Sant Gurval - GrandTerrier

Sant Gurval

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1 Fiche signalétique


s. Gurval
Vie / Buhez : né au pays de Galles au 6e siècle, évêque d'Alet-St-Malo, fonde un monastère à Guer et près de Locoal
Genre / Reizh : Masculin
Signification / Sinifiañs : origine Celtique, Uuot=Cri de guerre, Uual=Valeureux
Variantes / Argemmoù : Godwall (Divers) - Gouval (Divers) - Gurval (Bretagne) - Gurwal (Bretagne) - Gurwall (Bretagne) -

2 Almanach


le 6 juin 2024 ~ d'an 6 a viz Mezheven 2024
Saint(e) du jour ~ Sant(ez) an deiz s. Gurval (né au pays de Galles au 6e siècle, évêque d'Alet-St-Malo, fonde un monastère à Guer et près de Locoal)
Proverbe breton ~ Krennlavar Gant hir amzer. A-benn eus pep tra e teuer. § [trad.]




Almanach complet : [Calendrier:Vie des saints]

3 Sources

4 Iconographie

église St-Gurval de Guer
église St-Gurval de Guer

5 Monographies

Site Cheval-Musique-Tradition :

Eglise Saint-Gurval (1806). Gurval (ou Gudwal) : succéda à saint Malo à la fin du VIe siècle comme évêque d'Alet, puis se retira dans l' ermitage de Guer, en Morbihan. Nom issu du breton "gour" (homme) et "uual" (valeureux).

Cette église remplace un édifice ancien détruit par un incendie le 25 janvier 1795. Le nouvel édifice, en forme de croix latine, est construit de 1806 à 1809. La partie occidentale de la nef et le clocher sont ajoutés en 1845. L'église possède quatre cloches dont la plus ancienne date de 1808. D'après une légende, Saint Gurval aurait installé son ermitage à l'emplacement de l'église paroissiale actuelle.

Le trésor de l'église renferme trois reliquaires en argent : le plus beau, du XVIe siècle, est une petite châsse dont le couvercle est orné de statuettes couchées représentant les saints dont les reliques sont conservées dans le coffret (reliques de saint Gurval, sainte Apolline, saint André, saint Bartholomé, saint Nicolas, sainte Virginie et des reliques provenant de croix du Christ), et les deux autres, plus récents (XVIIe siècle) ont, l'un la forme d'une croix, l'autre celle d'un écrin.

La bannière de saint Gurval, œuvre du brodeur Gabriel Juvigné, date de 1737. Fête de Saint GURVAL, le 6 juin.

Blog d'André-Yves Bourges :

Un autre saint « politique » : saint Gurval, évêque d'Aleth, honoré à Guer

Le dossier de saint Gurval, honoré à Guer, est particulièrement pauvre : une courte vita en trois leçons transmise par le Propre malouin de 1615, dont la matière avait été empruntée à un légendier plus ancien (ex veteri legendario macloviensi), lequel a fourni également les biographies de saint Malo, de saint Méen, etc. On peut voir, à partir de son texte sur saint Sulin (il s’agit en fait de saint Sulian/Suliau), comment travaillait l’auteur du Propre de 1615 : on conserve en effet une autre version de la vita de ce saint, qui figurait dans le bréviaire malouin imprimé de 1537, et qui, au témoignage du chanoine Doremet en 1628, provenait « de notre vieil légendaire ». Les deux compilateurs ont à l’évidence abrégé le même texte ; mais le choix de celui de 1615, à l’opposé de celui de son prédécesseur, est de privilégier la dimension galloise de cette vita et de passer sous silence ce qui se rapporte aux relations de son héros avec saint Samson : sa « fascination » (comme l’a écrit G.H. Doble) pour la légende de saint Tysilio va même jusqu’à lui faire substituer la date de la fête de ce dernier à celle de la tradition continentale.

Vie et culte de saint Gurval

Saint Gurval, quant à lui, est présenté comme l’ancien condisciple (sous la férule de saint Brandan) et l’immédiat successeur de saint Malo sur le siège d’Aleth ; mais, ayant lui-même remis sa charge épiscopale entre les mains de son archidiacre Coalfinith, il s’en va, en compagnie de plusieurs prêtres, à la recherche d’un certain monastère de son diocèse dans le pays de Guer (quoddam suae diocesis monasterium in pago Guernio constructum expetiit, pluribus secum ductis sacerdotibus). Sur place, il continue d’être l’objet de la vénération des populations, attirées par sa sainte conversion ; mais « souhaitant effacer le souvenir de son épiscopat » (episcopatus sui notitiam deferere cupiens), il laisse à Guer douze prêtres et s’éloigne avec les autres vers un autre lieu non nommé. Finalement, il s’installe dans une « caverne » (in speluncam), où il accomplit de nombreux miracles. Pas de détail sur sa mort, ni sur sa sépulture, ou encore sur ses éventuelles reliques.

On peut bien sûr reconnaître ici, au moins partiellement, les effets de la méthode de travail du compilateur de 1615, dont nous avons dit quelques mots ; mais il nous semble surtout que la source à laquelle il a puisée devait être singulièrement pauvre pour amener chez l’écrivain cette remarque en forme d’aveu sur le fait que c’est le saint qui aurait lui-même chercher à effacer toute trace de son épiscopat.

Que savons nous par ailleurs de saint Gurval et de son culte au Moyen Âge ? Il était honoré à Guer depuis 1124 au moins, car l’église du lieu est alors placée sous son vocable, et quelques reliques en sont conservées sur place dans un reliquaire de la première moitié du XVe siècle, en bois recouvert de plaques d'argent partiellement dorées.

Sur la face antérieure sont appliqués et maintenus par trois clous, huit phylactères gravés en lettres gothiques dont les inscriptions viennent identifier les reliques de plusieurs saints que des ouvertures permettent d'entrevoir :
  1. DE RELIQUIS BEATI BARTHOLOMEI ;
  2. DE RELIQUIS S (ANCT) I GURVALI ;
  3. DE RELIQUIS S (ANCT) I ANDREE ;
  4. DE RELIQUIS S (ANCT) I NICOLAI DE BAR (I) ;
  5. RELIQUIE DE COLOMNA UBI DOMINUS NOSTER HESUS CHRISTUS FUIT FLAGELLATUS ;
  6. DE LAPIDE SEPULCHRI DOMINI NOSTRI JESU XRI ;
  7. RELIQUIE SANCTA APOLINIA ;
  8. DE MM RELIQUIE SANCTARUM VIRGINUM ET MARTIRUM EUFEMIE DEROTHE TECLE ET C (A) TARINE.


Les abbayes de Saint-Méen et de Montfort, dans le diocèse de Saint-Malo honoraient quant à elles, à la date du 7 juin pour la première et du 6 juin pour la seconde, un saint Gudual (Guidgali episcopi ou sancti Gutuuali episcopi et confessoris), personnage à qui elles reconnaissaient la qualité d’évêque en conformité avec sa vita. Or, sur la base d’une vague homophonie, les chanoines malouins chargés au XVe siècle de la refonte du sanctoral diocésain ont intégré le nom de saint Gurval dans la liste des évêques d’Alet à cette même date du 6 juin, comme en témoigne la notation Sancti Gurvali episcopi Macloviensis dans le calendrier du missel manuscrit diocésain ; cependant, la vita de saint Gudwal, personnage par ailleurs largement honoré dans le diocèse de Vannes, ne présente aucun point commun avec la vita de saint Gurval, personnage exclusivement honoré à Guer, dans le diocèse de Saint-Malo, mais aux confins du Vannetais.

Epoque et circonstances de la composition de la vita de saint Gurval

Il ne nous paraît pas improbable en conséquence que l’auteur de la vita de saint Gurval se soit attaché à doter l’église de Guer d’un « mode d’emploi » de son reliquaire (formule que nous empruntons à B. Merdrignac) ; et se soit appuyé précisément sur l’existence de reliques d’un saint inconnu par ailleurs pour doter saint Malo d’un et même de deux successeurs ad hoc : si l’on retient l’hypothèse que l’introduction de saint Gurval dans la liste épiscopale de Saint-Malo date du XVe siècle, il s’agissait peut-être de défendre à Guer les intérêts du diocèse, menacés par le projet d’érection d’un évêché à Redon (1449).

prénoms celtiques et bretons d'Albert Deshayes :

Gur<wal
6 juin

Suppose une forme ancienne Uuoetuual, composé vieux breton de uuoet, "bataille, cri de guerre", et uual "valeureux" (moderne gwall). Ce nom a évolué en Gurwal et en Goal, sa variante.

Originaire du Gwent au pays de Galles, il est élevé par Brandan qui en fait l'abbé de son monastère. Mais il gagne l'Armorique et succède à Maloù comme évêque d'Alet, l'actuel Saint-Servan en Saint-Malo (35). Seize mois plus tard, il s'isole dans les bois du Porhoët, où s'étend aujourd'hui Guer (56). Puis Gurval se retire dans une île de la lagune d'Étel (56), Locoal. Fuyant la foule, il s'enfonce en foêt de Camors (56) en compagnie de sept compagnons et fonde un monastère dont la chapelle de Locoal garde le souvenir. Il y meurt vers l'an 640, à l'âge supposé de 50 ans. Sa dépouille sera transportée dans l'île et inhumée dans l'église qu'il y avait fait bâtir.

Son culte s'est propagé en Bretagne à partir du XIe siècle, et est attesté outre-Manche, dans le diocèse de Worcester. Il est honoré à Yèvre-le-Chatel (45), où l'on conservait une partie de ses reliques, l'autre se trouvant à Gand (Belgique).