SAUVÉ Léopold-François - Lavarou koz a Vreiz-Izel - GrandTerrier

SAUVÉ Léopold-François - Lavarou koz a Vreiz-Izel

Un article de GrandTerrier.

Jump to: navigation, search


Image:LivresB.jpgCatégorie : Media & Biblios  

Site : GrandTerrier

Statut de l'article : Image:Bullgreen.gif [Fignolé] § E.D.F.

SAUVÉ (Louis-François), Lavarou koz a Vreiz-Izel dastumet ha troet e gallek - Personn Erc'hie Vras, Revue Celtique, H. Champion, Paris, 1872, 1878, ISBN N/A
Titre : Lavarou koz a Vreiz-Izel dastumet ha troet e gallek - Personn Erc'hie Vras
Auteur : SAUVÉ Louis-François Type : Livre/Brochure
Edition : Revue Celtique, H. Champion Note : Titre en français : « Proverbes et dictons de la Basse-Bretagne recueillis et traduits »
Impression : Paris Année : 1872, 1878
Pages : 4 Référence : ISBN N/A

[modifier] Notice bibliographique

Ed. 1878

Ed. 1872

Autres lectures : « BRIZEUX Auguste - Furnez Breiz, Trivéder Kerné » ¤ « SAUVÉ Léopold-François - Formulettes et traditions diverses de la Basse-Bretagne » ¤ « Ergué-Gabéric, an Erge-Vras » ¤ « 1809 - Campagne de calomnie contre le desservant François Le Pennec » ¤ « Les vaches bretonnes pie-noir gabéricoises, marques du patrimoine cornouaillais » ¤ 

Cette pièce est la transcription d'une chanson à danser transmise en 1868 par le fossoyeur de Beuzec. Le mémorialiste et employé des douanes Léopold-François Sauvé (1837-1892) [1] nous rappelle qu'Auguste Brizeux [2] a publié une triade similaire, mais plus courte, et nous apprend aussi cette autre façon de prononcer en langue bretonne le nom de la commune d'Ergué-Gabéric, mais sans doute aussi et surtout la réputation de ses habitants au travers du personnage de son curé.

En effet, le treizème vers de ce « kan ha diskan » est consacré à Ergué-Gabéric (ou Grand-Ergué) sous l'orthographe « Erc’hie-Vras », et non pas « Erg(u)e Vras » (et son g dur), le « c'h » étant prononcé ici par un son sourd et "enroué". On n'est finalement pas loin du « Grand-Terrier » de Cassini ! Et le vers suivant est le Petit-Ergué ou « Erc’hie-Vihan ».

Alors que, dans la pièce d'Auguste Brizeux, il était écobueur [3], ici le métier annexe supposé du recteur gabéricois est en breton « falc'her », c'est-à-dire faucheur. À l'instar de son recteur, la paroisse d'Ergué-Gabéric du 19e siècle a, avant tout, la réputation d'être rurale et ses champs y sont soigneusement fauchés pour servir de litière aux nombreuses vaches bretonnes pie-noir.

D'ailleurs, le recteur concordataire François Pennec s'étant fait accusé en 1810 de « devenir fermier et de s'occuper au labourage », on peut se demander si ces successeurs au presbytère d'Ergué-Gabéric n'en ont pas fait autant.

Personn Fors a zo biniaouer,
Personn Fousnant a zo bombarder,
Personn Santez-Anna a zo danser,
Personn Sant-Evarzek a zo barazer,
Personn Benn-Odet a zo plonjer,
Personn Ploneour a zo neuier,
Personn Pont-Kroaz a zo mestr slolaer,
Personn Douarnenez a zo perketaer,
Personn Sant-Vaze a zo pomper,
Personn Sant-Kaourintin a zo kouezer,
Personn Ker-Feunteun a zo arer,
Personn Erc'hie-Vras a zo falc'her,
Personn Erc'hie-Vihan a zo minuzer,

§ Suite ...

Le recteur de La Forêt est joueur de biniou,
Celui de Fouesnant joueur de bombarde.
Le recteur de Sainte-Anne est danseur,
Celui de Saint-Evarzec tonnelier.
Le recteur de Bénodet est plongeur,
Celui de Plounéour nageur.
Le recteur de Pont-Croix est maître d'école,
Celui de Douarnenez pêcheur.
Le recteur de Saint-Mathieu est pompier,
Celui de Saint-Corentin buandier.
Le recteur de Kerfeunteun est laboureur,
Celui du Grand-Ergué faucheur.
Le recteur du Petit-Ergué est menuisier,

§ Suite ...

(*) Pris isolément, chaque vers de cette petite pièce, qui n'est autre qu'une chanson de danse, représente un dicton dont l'usage est journalier pour caractériser, dans la personne de leurs recteurs ou curés, les principales paroisses de la Cornouaille. Brizeux en a publié quelques fragments, à tort, je crois, sous forme de triade. La version que je donne ici, et qui offre d'assez grandes différences avec la sienne, m'a été dictée, le 17 mai 1868, par Iann Floc'h, fossoyeur de la paroisse de Beuzec-Conq.[4].


[modifier] Annotations

  1. « Léopold-François Sauvé (1837-1892) est né à Saint-Georges-de-Reintembault, en Ille-et-Vilaine. Sa carrière de fonctionnaire des Douanes le conduit dans le Finistère (Brest, Quimper, l’Aberwrach et Audierne). Là il apprend le breton, se lie d’amitié avec René-François Le Men et François-Marie Luzel. Son intérêt se porte essentiellement sur les genres courts de la littérature orale dont il effectue une collecte remarquable qu’il commence à publier dans le premier numéro de la Revue celtique, et qui seront réunis en volume en 1878 sous le titre : Lavarou koz a Vreiz-Izel. Proverbes et dictons de la Basse-Bretagne. Sa carrière l’entraînera par la suite à Remiremont dans les Vosges, puis à Boulogne-sur-mer, où il est meurt le 7 janvier 1892. Dans ses nouvelles affectations, il a continué à s’intéresser aux traditions populaires et a publié, en 1889, Le Folklore des Hautes-Vosges dans la collection "les littératures populaires de toutes les nations" dirigée par Paul Sébillot chez l’éditeur Maisonneuve à Paris. Si son œuvre concerne pour l’essentiel les genres courts, il a également publié quelques contes et légendes dans la Revue des Traditions Populaires et dans l’Annuaire des Traditions Populaires. » Fiche biographique rédigée par Fañch Postic dans l'encyclodédie en ligne Bérose (Base d’Études et de Recherches sur l’Organisation des Savoirs Ethnographiques). [Ref.↑]
  2. Auguste Brizeux (1803-1858) est un poète romantique breton né à Lorient. En 1831, son premier recueil Marie, d'abord publié comme « roman » et sans nom d'auteur, rencontre immédiatement un vif succès. Le poème Les Bretons, grâce à l'appui d'Alfred de Vigny et de Victor Hugo, a été couronné par l'Académie française. Né en Bretagne bretonnante, Brizeux parle le breton cornouaillais, mais il utilise le breton normalisé de Le Gonidec pour ses vers bretons, notamment pour les poésies de Telenn Arvor (1844), et les proverbes de Furnez Breiz (1845). [Ref.↑]
  3. Ecobuage, s.m. : remise en culture, transformation de landes et friches pâturées en emblavures ou terres ensemencées. On arrachait la couche végétale et une fraction de la terre superficielle que l'on faisait brûler après séchage et dont on répandait la cendre sur la parcelle même que l'on avait écobuée. Article « Défrichements » du dictionnaire de l'Ancien Régime de Lucien Bély. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  4. Note de l'auteur [Ref.↑]


Thème de l'article : Fiche bibliographique d'un livre ou article couvrant un aspect du passé d'Ergué-Gabéric

Date de création : Septembre 2014    Dernière modification : 22.03.2019    Avancement : Image:Bullgreen.gif [Fignolé]