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[modifier] Poésies et littératures de Bretagne

Billet du 03.11.2018 - « Le ruisseau joue à "saute-cailloux" ... O Froid miracle de l'automne ! », poème du gabéricois Gwen-Aël Bolloré publié dans le recueil « Nerfs à fleurs de larmes », exemple de texte qui a pu forcer l'admiration d'autres écrivains célèbres comme Henri/Yann Queffélec et Charles Le Quintrec.

Dans son « Dictionnaire amoureux de la Bretagne » (illustré par Alain Bouldouyre), entre les chapitres « Guerre » et « Gwenn-ha-Du », Yann Queffélec consacre 13 pages aux souvenirs de « Gwen-Aël », l'ami de son père Henri Queffélec et l'écrivain, auquel il rendit plusieurs visites à son manoir d'Odet : « Mon père aimait beaucoup Gwen-Aël Bolloré, l'homme, le marin, le poète d'anatomie descriptive ».

Il se souvient : « Au manoir, le petit déjeuner se prenait dans la salle à manger, servi par Mme Pérez. Ils pouvaient être vingt, trente amis attablés en même temps, tirés du lit par l'odeur du café, meilleure en Bretagne que nulle part ailleurs, allusion paradisiaque à l'amann sall, à la miche du matin, au blé noir, à l'enfance protégée. »

Les amis écrivains de Gwen-Aël Bolloré évoqués par Yann Quéffélec sont entre autres le journaliste poète Charles Le Quintrec qui a encensé les poèmes du « Hussard de l'Odet » dans ses anthologies de littératures et de poésie, Jacques Laurent, élu à l'Académie française en 1986 et intellectuel associé au mouvement des Hussards, et bien sûr le compatriote breton Henri Queffélec, l'auteur du recteur de l'île de Sein.

L'expression "les Hussards" désigne un courant littéraire français qui, dans les années 1950 et 60, s'opposa aux existentialistes et à la figure de l'intellectuel engagé qu'incarnait Jean-Paul Sartre. Le roman de Roger Nimier « Le Hussard bleu » a donné son nom au mouvement. En faisaient partie : Antoine Blondin, Michel Déon, Jacques Laurent, Roger Nimier, ...

Dans son anthologie des littératures de Bretagne, Charles Le Quintrec présente 76 auteurs et leurs œuvres en langue française, et un écrivain gabéricois y a une place émérite, Gwenn-Aël Bolloré (pages 342-349) : « Ce qu'il y a de meilleur chez le jeune Gwenn-Aël Bolloré, il le dit lui-même, ce fut la guerre et l'amour. Vaste programme ... Miraculeusement réalisé. »

  Au delà de la présentation des auteurs, Charles Le Quintrec donne quelques extraits de ses poèmes « La nuit j'ai un train dans ma tête ... », « Automne », « Le monstre féminin », et des textes « le matin du 6 juin 1944  » et « Notre ami le crabe ».

À noter par ailleurs que Charles Le Quintrec a publié une anthologie des poètes bretons entre 1880 et 1980 dans laquelle Gwenn-Aël Bolloré est abondamment cité. Dans cette somme, Charles Le Quintrec présente 63 poètes bretons et leurs œuvres représentatives en langue française.

Parmi eux, il y a Gwenn-Aël Bolloré (1925-2001) : « Voici un moment du monde rattrapé au vol, une façon de prendre la lumière comme si on la voulait apprivoiser. Sur le bord de l'Odet, dans un manoir à son image, voici le poète que j'aime pour le chant fraternel et la générosité. »

Six de ses poèmes sont proposés à la lecture : « Automne », « Le monstre féminin », « La course », « Le bourreau », « Prière », « L'oiseau ».

Et enfin, Charles Le Quintrec a écrit également la préface de « Nerfs à fleur de larmes », son livre de poèmes le plus abouti : « La guerre et l'amour d'un hussard de l'Odet. Il n’y a pas hiatus, il n’y a pas rupture entre un poème de Villon et un poème de Gwenn-Aël Bolloré même si, apparemment, l’un et l’autre poètes n’habitent pas la même galaxie ... le poète qui s’exprime ici est jeune. Il ne sait rien de Valéry et de Claudel, rien d'André Breton et des ballonnets gonflables et multicolores du Surréalisme. Il revient de la guerre, et l’amour lui fait signe. ».

AUTOMNE

Le ruisseau joue à « saute-cailloux » 
Le vent délire dans les branches 
La pluie régale en avalanche 
L’eau fait l’amour avec la boue.
 
La nuit s’habille de senteurs 
Venues tout droit de l’océan 
Sur la lèvre humide des vents 
Pour effacer celle des fleurs.
 
Râper la lande désolée 
Faire gémir l’arbre salé 
Sont des plaisirs qui époumonnent.
 
A ces jeux-là, bientôt en pleur 
On perd ses feuilles et puis l’on meurt 
O Froid miracle de l’automne !
En savoir plus : « QUEFFÉLEC Yann - Dictionnaire amoureux de la Bretagne », « LE QUINTREC Charles - Littératures de Bretagne », « LE QUINTREC Charles - Poètes de Bretagne », « Gwenn-Aël Bolloré (1925-2001), écrivain-poète et PDG »


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