Deux morts et un rescapé suite à ivresses prononcées, Le Quimpérois 1839 - GrandTerrier

Deux morts et un rescapé suite à ivresses prononcées, Le Quimpérois 1839

Un article de GrandTerrier.

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Résumé : où il est question de trois accidents tragiques d'ivrognes et du sermon du prêtre contre l'infamie d'alcoolisme.

Lectures : « 1844 - Placards réglementaires pour les cabarets gabéricois » ¤  « 1728 - Mort tragique dans le four de Kernaon » ¤ 

[modifier] Transcription

« La commune d’Ergué-Gabéric, voisine de celle de Quimper, vient, dans l’espace de dix jours, de perdre deux de ses habitants par l’effet d’une complète ivresse, et d’en voir un troisième arraché à une mort imminente, déterminée par le même excès.

L’un, le premier [1], a succombé dans le cabaret même où il s’était enivré, et sans quitter le banc et la table où on l’avait repu de boissons alcooliques ; le second [1], saisi de froid sur le bord de la route, où il cuvait son vin, y a succombé.

Quant au troisième, la fortune et le hasard l’ont fait recueillir, par des personnes bienveillantes, sur la voie publique, quand il allait également succomber ; et ce n’est qu’après l’avoir couvert d’une épaisse couche de fumier qu’on a pu le rappeler à la vie.

Nous demandons, dans un simple esprit de conservation et de police ordinaire, s’il ne serait pas convenable et juste que la loi, la loi elle-même, fît peser une partie de la responsabilité de ces actes sur les débitants de boissons, qui abusent de la faiblesse et de l’égarement de leurs victimes pour les empoisonner et les tuer sur le coup même, sans qu’ils puissent quelquefois se traîner hors du lieu où on les assassine ainsi pour le profit de quelques deniers.

 

Honneur encore ici, honneur au prêtre [2] que nous savons être intervenu dans ces malheureuses affaires, et qui, poussé par une sainte indignation, a monté en chaire pour faire entendre, à ses paroissiens, le cri de son cœur déchiré à la vue de tant d’infamie.

Comme nous, si nous sommes bien informés, il a crié aussi au poison et à l’assassinat, et, prenant la chose de toute sa hauteur, il a dit, avec raison, que tuer ainsi le corps et l’âme d’un chrétien était un des plus grands crimes qui pût être commis …

Et cependant nos lois, aveugles et sans conscience, permettent, moyennant patente et exercice, d’empoisonner, chaque jour, les malheureux enfants de nos campagnes, qui versent toute leur sueur sur le sol qui nous nourrit. Est-ce que le gouvernement ne pourrait pas un peu les protéger ? »

[modifier] Coupure

[modifier] Annotations

  1. Recherches à faire dans les registres d'état-civil pour retrouver l'identité des deux hommes décédés en 1839. [Ref.↑ 1,0 1,1]
  2. Les prêtres en exercice à Ergué-Gabéric en cette année 1839 étaient : « Yves Le Roux, recteur (1822-1848) » et « Jean-François Plantec, vicaire (1826-1844) » [Ref.↑]


Thème de l'article : Coupures de presse relatant l'histoire et la mémoire d'Ergué-Gabéric

Date de création : juin 2010    Dernière modification : 8.03.2014    Avancement : Image:Bullgreen.gif [Fignolé]    Source : Le Quimpérois 1839