambre d'Instruction le témoin ci-après lequel nous a représenté la copie de citation à lui donnée par le Bonnaire huissier à Quimper et après par l'organe de l'interprète déclaré sur notre demande se nommer Corentin Provost, 7 45 ans, garçon maréchal à Penamenez en Ergué-Gabéric, au service du père de l'inculpé ... et dépose séparément hors la présence du prévenu comme suit :

§ Il y a huit jours, mardi dernier ...

Document du 13 novembre 1860

Nous soussigné, docteur en mèdecine, sur la réquisition de monsieur le Juge d'Instruction de l'arrondissement de Quimper, nous sommes transporté, le 22 novembre, au palais de justice, à l'effet d'examiner une chemise d'enfant, déposée au greffe, comme pièce de conviction, afin de savoir si elle porte des traces de sperme et de sang.

Après avoir prêté le serment exigé par la loi, on nous a montré une chemise en toile, tellement imprégnée d'urine qu'il nous a été impossible d'y reconnaître des taches spermatiques.

Quant au sang, il n'en existe aucun indice sur le linge soumis à notre examen.

Quimper, le 13 novembre 1860, Dr R. Bolloré.

Document du 25 novembre 1860

Parquet. Cour Impériale de Rennes. Acte d'accusation.

Le Procureur Général près la Cour impériale de Rennes expose que, par arrêt en date du 22 novembre 1860, la Cour a ordonné la mise en accusation et le renvoi devant la Cour d'Assises du département du finistère pour y être jugé suivant la loi de Mathurin Laurent H. âgé de 21 ans, né à Ergué-Gabéric le 6 avril 1839, demeurant au même lieu arrondissement de Quimper, accusé d'attentat à la pudeur, crime prévu par l'article 332 du Code pénal. Déclare le Procureur Général que des pièces de l'instruction résultent les faits suivants :

§ Le 30 octobre dernier, vers onze heures du matin ...

Document du 26 décembre 1860

Aujourd'hui vingt six du mois de décembre mil huit cent soixante.

Nous Louis Eugène Voyer, chevalier de la légion d'honneur, président du tribunal civil de Quimper en l'absence du président de la Cour d'Assises du Finistère, averti que Mathurin H. mis en accusation par Arrêt de la Chambre d'Accusation de la Cour Impériale de Rennes ... et de suite nous avons fait amener devant nous, en la Chambre du Conseil dudit Tribunal de première Instance, 0 Quimper, le dit accusé, et l'avons interrogé ainsi qu'il suit, assisté de Me Auguste Cloarec, commis Greffier soussigné, et par l'organe du Sieur Jean-Marie Le Grignoux, instituteur, âgé de 40 ans, interprète de la langue bretonne, domicilié de Quimper, lequel a prêté entre nos mains le serment de traduire fidèlement les discours à transmettre entre ceux qui parlent des langages différents.

D. Quels sont les vos noms, prénoms, âge, profession, lieu de naissance et demeure ?

§ Mathurin H., âgé de 21 ans, maréchal, né à Ergué-Gabéric ...

Document n° 1 du 9 janvier 1861

Cour impériale de Rennes. Cours d'assises du département du Finistère. Audience du 9 janvier 1861. Déclaration du jury dans le procès criminel instruit contre H. Mathurin Laurent.

1ère Question.

H. Mathurin Laurent, accusé, est-il coupable d'avoir le 30 octobre 1860 commis un attentat à la pudeur consommé ou tenté avec violence sur la personne de Marie Françoise B. ?

Réponse. Oui à la majorité.

§ Question aggravante. 2eme Question ...

Document n° 2 du 9 janvier 1861

9 janvier 1861. L'an mil huit cent soixante et un, le 9 janvier à dix heures du matin.

Monsieur Céran-Joseph Dupue, conseiller à la cour Impériale de Rennes, chevalier de la légion d'honneur, président de la cour d'assises du département du finistère, séant à Quimper, Monsieur Dévasten, juge suppléant faisant fonction de Procureur Impérial, et maitre Auguste Cloarec, commis greffier, se sont réunis dans l'une des salles du palais de justice à l'effet de procéder au tirage des jurés appelés à prononcer dans le procès criminel du nommé Corentin H. accusé d'attentat à la pudeur.

§ Les jurés de la session ont été introduits dans la dite salle ...

La cour, après avoir délibéré, Monsieur le Président a lu le texte de la loi, il a prononcé à H. Corentin qu'il est condamné à la peine de deux années d'emprisonnement par corps aux frais de la procédure et immédiatement il a prévenu le condamné qu'il avait trois jours francs à partir du présent pour se pourvoir en cassation de l'arrêt.

Pendant le tirage du jury et le cours des débats, le sieur Jean-Marie Le Grignoux, âgé de quarante ans, demeurant à Quimper, que Monsieur le Président a nommé d'office pour interprète de la langue bretonne, après avoir prêté le serment voulu par la loi, a prêté son ministère toutes les fois qu'il a été utile.

De tout ce que dessus, il a été dressé le présent procès-verbal.

[modifier] 3 Originaux

Lieu de conservation :
  • Archives Départementales du Finistère
  • Série 4U, Quimper
 

Reférence, droit d'image :

  • Cote 4 U 168
  • Usage privé et restreint.

[modifier] 4 Annotations

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  1. Taillandier, s.m. : artisan, ouvrier qui fabrique les outils et instruments tranchants en fer utilisés dans certains corps de métiers (agriculture, menuiserie, marbrerie, etc.). Source : TLFi. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  2. Fabrique, s.f. : désigne, avant la loi de séparation de l'église et de l'état, tantôt l'ensemble des biens affectés à l'entretien du culte catholique, tantôt le corps politique spécial chargé de l'administration de ces biens, ce au niveau de l'église paroissiale ou d'une chapelle. Les paroissiens trésoriers membres de ce corps étaient les « fabriciens », les « marguilliers » ou plus simplement jusqu'au 18e siècle les « fabriques » (s.m.). Les fabriques sont supprimées par la loi du 9 décembre 1905 et remplacées par des associations de fidèles. Source : site Internet restarhorniou. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]


Thème de l'article : Document d'archives sur le passé d'Ergué-Gabéric.

Date de création : Novembre 2015    Dernière modification : 8.11.2015    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]