1566 - Minu et dénombrement par Guillaume Rubiern sieur du Cleuziou - GrandTerrier

1566 - Minu et dénombrement par Guillaume Rubiern sieur du Cleuziou

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Catégorie : Archives    
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§ E.D.F.
Un des plus anciens documents d'archives décrivant le domaine du Cleuyou avec ses dépendants proches, notamment son moulin noble, la métairie noble de Kerampensal et le manoir de la Salleverte. Le tout est propriété du seigneur de Rubiern et de l'évèque de Quimper, ce dernier bénéficiant d'une chefrente [1].

Autres lectures : « Archives de Cleuziou/Cleuyou » ¤ « Le manoir du Cleuziou/Cleuyou » ¤ « 1562 - Aveu de Louis Rubiern pour Le Cleuziou sous les Régaires » ¤ 

1 Introduction

Document conservé aux Archives départementales du Finistère, série / côte 1 G 85.

Minu et dénombrement par Guillaume Runbiern sieur du Cleuziou pour le manoir, moulin, dépendances du Cleuziou, la métairie de Keranpensal et le manoir de la Salle Verte.

En 1566 l'évêque de Cornouaille, Étienne Boucher [2], est désigné comme « révérand père en Dieu Missire Estienne ».

  Cet aveu de 1566 couvre la partie est du domaine de Cleuziou avec la métairie de Kerampensal, le manoir de la Salleverte, et son moulin noble qui est décrit ainsi : « Item, le moulin noble, o son destroit [3], byé [4], chaussé [5] ».

L'inventaire de 1566 est en fait complémentaire de celui de 1562 où Louis Rubiern déclare la partie ouest du domaine.

2 Transcription

Feuille de relevé

(...) 1566 (...) manoir du Cluziou.

Minu et aveu de noble maitre Guillaume Rumbiern sieur du Cleuziou, du manoir du Cleuziou, moulin et leurs dépendances chargés de 12 carnées [6] froment de chefrentes [1] au Seigneur Evêque.

La métairie noble de Keranpensal chargée de 3 livres monoie [7] de chefrentes [1] audit seigneur.

Le manoir de la Salle Verte quite de chefrente [1].

Nota : il est à présumer qu'il y avoit d'autres choses dépendant du Cleuziou et qui pourroist devoir aussi chefrente [1].

Nota : le moulin du chartier n'y est pas.

Les dits héritages au franc fief [8] des regaires [9] a foy et hommage [10] et faire obéissance et servitude deu et aparten(...).

NB : A priori ce relevé a été effectué par un conservateur ou copiste au 19e siècle.

 

Feuillet 1 (transcription de Norbert Bernard)

Le minu, adveu, description et déclaration que noble maistre Guillaume Rubiern, sieur du Cluziou, présente et (...) à reverand père en Dieu, missire Estienne [2], par la grace de Dieu, evesque de Cornouaille, des terres, rantes et heritaiges que tyen au fié soubz la court et jurisdiction dudict seigneur Evesque, en sa court et jurisdiction des Regaires [9], au franc fié [8], à foy et hommaige [10].

Premier

La maison, lieu noble et manoir où il demeure au Cleuziou (...) le grand jardin joignant (...)

Item, le moulin noble, o son destroit [3], byé [4], chaussé [5], conduicte d'eau joignant ledict jardin, avecques un parc [11] où y a boes taillis derriere ledict moulin appellé Couet an Melin, et une piecze de terre appellé Liorz an Elestrec, contenantz en tout envyron deux journeaulx de terre froyde [12] (...)

Item, le grand pré dudict lieu et manoyr du Cluziou, contenant envyron vingt journeaulx à faulchoir (...)

Item, le villaige et metayrie noble dudict manoyr appellé Keranpensall (...)

Item, le manoir de la Sale Verte (...)

3 Copies des actes

4 Commentaires, annotations

  1. Chefrente, s.f. : rente perpétuelle payable en argent ou en nature au seigneur suzerain par le détenteur d'un héritage noble. La chefrente était en principe immuable (Yeurch, histoire-bretonne). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4]
  2. Etienne Boucher, champenois, ancien secrétaire de Catherine de Médicis et premier secrétaire de l'ambassade de France à Rome, fut évêque de Cornouaille de 1560 à 1571. [Ref.↑ 2,0 2,1]
  3. Destroit, s.m. : territoire situé autour du moulin où les meuniers logeaient et travaillaient, synonyme de « moutaux » ce terme désignant les usagers d’un moulin. Source : Jean GALLET dans "La seigneurie bretonne (1450-1680)". [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 3,0 3,1]
  4. Bief, byé, bué, s.m. : Canal qui conduit l'eau d'une rivière ou d'un ruisseau sur une roue hydraulique pour la faire tourner. Source : Chabat, 1881. [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 4,0 4,1]
  5. Chaussée, s.f. : barrage, ouvrage maçonné submersible en travers d'un cours d’eau naturel, avec une partie supérieure appelée déversoir, permettant l’amenée de l’eau de la rivière vers le moulin. Source : riverainsdefrance.org[Terme] [Lexique] [Ref.↑ 5,0 5,1]
  6. Carnée, s.f. : mesure pour les grains. A priori équivalent au quart de boisseau, une mesure ancienne de matières sèches. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  7. Monoie, Monnoye, adj : un sol monoie désigne une petite pièce de monnaie faite de billons, c'est-à-dire de cuivre, tenant un peu d'argent, mais plus ou moins, suivant les lieux (Encyclopédie Diderot). Existence de « livres monnoie » et de « deniers monnoye » à signaler également, en complément des livres tournois qui deviendront l'unique monnaie de compte en 1667. [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  8. Franc fief, s.m. : droit exigé d'un roturier qui fait l'acquisition d'un fief. Payé au roi, il est en principe fixé à une année de revenu sur vingt. Il est aussi versé lors de la transmission du fief après une année de jouissance. En 1771, le droit de franc fief, dont certains pays étaient exempts, est étendu à l'ensemble du royaume. Source Yeurch/histoirebretonne [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 8,0 8,1]
  9. Régaires, s.m.pl. : administration en charge du domaine temporel d'un évêque, propriétaire et seigneur, au même titre que l'aurait été n'importe quel noble propriétaire d'un fief avec justice. Le plus souvent, ils provenaient de donations anciennes faites au cours des âges par des féodaux, qui souhaitant sans doute s'attirer des grâces divines ou se faire pardonner leurs péchés, avaient doté l'église de quelques fiefs avec les revenus en dépendant. Source : amisduturnegouet sur free.fr [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 9,0 9,1]
  10. Foi et hommage, s.f. et s.m. : le vassal devait la foi et l'hommage, lorsqu'il entrait en possession de la terre, et lorsque le seigneur le demandait. La foi traduisait un lien personnel ; l'hommage, une reconnaissance du fief (Dict. de l'Ancien Régime). [Terme] [Lexique] [Ref.↑ 10,0 10,1]
  11. Parc, park, s.m. : champ clos, procédant d'un emprunt du moyen breton parc au vieux français parc "lieu clos" en général. Le gallois parc et le cornique park sont issus de l'anglais park, également emprunté au vieux français (Albert Deshaye, dictionnaire des noms de lieux bretons). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]
  12. Terres froides, s.f.pl. : terres pauvres mises en culture de loin en loin parfois après un brulis, par opposition aux terres chaudes; les terres froides prennent le reste du temps la forme de landes qui servent de pâturage d'appoint, et fournissent divers végétaux utiles : bruyères et fougères pour la litière, ajoncs pour la nourriture des chevaux, genets pour la couverture de la toiture (Jean Le Tallec 1994). [Terme] [Lexique] [Ref.↑]


Thème de l'article : Etude et transcriptions d'actes anciens

Date de création : Février 2011    Dernière modification : 8.08.2015    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]