Temps perdu 1 - Les origines, OF-LQ 1982 - GrandTerrier

Temps perdu 1 - Les origines, OF-LQ 1982

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Catégorie : Mémoires 
Site : GrandTerrier

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Le 3 août 1982, paraissait dans les colonnes du Ouest-France le premier article d'une série, écrit par Laurent Quevilly, qui relate les différents travaux de la Commission de Recherches Historiques.



« À la recherche

du temps perdu »



Les origines de


la commune



Un prêtre réfractaire réfugié à Prague pour y rédiger une grammaire celtique en latin et des chansons à boire. Le nom de Gabéric comparé à celui d'une tribu gauloise à l'origine de la culture du melon de Cavaillon. Un paysan rouge et autodidacte qui vous écrit vers 1845 des mémoires d'une valeur inestimable. Des archéologues à deux doigts de l'infarctus en fouillant un tumulus. La matière et les surprises ne manquent pas aux membres de la commission de recherches historiques. Un travail d'arrache-pied qui, malheureusement, manque de bras ...

C'est dans une maison traditionnelle, comme il se doit, que vous reçoit Bernez Rouz, responsable de la commission extra-municipale de recherches historiques. La tradition, le maître des lieux connaît. Auteur d'une étude toponymique consacrée aux noms de lieux gabéricois, il a soutenu ces travaux de maîtrise devant les sages de l'Université de Haute-Bretagne.
Jusqu'en Tchécoslovaquie ...

Elle est déjà loin la réunion qui, à l'initiative de la municipalité, regroupant la quinzaine de passionnés d'histoire locale. La priorité des priorités qui se dégageait alors était de rassembler un fond d'archives de toutes les publications relatives au patrimoine. Tache ambitieuse, quand on sait la diispersion des documents puisqu'il en existe notamment jusqu'en Irlande et même en Tchécoslovaquie. Mais les sources et pistes d'investigations existant sur place constituent déjà il y a quatre ans, un solide point d'appui. C'est également l'époque où Bernez Rouz préparait sa maîtrise, aussi ses recherches l'avaient-elles amené à jouer les rats de bibliothèque dans les interminables rayons des archives départementales et l'on dût bientôt brancher la photocopie sur vitesse rapide ...

Du haut de ces pierres humides, quarante siècles vous contemplent. Il s'agit là des restes du tumulus de Saint-André.
Du haut de ces pierres humides, quarante siècles vous contemplent. Il s'agit là des restes du tumulus de Saint-André.
Un découverte stupéfiante !

Des kilomètres de parchemin patiemment parcourus, on allait peu à peu soulever un coin, un tout petit coin du voile recouvrant le passé de la commune et c'est ainsi qu'il est aujourd'hui permis d'affirmer que les premiers citoyens gabéricois sévissaient déjà aux temps préhistoriques comme semble vouloir l'indiquer le souvenir du seul menhir d'Ergué, celui de Kergonan, récemment abattu, de même que cette tombe contenue par le tumulus de Saint-André découvert par un agriculteur en 64 et qui nous renvoit à l'âge de bronze (1500 à 1200 ans avant J.C.).

« Lorsque les archéologues sont venus, nous raconte le découvreur du lieu, ils ont tout passé au peigne fin, avec pinceaux et appareils photos. Soudain, ils sont tombés en arrêt à grands cris devant une curieuse plaque blanche ... »

« Croyant avoir fait là une trouvaille fabuleuse, j'ai du mettre rapidement un terme à leur excitation. Il s'agissait en fait d'un morceau de polystyrène expensé sur lequel je m'asseyai pour me préserver du poids et de l'humidité lors de mes toutes premières visites dans l'édifice ... »

Privés d'une découvert qui allait bouleverser la face du monde, on imagine alors aisément le degré de formation de nos archéologies. Deux voies pavées et des reliquats de fortifications subsistent du côté de Boden, affirment par ailleurs la trace d'une collectivité sur notre territoire à l'époque gallo-romaine et l'on suppose enfin que la fondation effective de la commune se situe vers le Ve siècle à l'arrivée des immigrants irlandais et cornouaillais.

Ar Cae Gabellic

Les archives les plus anciennes consultées à ce jour nous parlent d'« Erge » pour la première fois en l'an 1100. Erge, un nom entouré d'un halo de mystère dont la signification la moins invraisemblable est « AR CAE », par extension « le pays devant les fortifications ». Celle de Quimper, sans aucun doute. À l'origine Ergué-Gabéric et Ergué-Armel ne semblaient former qu'une seule et même commune. La scission intervenant probablement vers le 12e siècle puisqu'on parle d'Ergué Arthmael en 1244 et d'Erge Gabellic en 1325. Le nom Gabéric viendrait donc de Cabellic, noble famille de Lezergué, la cour d'Ergué ...

Ergué-sur-Melon

Il y a peu, un lointain chercheur devait soumettre à Bernez Rouz une étude consacrée exclusivement au nom Cabellic. Le linguiste y comparait ce dernier à Cabellici, nom d'une tribu gauloise lui-même comparé à Cabellicum désignant en latin ... la maison de Cavaillon ! S'il faut donc apporter une conclusion à ces édifiants travaux, c'est qu'il est une constante en matière de recherches historiques : il faut s'attendre à tout !

(À suivre).

Laurent QUÉVILLY


Thème de l'article : Mémoires de nos anciens gabéricois.

Date de création : Mars 2008    Dernière modification : 2.09.2011    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]