Blog 25.09.2021 - GrandTerrier

Blog 25.09.2021

Un article de GrandTerrier.

Jump to: navigation, search
Image:Right.gif Les billets récents du Blog de l'actualité du GrandTerrier

[modifier] Les deux blasons de Lezergué

Billet du 25.09.2021 - Après celui de Kerfors évoqué la semaine dernière, voici deux écussons toujours visibles sur le lieu historique de Lezergué.

Ces deux blasons correspondent à des familles nobles locales des XVIIe et XVIIIe siècles. Par contre les occupants nobles précédents, à savoir les Cabellic (la croix potencée) et les Coatanezre (les trois épées), n'ont pas laissé à Lezergué de traces héraldiques sculptées (on trouve par contre leurs blasons respectifs sur les vitraux de la chapelle de Kerdévot et de l'église St-Guinal).

Seuls les Autret de la fin du XVIe auraient gravé un écu écartelé à base de « quatre fasces ondées d'azur » sur une pierre qui aurait disparu au cours du XXe siècle, si l'on en croit le mémorialiste Louis Le Guennec : « Un écusson, encastré dans un talus, est aux armes de Guy Autret de Missirien et de sa première femme, Blanche de Lohéac ».

Dans le même article Louis Le Guennec décrit l'autre blason, bien conservé celui-là (cf. photo), se trouvant au-dessus de la porte de la maison d'habitation construite en 1930 par le métayer Jean Nédélec (alias "Jean Lezergué"). Cette pierre a sans doute été récupérée sur les ruines du château.

Il s'agit des armoiries des Tréouret : « D’argent au sanglier de sable en furie, ayant la lumière et les défenses d’argent. ». Le sanglier est l'emblème héraldique du courage et de l'intrépidité, parce qu'au lieu de s'enfuir comme le cerf, le daim et autres animaux sauvages, il se présente devant les chasseurs pour se défendre.

Le sanglier des Tréouret est de couleur noire (de sable) et ses yeux (la lumière) et ses défenses sont blanches (d'argent). L'écusson est encadré de deux palmes et surmonté des neuf perles d'une magnifique couronne comtale, les Tréouret ayant dénombré plusieurs comtes parmi leurs aïeux.

Louis Le Guennec affirme « C'est par une alliance avec les Tréouret que les La Marche ont eu Lezergué », en héritage des Autret, mais ceci est inexact. On sait aujourd'hui que l'héritier de Guy Autret est son petit cousin Guy de Charmoy, qu'une succession familiale fait passer Lezergué à Jacques du Bot de Talhouet, et ce dernier vend en 1736 Lezergué et ses dépendances au père du constructeur du nouveau manoir, prénommé François-Louis (1691-1738) également.

Par contre, les Tréouret représentent une branche maternelle de Françoise de La Marche, son grand père Louis-René ayant épousé Marie-Rose de Tréouret en 1686.

Sur le haut fronton cintré oriental du manoir « Louis XV », un double blason est resté en place. Il est surmonté d'une couronne, orné d'éléments de heaume ou de cimier, et d'une coquille en dessous.

Le blason de gauche, reconnaissable grâce à sa forme en œuf « recapité », est celui des La Marche : « de gueules au chef d'argent », la partie inférieure étant de couleur rouge (de gueules), le tiers supérieur (le chef) étant blanc (d'argent).

 

Le blason de droite est difficilement identifiable, les motifs étant érodé, mais peut-être le constructeur du château y a exposé le sanglier des Tréouret pour représenter ses quartiers grands-maternels.

* * *


Pour agrémenter la visite historique, voici une belle vidéo de drone, tournée en 2015 par temps lumineux et dégagé au-dessus de ces ruines du château de Lezergué.

La façade toujours debout est majestueuse, et on peut admirer les blasons du fronton oriental, les hautes cheminées intérieures, les restes des murs de l'arrière-cuisine, les portes et fenêtres béantes, le tout sur une musique très relaxante.  :

(cliquer 2 fois sur l'image ci-dessus pour visualiser la vidéo)
Image:square.gifImage:Space.jpgEn savoir plus : « Les armoiries sculptées des seigneurs de La Marche et de Tréouret à Lezergué » et « Vidéo de drone au-dessus des ruines de Lezergué, Zrv 2015 »