Elisabeth Bolloré (1824-1904), nièce, fille, épouse et mère de fabricants de papier - GrandTerrier

Elisabeth Bolloré (1824-1904), nièce, fille, épouse et mère de fabricants de papier

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Catégorie : Personnages
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§ E.D.F.
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Cette femme de caractère et entreprenante est une personnalité incontournable de la saga papetière de la famille « Le Marié-Bolloré » :

  • sa mère Marie-Perrine était née Le Marié, sœur de Nicolas fondateur en 1822 du moulin à papier d'Odet ;
  • son père Jean-Guillaume, dit « Bolloré aîné », patron d'une chapellerie à Quimper, fut appelé à codiriger l'entreprise dans les années 1855-60 ;
  • son mari, cousin germain (donc Bolloré également), Jean-René, appelé aussi René, d'abord médecin dans la Marine, dirigea la papeterie de 1861 jusqu'en 1881 ;
  • son fils René-Guillaume devint en 1891 le propriétaire de l'entreprise familiale, après une période où, veuve, elle fut aux affaires.

Autres lectures : « Nicolas Le Marié (1797-1870), maire et entrepreneur » ¤ « CHATELLIER Armand (du) - Recherches statistiques sur le Finistère » ¤ « Jean-René Bolloré (1818-1881), chirurgien et entrepreneur » ¤ « 1888 - Le mandat-poste de la veuve du docteur Bolloré au préfet du finistère » ¤ « 1891 - Lettre à l'évêque d'Elisabeth Bolloré mère » ¤ « BOLLORÉ Jean-René - Voyages en Chine et autres lieux » ¤ « 1859 - Construction du pont entre Odet et Briec » ¤ « 1865 - Demande de réparation du chemin vicinal par Le Marié-Bolloré » ¤ 


[modifier] 1 Éléments biographiques

Marie-Perrine-Elisabeth Bolloré est née le 21 avril 1824 à Quimper. Elle est la fille de Jean-Guillaume Bolloré, propriétaire d'une fabrique de chapeaux à Quimper [1] et de Marie-Perrine Le Marié, sœur de Nicolas le fondateur de la papeterie d'Odet en Ergué-Gabéric.

Dans les dernières années 1855-60 Jean-Guillaume Bolloré co-signe avec son beau-frère Nicolas Le Marié des courriers engageant l'entreprise familiale.

Elisabeth Bolloré se marie le 2 août 1846 à Quimper avec son cousin Jean René Bolloré (1818-1881). Après l'accident de Nicolas Le Marié en 1861, l'époux Jean-René (appelé aussi René) qui avait exercé la profession de médecin-chirurgien dans la Marine reprend les rennes de l'entreprise.

Ils auront cinq enfants : René Guillaume Marie (1847-1904), Émile (1849-1866), Charles René Marie (1852-), Léon (1858-) et Elisabeth Olive Marie Josephe (1863-).

Voici comment le chanoine André-Fouet décrit l'épouse : « Le Docteur Bolloré se met résolument à l’œuvre ... Pourquoi taire la collaboration de Mme Bolloré dans cette œuvre ? C'était vraiment la femme avisée et bonne, dont la possession est préférable à tout l'or du monde "mulier sensata et bona ... gratia veracundioe illius super aurum" [2] dit L'Ecclésiastique. Elle savait si bien aux jours d'abattement réconforter son mari par sa douce raison et sa bonté souriante, aux jours d'angoisse et de doute l'éclairer de ses conseils, aux jours de succès prendre part à ses joies. Pour parler avec l'Ecriture, en vieillissant, l'affection des deux époux devenait un vin plus enivrant "vinum novum, amicus novus ; veterascet, et cum suavitate bibes illud" [3]. ».

Après 10 années de veuvage, Elisabath se retire des activités en 1891 et passe la main à son fils aîné René-Guillaume. Elle décède le 17 février 1904 à Ergué-Gabéric, à l’âge de 79 ans.

 

[modifier] 2 Gestion de la papeterie

À la mort de son mari le 19 mai 1881, elle assurera la direction administrative de l'usine d'Odet. Certes son fils aîné René-Guillaume était impliqué dans les activités de production, ce bien avant son décès. En 1869, le fils écrit « mon père ... me laissant Directeur en chef de 120 personnes ».

Mais la veuve continue à gérer tous les problèmes de secrétariat, de relations avec les fournisseurs (de chiffons notamment), de courriers aux autorités administratives (par ex. les lettres au préfet) et religieuses.

Elle adopte un papier à entête qui mentionne son statut de veuve, la médaille de bronze à l'Exposition universelle de 1878, et d'un dépôt domicilié à Paris, au 60 rue St-André des Arts chez Maître E. Lair.

En 1891 elle écrit à son évêque et lui annonce son intention de se retirer des affaires : « L'intérêt que vous portez à mon fils me fait un devoir de vous dire, Monseigneur, que depuis le 1er octobre il est propriétaire de l'Usine. Je vais me reposer désormais et finir mes jours près de lui, au milieu des souvenirs de ceux qui m'ont précédée, près de Dieu ».

 

Si l'on en croit l'abbé Édouard André-Fouet, les trois fils Bolloré (hormis Émile décédé en 1866) ont travaillé en mode collaboratif, avec sans doute la supervision de leur mère : « Après quelques années de tâtonnements et de collaboration, l'aîné des trois fils, toujours M. René, prit seul en main la direction : il devait la conserver vingt-quatre ans.».

[modifier] 3 Annotations

  1. La chapellerie du sieur Bolloré est signalée par Armand du Chatellier en 1827 : « CHATELLIER Armand (du) - Recherches statistiques sur le Finistère » ¤  [Ref.↑]
  2. L'Ecclésiastique, chapitre VII, 21. « Ne vous éloignez point de la femme sensée et vertueuse .. car la grâce de sa modestie est plus précieuse que l'or ». [Ref.↑]
  3. L'Ecclésiastique, chapitre X, 15. « Un nouvel ami est un vin nouveau ; il vieillira, et alors tu le goûteras avec délices ». [Ref.↑]


Thème de l'article : Biographie d'une personnalité gabéricoise

Date de création : décembre 2009    Dernière modification : 4.03.2017    Avancement : Image:Bullgreen.gif [Fignolé]