CAOUISSIN Youenn - Vie de l'abbé Yann-Vari Perrot - GrandTerrier

CAOUISSIN Youenn - Vie de l'abbé Yann-Vari Perrot

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Dans le livre de Youenn Caouissin, les circonstances du déplacement de la chapelle et des reconstructions sont expliquées par l'abbé Perrot grâce à une lettre inédite d'octobre 1932 qu'il adresse à René Bolloré. L'abbé a des propos bienveillants à son égard : « <i>Je savais en lui écrivant que je m'adressais à un chrétien, à un homme de cœur, et je ne fus pas déçu</i> ». Dans le livre de Youenn Caouissin, les circonstances du déplacement de la chapelle et des reconstructions sont expliquées par l'abbé Perrot grâce à une lettre inédite d'octobre 1932 qu'il adresse à René Bolloré. L'abbé a des propos bienveillants à son égard : « <i>Je savais en lui écrivant que je m'adressais à un chrétien, à un homme de cœur, et je ne fus pas déçu</i> ».
-La lettre est un rappel de l'importance du site de Coatquéau et la demande d'une rétrocession du terrain pour y rebâtir un sanctuaire. Il est rappelé que l'affaire de 1925 a été connue du grand public par un article du journal parisien de L'Illustration (et aussi dans l'Ouest-Eclair qui a été vindicatif au niveau régional). René Bolloré accepte la restitution des lieux sans contrepartie financière et cède les pierres non utilisées dans la construction de la chapelle de Cascadec. +La lettre est un rappel de l'importance du site de Coatquéau et la demande d'une rétrocession du terrain pour y rebâtir un sanctuaire : « <i>Il y a une douzaine d'années vous fîtes l'acquisition à la commune de Scrignac de la chapelle en ruines de Coatquéau, que vous avez depuis magnifiquement restaurée à Scaër. Accepteriez-vous de me revendre le petit cimetière de Coatquéau avec les débris de la chapelle et de la fontaine sacrée qui s'y trouvent encore ?</i> »
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 +Il est rappelé que l'affaire de 1925 a été connue du grand public par un article du journal parisien de L'Illustration (et aussi dans l'Ouest-Eclair qui a été vindicatif au niveau régional). René Bolloré accepte la restitution des lieux sans contrepartie financière et cède les pierres non utilisées dans la construction de la chapelle de Cascadec.
La lettre de 1932 n'aborde pas le sujet du calvaire de Coatquéau remonté dans la propriété gabéricoise de l'industriel. « <i>Il était aussi dans son intention de restituer le calvaire</i> » semble regretter l'abbé Perrot. La lettre de 1932 n'aborde pas le sujet du calvaire de Coatquéau remonté dans la propriété gabéricoise de l'industriel. « <i>Il était aussi dans son intention de restituer le calvaire</i> » semble regretter l'abbé Perrot.
-En guise de conclusion l'abbé Perrot rappelle que René Bolloré est remercié de sa dotation en étant le parrain de la cloche principale du nouveau sanctuaire. René Bolloré est décédé en janvier 1935 et n'assiste donc pas à l'inauguration du site de Stanquéau en 1937. Il est étonnant au passage que l'abbé Perrot ou son biographe attribue à M. Bolloré le prénom de Ronan en lieu et place de René.+En guise de conclusion l'abbé Perrot rappelle que René Bolloré est remercié de sa dotation en étant désigné comme le parrain de la cloche principale du nouveau sanctuaire. René Bolloré est décédé en janvier 1935 et n'assiste donc pas à l'inauguration du site de Coatquéau en 1937. Il est étonnant au passage que l'abbé Perrot ou son biographe attribue à M. Bolloré le prénom de Ronan en lieu et place de René.
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CAOUISSIN (Youenn), Vie de l'abbé Yann-Vari Perrot - J'ai tant pleuré sur la Bretagne, Via Romana, Les Ulis, Nov. 2017, ISBN 2-37271-073-2
Titre : Vie de l'abbé Yann-Vari Perrot - J'ai tant pleuré sur la Bretagne
Auteur : CAOUISSIN Youenn Type : Livre/Brochure
Edition : Via Romana Note : -
Impression : Les Ulis Année : Nov. 2017
Pages : 568 Référence : ISBN 2-37271-073-2

[modifier] Notice bibliographique

Couverture
Autres lectures : « La vente de la chapelle et du calvaire de Coat-Quéau, Ouest-Eclair Illustration 1925 » ¤ « La chapelle de Coat-Quéau transportée à Cascadec, Courrier Illustration 1927-28 » ¤ « Le calvaire du manoir d'Odet » ¤ « René Bolloré (1885-1935), entrepreneur » ¤ 

Fils de Herry Caouissin, le secrétaire de l'abbé Perrot, Youenn Caouissin livre ici une biographie complète écrite comme des mémoires et basée sur des archives personnelles inédites. L'abbé Jean-Marie Perrot (1877-1943) [1] a été un des acteurs du Mouvement breton du début du 20e siècle, notamment via l'association culturelle catholique Bleun-Brug créée en 1905.

L'abbé Perrot, recteur de Scrignac à partir de 1930, fait reconstruire un sancturaire à Coat-Quéau pour remplacer la vieille chapelle en ruines dont les pierres avaient été vendues en 1925 et transportées par l'entrepreneur René Bolloré près de sa papeterie de Cascadec en Scaër.

Dans le livre de Youenn Caouissin, les circonstances du déplacement de la chapelle et des reconstructions sont expliquées par l'abbé Perrot grâce à une lettre inédite d'octobre 1932 qu'il adresse à René Bolloré. L'abbé a des propos bienveillants à son égard : « Je savais en lui écrivant que je m'adressais à un chrétien, à un homme de cœur, et je ne fus pas déçu ».

La lettre est un rappel de l'importance du site de Coatquéau et la demande d'une rétrocession du terrain pour y rebâtir un sanctuaire : « Il y a une douzaine d'années vous fîtes l'acquisition à la commune de Scrignac de la chapelle en ruines de Coatquéau, que vous avez depuis magnifiquement restaurée à Scaër. Accepteriez-vous de me revendre le petit cimetière de Coatquéau avec les débris de la chapelle et de la fontaine sacrée qui s'y trouvent encore ? »

Il est rappelé que l'affaire de 1925 a été connue du grand public par un article du journal parisien de L'Illustration (et aussi dans l'Ouest-Eclair qui a été vindicatif au niveau régional). René Bolloré accepte la restitution des lieux sans contrepartie financière et cède les pierres non utilisées dans la construction de la chapelle de Cascadec.

La lettre de 1932 n'aborde pas le sujet du calvaire de Coatquéau remonté dans la propriété gabéricoise de l'industriel. « Il était aussi dans son intention de restituer le calvaire » semble regretter l'abbé Perrot.

En guise de conclusion l'abbé Perrot rappelle que René Bolloré est remercié de sa dotation en étant désigné comme le parrain de la cloche principale du nouveau sanctuaire. René Bolloré est décédé en janvier 1935 et n'assiste donc pas à l'inauguration du site de Coatquéau en 1937. Il est étonnant au passage que l'abbé Perrot ou son biographe attribue à M. Bolloré le prénom de Ronan en lieu et place de René.

[modifier] Morceaux choisis

Page 280

En 1924, l'historien et archéologue Louis Le Guennec exécutera un remarquable et éloquent dessin des nobles ruines restantes. C'est ce dessin qui va me servir pour lancer les appels aux dons. En 1925, la municipalité de Scrignac met en vente les ruines pour financer la construction de la nouvelle école. À l'époque, cette mise en vente fait parler d'elle, tant elle n'est pas banale. La revue parisienne L'Illustration du 9 mai 1925 y consacre un article :

« On vient de procéder dans la commune de Scrignac (Finistère) à une vente aux enchères originale, mais aussi douloureuse, la chapelle et le calvaire de Coâtquéau datant du XVe siècle. Commencée à la sortie de la messe, au matin, les enchères étaient terminées à dix heures. Pour 10 200 francs elle est vendue à l'industriel Ronan Bolloré [2]. Les pierres vont servir à la construction d'une chapelle privée pour le personnel de son usine de papeterie de Scaër, et sera dédiée à Sainte-Thérèse. »

Le calvaire sera remonté au moulin à papier en Ergué-Gabéric. Quant à la croix du petit cimetière qui entourait la chapelle, elle sera remontée dans la cour du couvent des sœurs Augustines de Malestroit.

Page 281

Mais le terrain était la propriété de l'industriel Bolloré, il me fallait donc le persuader de me le vendre, et je n'imaginais pas qu'un refus pourrait m'être opposé. Par une lettre en date du 3 octobre 1932 je lui demandais :

« Monsieur et cher compatriote,

Excusez-moi de venir vous déranger au milieu de vos multiples occupations. Il m'eût été plus agréable de vous présenter ma requête de vive voix que par lettre, mais lorsque je suis allé en juin dernier frapper à votre porte avec lespoir de vous y trouver, vous étiez absent.

Voici donc brièvement le service que j'ai l'honneur de vous demander de vouloir bien me rendre. Il y a une douzaine d'années vous fîtes l'acquisition à la commune de Scrignac de la chapelle en ruines de Coatquéau, que vous avez depuis magnifiquement restaurée à Scaër. Accepteriez-vous de me revendre le petit cimetière de Coatquéau avec les débris de la chapelle et de la fontaine sacrée qui s'y trouvent encore, afin que je puisse songer à y reconstituer un modeste oratoire à Notre-Dame ?

Le culte de la Vierge en effet en ce lieu est plus que millénaire. La première chapelle qui y fut construite fut ruinée par la guerre de Cent Ans ; une bulle du pape datée du 12 janvier 1388 accorde des indulgences à tous ceux qui voudront contribuer par leur aumônes à la réparation de la chapelle de Notre-Dame de Coatquéau en Scrignac.

Page 281 suite

Pendant plusieurs siècles toutes les paroisses voisine y accouraient en procession tous les ans le 15 août. Des morceaux de béquilles et autres ex-votos se voyaient accrochés aux murs en témoignage de reconnaissance des pèlerins. À la Révolution française, Coatquéau, dans nos montagnes d'Arrée, fut une citadelle de la foi catholique. Pendant que le recteur de Scrignac, Monsieur Bernard, se mourait en prison, et que les deux vicaires étaient en exil, Monsieur Klaoda Jégou, curé de Coatquéau, sous l'impulsion de Monsieur Le Coz recteur de Poullaouen qui devait mourir bientôt à Brest sur l'échafaud, organisait clandestinement le culte et administrait les sacrements à ses compatriotes jusqu'au jour où il trouva la mort en 1796 dans l'accomplissement de son saint et périlleux ministère.

Pendant la dernière guerre, alors que la chapelle n'était plus qu'une lamentable ruine, les mères venaient encore prier pour leurs enfants mobilisés..

Il y aura bientôt deux ans que je suis recteur de cette paroisse. Mon premier acte en y arrivant fut d'acheter à la municipalité la chapelle en ruines de Toull-ar-Groaz qu'elle venait de mettre en vente. Elle a été relevée depuis et l'inauguration en a eu lieu il y a un an. Cette année, j'ai restauré à Péridec la chapelle de Saint-Nicolas qui se trouvait également en ruines. En 1933, si vous voulez bien écouter ma requête, j'essaierai avec le concours de mes paroissiens de ressusciter Coatquéau de ses ruines. Les moellons que vous y avez laissés, bien qu'il me semble qu'ils diminuent quelque peu de temps en temps, suffiraient presque à cette reconstruction.

La bonne Vierge de Coatquéau, qui doit pleurer sur les ruines de son antique église où elle vit pendant tant de siècles ses montagnards accourir avec piété, vous bénira et vous le rendra au centuple. Je fais donc le vœu pour que vous vouliez bien m'accorder une réponse favorable. »

(lettre du 3 octobre de l'abbé Perrot à Ronan [2] Bolloré)

Je savais en lui écrivant que je m'adressais à un chrétien, à un homme de cœur, et je ne fus pas déçu. Quelques jours plus tard, Monsieur Bolloré me répondit très favorablement, et me fit don du terrain et de pierres restantes, c'était plus que ce j'avais pu espérer. Il en restitua même d'autres de l'ancienne chapelle qui n'avaient pas servi à la construction de la chapelle Sainte-Thérèse. Il était aussi dans son intention de restituer le calvaire, car James Bouillé le fera figurer sur le dessin de sa maquette. Monsieur Bolloré deviendra un des bienfaiteurs de Koad Keo, et en remerciement, une des trois cloches de la chapelle portera son prénom Ronan.

Page 288

Il restait une dernière étape : monter dans le petit clocher les trois cloches prénommées Ronan [2], en remerciement de la dotation de Monsieur Bolloré qui avait l'honneur d'en être le parrain, Divi et Gwenaël, ses deux enfants.

[modifier] Iconographie

[modifier] Annotations

  1. L'abbé Jean-Marie Perrot (1877-1943) est un prêtre catholique séculier, fondateur de l'association Bleun-Brug et de la revue Feiz ha Breiz. Ordonné prêtre en 1903, en poste à Saint-Vougay, Saint-Thégonnec, Plouguerneau, Scrignac, il se fait l'apôtre de la langue et des traditions catholiques de son pays breton. Soupçonné de compromission avec l'occupant allemand, il est abattu en 1943 par un membre de l'Organisation spéciale du PCF à Scaër. Il a sa tombe près de la chapelle de Coat-Quéau qu'il a fait reconstruire en 1937. [Ref.↑]
  2. L'article de L'Illustration de 1925 ne mentionne ni le nom, ni le prénom de l'acheteur des ruines de Coatquéau, mais seulement « un industriel de Quimper ». Il est surprenant que l'abbé Perrot ou son biographe attribue à M. Bolloré le prénom de Ronan en lieu et place de René. [Ref.↑ 2,0 2,1 2,2]


Thème de l'article : Fiche bibliographique d'un livre ou article couvrant un aspect du passé d'Ergué-Gabéric

Date de création : Février 2008    Dernière modification : 26.06.2018    Avancement : Image:Bullgreen.gif [Fignolé]