Kergoant, Kergoan - GrandTerrier

Kergoant, Kergoan

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Forme française Kergoant
Forme bretonne Kergoan
Signification "village du dénommé Le Goan, surnom de personne faible"
Décomposition Ker pour "lieu habité, village" et le patronyme Goan, issu de Gwan, "faible"
Relevés 1448, 1454, 1678, 1680, 1682, 1688, 1790, 1834
Référentiel : « Cartographie, cartes anciennes » ¤  « Index des toponymes » « Étude de Bernez Rouz sur les noms de lieux d'Ergué-Gabéric » ¤ « Dictionnaire des noms de lieux bretons d'Albert Deshayes » ¤ 

[modifier] 1 Géolocalisation du village

Coordonnées géographiques : 48° 1' 51.83" N 3° 59' 23.42" W (lat. 48.031063, long. -3.98984)

Cartographie du lieu-dit : « Géo.Kergoant »

[modifier] 2 Explications toponymiques

[modifier] 2.1 Travaux de Bernard Le Roux

Dans le Cahier n° 9 d'Arkae publié en 2007, Bernez Rouz explique l'origine du lieu-dit comme suit :

Kergoant (Kergoan)

Orthographe Année Source (cf. ) Référence, côte
Kerangoan 1448 A.D.F. A 85
Kerangoant 1454 A.D.F. A 85
Kerangouan 1678 A.C.E-G. B.M.S.
Querangoüan 1680 A.D.F. A 87
Ker an goann 1682 A.C.E-G. B.M.S.
Kerangoant 1688 A.C.E-G. B.M.S.
Kergoant 1790 A.D.F. 10 L 168, recensement
Kerangoant 1834 A.C.E-G. Ancien cadastre
Kergoant 1946 I.N.S.E.E. Nomenclature
Kergoant 1962 A.C.E-G. Cadastre

Nous trouvons ici une confusion entre deux noms bretons à la prononciation très proche gwan et koant. Gwan signifie faible, et koant, beau. Les formes anciennes nous sont ici très précieuses car elles nous donnent l'étymologie du nom : il s'agit de goan, orthographié aujourd'hui gwan.

Le véritable nom devrait s'écrire Ker ar Gwan. Le village du faible. Mais l'article an ou ar est tombé depuis longtemps. Optons donc pour Kergoan pour faire un clin d'oeil au Moyen-Age breton, même si l'on peut comprendre que les habitants du lieu préfèrent Kergoant, le beau village. L'un n'empêche pas l'autre.


Pour le lieu-dit, Bernez Rouz donne l'explication suivante dans son mémoire en breton de 1977 (et dans l'opuscule en français de 1980) :

4 - ANVIOU GANT KER
a) AN ANV KER

30% eus an anvioù-lec'h studiet ganeomp a ao dezho anvioù gant KER. E 1834 eo 40% eus an atantoù a zo gant an anv KER. En o zouez m'eus nikun a hañval bezañ gant ar ster "castrum" : kastell kreñv pe kêr vogeriet a gaved gwechall gozh e-barzh Caermarthen e Bro Gembre pe Ker Ahez e Breizh.

Aet eo da get ar ster-se tro an Xvet kantved ha diwar neuze ez eus bet krouet kêrioù pe atantoù dezho un ti hepken da zigentañ, emichañs. Gant kresk ar boblañs en XIIvet kantved ze eus deuet ur bern eus an anvioù-se. Ha roet zo bet dezho anv an ozhac'h evit o disheñvalaat. Setu perak emañ al lodenn vrasañ anezho savet gant KER + anv den. Un nebeudig a zalc'h d'un anv all Ker ar Penn Sal da skouer, ha nebeutoc'h c'hoazh a zo gant KER + anv gwan Kernevez, Kervihan ...

b) KER + ANV DEN

-- Kergoant Image:Kergoant-phonétique.jpg (Ker 'Gwan), 1458-1684 : Kerangoan, 1678 : Kerangouan, 1682 : Ker an goann, 1688 : Kerangoant
Deuet eo ar stumm skrivet koant war an diwezh. Ne glever ket an T dibenn-ger gat an dud. Bez e tle bezañ ar Gwan ster an anv-den. Koant en dije roet ar C'hoant forzh penaos.

Dans le bulletin de la commission d'Histoire en 1981, il résume ainsi :
KERGOAN : Le village de Le Goan.

[modifier] 2.2 Travaux d'Albert Deshayes

PARTIE "Les lieux de vie"
Chapitre "Les lieux habités"


Kêr "lieu habité" et, par dérivation sémantique, "village" et "ville", connaît à partir du XIe siècle une expansion rapide et durable puisque son utilisation en toponymie se chiffrerait à plus de dix-huit mille noms, dont la moitié pour le seul Finistère. A l'origine le terme kêr avait l'acception de "endroit clos, agglomération enclose", sens conservé par le gallois caer "forteresse". La plupart des villages d'Armorique étaient défendus par un fossé et un talus de terre mais, dans un contexte économique favorable et une paix relative qui suivra l'arrêt des invasions normandes, le sens de ce terme évoluera en "lieu habité et cultivé". Il perdra donc le sens primitif du latin castrum pour adopter celui de villa et s'appliquera à des groupes de maisons rurales. Plutôt rares dans les chartes du Cartulaire de Redon (on n'en dénombre que treize), les toponymes en Ker- se font plus nombreux dans les autres cartulaires.

Pour le patronyme "Goan", Albert Deshayes avance son interprétation page 490 de son dictionnaire des noms de lieux-dits  :

Des noms de personne
D'anciens surnoms bretons

Goan, identique au qualificatif gwan "faible", explique Kergoant en Ergué-Gabéric (29), Kerangoan en 1448, et, sous une forme plurielle, Kergoanet en Saint-Goazec (29), Kerangoanet en 1702.

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